Makhlouf: « Je ne serai ni ministre, ni secrétaire d’Etat » 

Seifeddine Makhlouf, leader de la coalition Al Karama a assuré ce mardi 15 octobre sur le plateau de l’émission « Politica » sur Jawhara FM qu’il ne participera pas au prochain gouvernement et ne briguera par conséquent aucun portefeuille ministériel.
« Notre coalition ne votera pas en faveur d’un gouvernement de compétences, a-t-il relevé. Nous refusons qu’on nous envoie de France des gens qui ont la nationalité française et qu’on présente pompeusement comme étant des génies, et auxquels on confie parfois le soin de former un gouvernement. Cela a été le cas de Youssef Chahed, Mehdi Jemaâ, Yassine Brahim, Said El Aydi…On nous a laissé croire que ces gens-là ont fait de grands sacrifices financiers en venant en Tunisie participer au gouvernement de notre pays. Pour Al Karama, la décision finale se fera en fonction des pourparlers qui vont se faire. Jusque-là, on a juste tâté le pouls en établissant des contacts avec certaines parties d’Ennahdha, d’Echaâb et du courant démocrate. Je continue à croire que le premier parti sorti des urnes doit composer le gouvernement et assumer ses responsabilités. En Tunisie, on  oblige le parti vainqueur aux élections à charger quelqu’un d’autre de composer le gouvernement, permettant à ce parti vainqueur de se cacher alors que, réellement, c’est lui qui gouverne derrière. On a gardé le complexe de l’ère de Ben Ali selon lequel Ennahdha ne doit jamais gouverner.
En tout cas, je ne serai ni ministre ni secrétaire d’Etat au prochain gouvernement. S’ils ont peur que je soit chef du gouvernement, ou ministre, eh bien, que ces gens se rassurent ! »
* »Des services de renseignements étrangers veulent frapper notre révolution »
Commentant les résultats des dernières élections présidentielles anticipées, Seifeddine Makhlouf a souligné l’enthousiasme provoqué par le succès de Kais Saïed.
« Tout le peuple tunisien a vécu cet événement avec une joie semblable à celle du 14 janvier 2011. Cela a ressemblé à une sanction contre la corruption, un véritable plébiscite. Notre coalition a reçu le message. Nous allons essayer d’aller dans le sens de ce vent d’enthousiasme », a-t-il promis.
« Des gens tentent d’enraciner la peur à l’endroit de notre parti, a-t-il poursuivi. Ils n’ont jamais pris connaissance des 68 points contenus dans notre programme. Dire que des gens ont peur que notre coalition cache au fond un parti terroriste n’a aucun sens. De notre côté, nous voulons ouvrir les dossiers afin de connaitre la réalité dans les affaires de l’assassinat de Chokri Belaid, Mohamed Brahmi et Mohamed Zouari. Des services de renseignements étrangers veulent frapper la révolution tunisienne. Nous voulons démasquer ces commanditaires. Personne n’a jamais demandé à comprendre le sens des déclarations de François Hollande (ancien président français) quand il a dit un jour que son pays a permis de tuer quatre personnalités politiques en Afrique. Personne n’ a jamais demandé qui sont au juste ces personnalités. Certains disent qu’Ennahdha a créé un service secret pour tuer Chokri Belaid. Mais personne n’a jamais pris connaissance des documents de cette affaire ».
« Je n’ai jamais dit qu’il faut rompre nos relations avec la France »
Evoquant les grands axes de la politique d’Al Karama, Makhlouf a relevé que « dans un pays démocratique, il ne doit pas y avoir de police politique qui délivre les cartes d’identité et les passeports. Un service civil doit s’en charger. On doit séparer entre le sécuritaire et l’administratif. Par ailleurs, nous voulons une administration informatisée. Que le pays devienne une base de transit, de commerce électronique ».
Pour conclure, Seifeddine Makhlouf a répondu à la polémique relative à la position de son parti vis-à-vis de la France.
« On a déformé mes propos, a-t-il soutenu. J’ai dit qu’on va demander à la France de s’excuser auprès de notre pays parce qu’elle a commis des massacres durant l’ère coloniale, et a conclu des accords colonialistes avec la Tunisie sur le sel par exemple…Mais je n’ai jamais dit qu’on va rompre les relations de la Tunisie avec la France ».
H.A.
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