«Sans la réconciliation nationale, il sera difficile de remettre le pays au travail », affirme Salma Elloumi Rekik, (Al Amal)

Selma Elloumi Rekik: ministre du Tourisme

Le processus démocratique entame une étape politique cruciale avec la tenue du troisième double scrutin, depuis les événements de 2011. Les cinq prochaines années devront être celles du parachèvement du processus démocratique avec la mise en place des instances constitutionnelles qui n’ont pas encore vu le jour, en particulier et de manière urgente la Cour constitutionnelle. Le prochain quinquennat est également chargé de défis  économiques et sociaux majeurs que les prochains dirigeants à la tête de l’Exécutif et du Législatif sont appelés à relever avec l’efficacité et la rapidité requises.
Réalités Online a voulu  apporter sa contribution aux débats politiques en donnant la parole à quelques-uns parmi les candidats conviés à répondre aux mêmes six questions.  Ci-après les réponses de Salma Elloumi Rekik, candidate Al Amal.

Vous présidente de la République, quel sera le premier grand dossier que vous ouvrirez dans chacun des domaines qui relèvent de vos compétences (la sécurité et les Affaires étrangères) ?
La Défense et les Affaires étrangères ne sont pas des dossiers, au sens commun du terme ! Dans la Constitution actuelle, ces deux ministères de souveraineté relèvent exclusivement des compétences du président de la République. Il s’agit d’abord d’asseoir des stratégies claires, dont l’objectif est justement de consolider la souveraineté de notre Etat, comme le stipulent la première et la seconde Constitution. Il est clair que la guerre contre le terrorisme est une priorité nationale et il nous revient de renforcer les capacités de notre armée, en la dotant des moyens adéquats pour remporter la victoire contre ce fléau. Notre diplomatie sera ainsi mise au service de cet objectif stratégique, en plus de son rôle dans la diplomatie dite économique.

Vous serez la présidente de tous les Tunisiens. Pensez-vous être le chef d’Etat qui pourra mener la Tunisie vers la réconciliation nationale  et l’aider ainsi à prendre son essor ?
La réconciliation nationale globale, dans l’objectif d’unifier la Nation afin de relever les défis majeurs qu’affronte notre pays, est un des points forts de notre programme, en tant que candidate et en tant que parti politique, AMEL. Il s’agit de préparer l’avenir en tournant la page du passé. Il faut une volonté politique de la part de toutes les forces agissantes. Sans cette réconciliation nationale, il serait difficile de remettre le pays au travail et d’unifier la Nation pour atteindre nos objectifs économiques et sociaux.

La scène politique est en proie à un climat délétère qui menace la démocratie. Etes-vous pour une moralisation de la vie politique ? Si oui, seriez-vous disposée à présenter une initiative législative pour faire adopter une charte d’éthique politique ?
Nous vivons en effet une grave crise politique, économique et sociale. Mais il y a aussi une crise de valeurs, due aux mutations profondes que vit la société. La solution n’est pas dans les lois seulement. Trop de lois tuent la Loi. Une charte n’est pas une loi et elle est purement symbolique. Ce sont les partis politiques qui doivent assumer cette responsabilité. De toute façon, les électeurs vont sanctionner à leur façon ces dérives dangereuses pour notre jeune démocratie. Les hommes politiques et les hauts responsables de l’Etat doivent donner l’exemple.

La prochaine étape est hautement économique. Avez-vous une vision claire de ce qui doit être entrepris pour instaurer une  diplomatie économique  performante ?
De par notre expérience dans le privé et le public, nous pouvons affirmer qu’il ne peut y avoir de redressement économique solide sans que le pays ne se dote d’une diplomatie économique agissante et efficace. Il s’agit d’abord  d’exploiter le potentiel et les atouts dont nous disposons, ensuite, bien étudier nos besoins économiques majeurs afin de mettre la diplomatie au service de ces objectifs. Il ne s’agit pas seulement d’ouvrir de nouvelles missions à l’étranger. Nous avons une élite tunisienne qui réussit dans plusieurs domaines économiques que nous pouvons mettre à contribution.

Pour gagner la confiance des Tunisiens, quelles conditions devrait satisfaire tout candidat à la magistrature suprême?
Nous pensons que le peuple tunisien sait ce qu’il veut. Il cherche un président fort et un Exécutif uni, à une seule tête. L’honnêteté  et les mains propres font partie des critères sur lesquels il va s’appuyer pour faire son choix.

A quel moment précis avez-vous pris la décision de présenter votre candidature ?
Après avoir discuté avec les candidats de la famille centriste et tenté de les réunir pour se concerter, sans résultat.

Propos recueillis par Y.A

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