Stop aux agressions des journalistes !

Dans notre jeune démocratie, il semble que certains acteurs de la scène politique n’ont toujours pas saisi le rôle important incarné par les journalistes. Et pour preuve : les agressions répétitives des confrères et des consœurs. Le dernier incident date du dernier meeting du candidat Abdelkarim Zbidi, tenu samedi 7 septembre 2019. Houcem Hamad, connu pour son style unique et son sarcasme, a été violemment agressé par les agents de sécurité du candidat. Les faits et la vidéo de l’agression sont accessibles via ce lien.
Il faut rappeler que ce n’est pas la première fois que l’un des membres de l’équipe de Zbidi soit impliqué dans une affaire visant les journalistes. On se souvient de la photo du candidat du 8 août dernier, où l’on voit un membre de l’équipe de campagne faire taire les consœurs et les confrères par un « chut » arrogant et provocateur de la main.
Les cas d’agression et d’atteinte aux journalistes sont nombreux. Agresser un journaliste en exercice sur le terrain est un fait d’une extrême gravité, d’autant plus que l’équipe du ministre de la Défense a mis trop de temps pour s’excuser auprès de Houcem Hamad. Elle ne l’a fait qu’après avoir su que la vidéo filmée sera diffusée sur Attessia TV….
Ce qui est stupéfiant, est qu’il n’y a encore eu aucune réaction officielle du candidat pour s’excuser. D’un autre côté, aucun autre acteur politique n’a condamné ces agressions. Il ne s’agit pas de dénigrer Abdelkarim Zbidi et son équipe, mais de condamner un fléau qui touche tous les confrères qui travaillent dans des conditions déplorables, que ce soit au niveau matériel ou sur le terrain. Un noble métier qui a été piétiné en Tunisie et qui continue de l’être, alors qu’il joue un rôle fondamental dans la transition démocratique.
Le secteur est actuellement régi par les décrets-loi 115 et 116, et qui dit décrets-lois, dit des textes provisoires, rédigés à la hâte dans un contexte particulier. Les sécuritaires se battent pour une loi pour les protéger. Les médecins également pour n’en citer qu’eux. Il est, de ce fait, grand temps de proposer des une loi en bonne et due forme protégeant les droits des journalistes et fixant aussi leurs devoirs. Il est grand temps que les politiques comprennent qu’ils ont besoin des journalistes et non le contraire.

F.K

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