Présidentielle : “Un contrat politique moral et juridique fera l’objet d’une initiative législative”, affirme Abdelkarim Zbidi (indépendant)

Le processus démocratique entame une étape politique cruciale avec la tenue du troisième double scrutin, depuis les événements de 2011. Les cinq prochaines années devront être celles du parachèvement du processus démocratique avec la mise en place des instances constitutionnelles qui n’ont pas encore vu le jour, en particulier et de manière urgente la Cour constitutionnelle. Le prochain quinquennat est également chargé de défis  économiques et sociaux majeurs que les prochains dirigeants à la tête de l’Exécutif et du Législatif sont appelés à relever avec l’efficacité et la rapidité requises.
Vingt-six candidats concourent pour l’élection présidentielle anticipée du 15 septembre et dont la campagne électorale a démarré lundi 2 septembre en Tunisie et la veille,  à l’étranger. Une campagne qui, faisant fi des directives réglementaires de l’Isie et de la Haica, a démarré bien avant dans un climat tendu et délétère, de campagnes de diabolisation et de fake news, où la plupart des candidats ne se font pas la course en confrontant leurs programmes, mais la guerre par facebook interposé.
Réalités Online a voulu  apporter sa contribution aux débats politiques en donnant la parole à quelques-uns parmi les candidats conviés à répondre aux mêmes six questions.  Ci-après les réponses de Abdelkarim Zbidi, candidat indépendant.

Vous, président de la République, quel sera le premier grand dossier que vous ouvrirez dans chacun des domaines qui relèvent de vos compétences (la sécurité et les Affaires étrangères) ?
La crise actuelle que vit notre pays revient fondamentalement aux défaillances du système politique actuel. Ce constat nous incite à réviser ce système, dans le but d’élargir à titre d’exemple les prérogatives du chef de l’Etat en matière de sécurité et de défense. Ceci revient naturellement au parlement d’une part, et dans le cas contraire, selon l’article 77 de la Constitution du 27 janvier 2014 notamment en matière de sécurité nationale, le Président se réserve le droit de soumettre un projet de référendum  populaire.

Vous serez le Président de tous les Tunisiens. Pensez-vous être le chef d’Etat qui pourra mener la Tunisie vers la réconciliation nationale et l’aider ainsi à prendre son essor ?
Le président de la République est le symbole de l’unité nationale.
Ceci dit, il est de mon devoir et de ma priorité de mener la Tunisie vers la réconciliation nationale et de faire en sorte que la société tunisienne retrouve sa stabilité politique et sociétale et sa cohésion, sachant que la réconciliation est l’une des modalités qu’adoptent les gouvernements démocratiques pour permettre de surmonter leurs divisions sur la base de l’Etat des droits et des institutions. L’histoire contemporaine en témoigne.
A titre d’exemple, la réconciliation en Afrique du Sud et au Rwanda.
Signalons que notre pays a besoin aujourd’hui de toutes ses potentialités humaines et matérielles et il est temps que les Tunisiens travaillent la main dans la main afin de relever les défis économiques, sociaux et sécuritaires et pour pouvoir sauvegarder notre transition démocratique dans toutes ses dimensions.

La scène politique est en proie à un climat délétère qui menace la démocratie. Etes-vous pour une moralisation de la vie politique ? Si oui, seriez-vous disposé à présenter une initiative législative pour faire adopter une charte d’éthique politique ?
Effectivement, la scène politique est loin d’être saine au vu des insultes et des diffamations de part et d’autre. Ce qui donne de mauvais signaux et une image entachée sur le climat politique,  à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Il s’agit de pratiques politiques immorales. Par conséquent, un contrat politique moral et juridique  est inévitable et pourrait être l’objet d’une initiative législative.

La prochaine étape est hautement économique. Avez-vous une vision claire de ce qui doit être entrepris pour instaurer une diplomatie économique performante ?
Au vu des changements géopolitiques au niveau régional et international, une nouvelle approche de la politique étrangère s’avère inévitable, notamment en matière de diplomatie économique. Par conséquent, nous devons œuvrer à l’élargissement du champ de coopération avec l’Afrique où les opportunités sont grandes et en même temps donner une nouvelle impulsion à la coopération avec l’Europe,  en accordant un intérêt particulier à la problématique  de l’ALECA, avec les Etats-Unis d’Amérique ainsi qu’avec les pays émergents d’Amérique du Sud et d’Asie.

Pour gagner la confiance des Tunisiens, quelles conditions doit satisfaire tout candidat à la magistrature suprême ?
 Le candidat doit remplir les conditions suivantes :
Etre le symbole de l’unité de l’Etat.
Veiller au respect de la constitution
Etre conscient des sujets brûlants.
En plus, il doit être intègre, franc et sincère.

A quel moment précis avez-vous pris la décision de présenter votre candidature ?
 Vous n’êtes pas sans savoir que notre pays passe par une étape transitoire fragile pour trois raisons :
-La situation économique et sociale difficile.
-Le non-achèvement de la transition démocratique (la réconciliation nationale inachevée, la Cour constitutionnelle et les instances constitutionnelles).
-La lutte contre le terrorisme, le crime organisé et le trafic illicite.
Tous ces facteurs risquent de peser sur la sécurité du pays et sa stabilité au vu des mutations dans la région, d’autant plus que les partis politiques n’ont pas manifesté jusqu’à nos jours une volonté commune pour établir une approche globale de la réalité. Ceci s’explique évidemment par les tiraillements et les tractations politiques.  Etant conscient de cette réalité et de ses défis et répondant à l’appel du devoir national, j’ai pris la décision de présenter ma candidature à la magistrature suprême.

Propos recueillis par Y.A

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