Présidentielle : l’essentiel à retenir de la seconde étape des débats

La seconde partie du débat présidentiel vient de s’achever dans la soirée de ce dimanche 8 septembre 2019. Neuf candidats se sont affrontés : Mohsen Marzouk, Elyes Fakhfekh, Mongi Rahoui, Hechmi Hamdi, Abdelkarim Zbidi, Mohaled Sghaïer Nouri, Hamadi Jebali, Mohamed Lotfi Merayah et Hatem Boulabyar. Tout comme pendant la première étape, les candidats à la présidentielle du 15 septembre 2019 ont été interpellé sur 3 thématiques : la politique étrangère, la défense et les questions générales relatives aux libertés et aux secteurs vitaux. A la fin de chaque thème, ils ont pris part à la rubrique « expression libre ». Ils ont, à la fin, été amenés à formuler leurs promesses électorales.

Défense et sécurité

Lotfi Mrayhi

Pour Lotfi Mrayhi, il est nécessaire de de réviser la loi d’urgence. Il considère que l’on ne prend pas en compte les dispositions de la loi d’urgence. Elle doit être une mesure temporaire selon lui. Face à la contrebande, le candidat préconise une volonté politique forte. « La contrebande est bien organisée, avec des barons et des réseaux tunisiens et pas uniquement étrangers. Pourquoi ne pas traquer les produits de contrebande ? Il n’y a pas de volonté pour y mettre fin. Il existe des liens entre la politique et les contrebandiers. Ces derniers sont protégés », a-t-il déclaré

Expression libre

Lotfi Mrayhi estime, par ailleurs, que la sécurité nationale repose sur l’unité nationale. Il faut, selon lui, un système de défense nationale. « La hausse du budget de sécurité n’a pas pris en compte la détérioration du dinar. Or, les besoins sont énormes. Nous avons de grands cadres, mais sans moyens réels. Nous avons aussi besoin d’une économique qui crée de la richesse afin d’assurer des ressources pour la sécurité. Les équipements sont, en effet, onéreux », a-t-il ajouté.

Hamadi Jebali

Pour Hamadi Jebali, la corruption relève de la sûreté nationale. Il faut une législation claire, poursuivre les corrompus et traquer la corruption dans l’appareil de l’État. Le candidat appelle aussi à la lutte contre l’évasion fiscale. « Le président doit préserver la sûreté nationale », a-t-il dit.

Toujours sur le plan sécuritaire, Hamadi Jebali considère qu’il faut renforcer le système de sécurité et le tenir à l’écart des tiraillements politiques. Il faut, aussi, lui procurer des moyens modernes pour lutter contre le crime organisé, le trafic de drogues. « Un système complet s’impose pour rassurer les citoyens, et c’est le rôle du conseil de sécurité nationale », a-t-il précisé.

Expression libre

Pour l’ancien chef du gouvernement, il est important de protéger les sécuritaires et de leur permettre de travailler dans de bonnes conditions. La sécurité doit avoir un rôle social et économique. « On ne peut pas attirer des investissements sans sécurité. Il faut renforcer l’économie, sécuriser les exportations et le dinar. C’est cela la sécurité : une économie forte, sans manque de produits de bases, sans déficit commercial », a-t-il dit.

Mohsen Marzouk

Interrogé sur les terroristes revenants en Tunisie, le candidat de Machrou3 Tounes rappelle que ce sont des terroristes qui se sont battus sous le drapeau d’un autre État, à savoir Daech. La loi anti-terroriste doit, de ce fait, être appliquée avec la plus grande fermeté. « Il faut rétablir les relations avec la Syrie pour en savoir plus sur ces terroristes », a déclaré Mohsen Marzouk..
Il s’est aussi penché sur la sécurité hydraulique. Mohsen Marzouk, dans cette optique, estime qu’il s’agit d’une question centrale et stratégique. L’Eau et énergie sont liées. Il faut procurer de nouveaux moyens. La désalinisation de l’eau de mer demande beaucoup d’énergie. Je suis favorable au recours à l’énergie nucléaire civile pour dessaliniser l’eau de mer. Il faut, d’un autre côté, les énergies renouvelables pour faire baisser les coûts du pompage de l’eau. Les deux sujets doivent être examinés ensemble », a-t-il affirmé.

Expression libre

Pour Marzouk, la sécurité ne relève plus du ministère de l’Intérieur à lui seul. Pour la garantir, il faut varier les réseaux des amis de la Tunisie à l’étranger. « Il faut une vision générale du système de sécurité, une stratégie pour faire face aux défis, la justice et l’application de la loi », a-t-il indiqué.

 Mohamed Sghaïer Nouri

Mohamed Sghaïer Nouri rappelle que certains ont affirmé que le Parlement a voulu faire un coup d’État. « Où est la sûreté de l’État dans tout cela ? Ça été possible car tout le pouvoir est centralisé. Nous avons besoin d’un pouvoir décentralisé, d’un Parlement des régions. Le chef du gouvernement n’aurait même pas pu penser à s’accaparer du pouvoir si c’était le cas », a-t-il réitéré.

Par ailleurs, il considère qu’il faut faire participer les jeunes au pouvoir local. Il faut aussi instaurer le Conseil Supérieur des collectivités locales, faire participer les jeunes à la chose publique et à la prise de décisions, notamment en matière de sécurité.

Expression libre

On est peut conscient des menaces de spureté nationale. Faut une éco forte, l’adhésion de la Tunisie aux nouvelles technologies (on est loin de cela), faut un pouvoir local (on peut pas œuvrer dans un pouvoir central risquant l’autoritarisme), et l’application de la loi et l’Etat de Droit

Hechmi Hamdi 

Pour sa part, le candidat de Tayar Al Mahaba estime que le président de la République doit être libre, protéger les agriculteurs, les retraités et les catégories démunies. En matière de lutte contre la drogue, il considère qu’il s’agit d’un commerce juteux, tout comme celui de l’alcool. « L’éducation islamique a perdu sa place dans les écoles. Nous avons aussi la pauvreté qui pousse vers la drogue. C’est à cause du système et des intérêts entre politique et hommes d’affaires. Les appareil sécuritaire manque de moyens. Si j’étais président, je défendrais les intérêts des sécuritaires et des militaires », a-t-il assuré.

Expression libre

D’un autre côté, Hechmi Hamdi considère que la justice constitue la base de la sécurité, à savoir la  croissance juste et le juste partage des richesses. Il a déploré, dans ce même contexte, les disparités régionales en matière d’accès aux soins, à l’éducation et à l’eau potable.

Hatem Boulabyar

Pour Hatem Boulabyar, la sécurité est républicaine. Il faut, de ce fait, lui procurer des moyens pour éradiquer tous les risques terroristes et réduire la criminalité. Il propose la suppression du ministère du Tourisme qui, selon lui, doit être remplacé par des offices. L’objectif est de renforcer les moyens sécuritaires. Interrogé sur les richesses naturelles du pays, Hatem Boulabyer estime que la principale richesse est la matière grise. Il a déploré, de ce fait, la fuite des cerveaux, notamment celles des 900 médecins qui quittent le pays chaque année.

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D’un autre côté, il considère que la justice constitue la condition d’une sécurité générale. « Aujourd’hui, il y a des mandats d’amener inappliqués pendant plusieurs années, des criminels qui courent encore dans la nature, et aucun investissement, sans tourisme. Il faut un président ferme, préservant le prestige de l’Etat en se basant sur le respect de la loi. Il doit présider les conseils des ministres », a-t-il suggéré.

Elyes Fakhfedh

Le candidat d’Ettakatol, Elyes Fakhfedh, estime que La sécurité a coûté cher à la Tunisie. « Les budgets des ministères de la Défense et de l’Intérieur ont été multipliés par 3 depuis 2011. On ne peut pas continuer ainsi. Il faut donc investir dans le renseignement. Il faut une agence nationale des renseignements qui sera rattachée au conseil de sécurité nationale avec des moyens numérique », a-t-il dit.Face au crime organisé, il préconise une approche sociale visant les jeunes de 15 ans et plus, en plus de l’approche sécuritaire. « Il faut encadrer les jeunes, suivre une approche éducative et créer l’espoir chez les jeunes. L’armée peut jouer un rôle ici », a-t-il dit.

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Pour une sécurité efficace, le président de la République et le Chef du gouvernement doivent travailler en équipe selon Elyes Fakhfedh. Personne ne doit confisquer les prérogatives de l’autre. Les deux têtes de l’Exécutif doivent se compléter.

Abdelkarim Zbidi

Face à la criminalité, les institutions militaire et sécuritaire sont efficaces. Elles ont été renforcées, notamment sur le plan des ressources humaines. Il a souligné, d’un autre côté, l’importance de la neutralité de ces institutions.

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« La sécurité nationale relève notamment des prérogatives du Chef du gouvernement. Les secteurs agricoles et autres peuvent être intégrés à la sécurité nationale. Nous avons besoin d’un État fort et d’une justice indépendante pour lutter contre le terrorisme, la contrebande et l’anarchie. L’accent doit aussi être mis sur la coopération internationale », a encore déclaré Abdelkarim Zbidi.

Mongi Rahoui

Le candidat du FP (Front Populaire), Mongi Rahoui, s’est dit favorable à un changement des billets de banques. Ainsi, il sera possible de lutter contre la contrebande, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. « Ce changement permettra à l’argent de réintégrer les circuits bancaires et d’identifier l’origine des fonds », a-t-il précisé.

Il considère, par ailleurs, que la Tunisie a une grande expérience en matière de préservation de la paix. « Elle possède un rôle fondamental. Ses liens avec les autres sont basés sur la solidarité, la paix, et la fraternité. La Tunisie est un pays de paix et non de guerre. Elle a toujours œuvré pour mettre fin à la guerre », a-t-il dit.

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Pour Mongi Rahoui, la sécurité nationale porte sur tous les domaines, à commencer par l’éducation. « 100 000 abandons scolaires sont recensés par an. C’est donc un risque de terrorisme, de chômage. Il y a aussi les ouvrières agricoles, la coupure d’eau. Tout ceci relève aussi de la sécurité nationale. Il faut changer les choses », a-t-il indiqué.

Politique étrangère

Mohamed Lotfi Mrayhi

D’après Mohamed Lotfi Mrayhi, la Tunisie doit disposer d’une force économique, militaire et diplomatique au niveau de la méditerranée. « Economiquement, nous sommes épuisés. Militairement, nous sommes limités et diplomatiquement, nous sommes faibles aussi. La Tunisie doit rester neutre et éviter de s’aligner derrière quiconque pour préserver ses intérêts et sa dignité. Nos intérêts définissent nos positions. Nous devons pas espérer devenir plus grands que notre taille réelle », a-t-il noté.

Au sujet de l’octroi des VISA, le candidat considère que les tunisiens sont constamment humiliés au sein des ambassades étrangères. « La Tunisie est un paradis, mais on doit travailler. Le tunisien doit pouvoir voyager pour respirer et non pour quitter son pays. On doit nous envier pour notre passeport. Où est notre dignité ? Nous avons entamé la diplomatie des mendiants vis-à-vis du Golfe. Ce n’est pas cela la Tunisie. Le tunisien doit être fier », a-t-il dit.

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« C’est un crime de ne pas avoir les moyens de ses ambitions », poursuit-il. Lotfi Mrayhi considère que mes accords de 1955 sont un problème. « Ils n’ont pas été rediscutés, notamment en matière d’énergie. C’est un chantier à entamer avec la France. Il y a des accords conclus durant le protectorat, signé de force par la Tunisie dans un contexte particulier. Nos richesses sont encore exploitées. Il faut mettre fin à ces accords inacceptables. La politique étrangère doit se pencher sur cela », a-t-il dit.

Hamadi Jebali

Dans le monde Arabe, la Tunisie doit préserver sa souveraineté selon Hamadi Jebali. « On a fait la Révolution. On veut aussi que les autres pays arabes font de même. La politique étrangère doit être basée sur une économie forte, notamment en partenariat avec l’Afrique et l’Algérie. Il faut se tourner vers l’Afrique pour bâtir une économie forte », a-t-il réitéré.
Au sujet des TRE (Tunisiens résidents à l’étranger), Hamadi Jebali promet de préserver leur dignité à l’étranger et en Tunisie. « Nous devons les défendre car ils font face à l’humiliation à l’étranger. Il faut assurer la dignité des tunisiens à l’intérieur avant tout, en les encourageant », a-t-il noté.

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Par ailleurs, Hamadi Jebali considère que chaque pays s’impose par son économie à l’étranger, mais aussi par les institutions de l’Etat de Droit et le respect des libertés. « On doit construire une économie forte. Une politique étrangère doit être basée sur cela. Il faut miser sur l’exportation et le président doit se pencher sur cela. Il faut promouvoir nos produits. Le président, en voyageant, doit être accompagné d’hommes d’affaires. Il faut réviser les accords, notamment l’ALECA (Accord de libre-échange complet et approfondi) », a-t-il dit.

Mohsen Marzouk

Pour Mohsen Marzouk, en matière de politique étrangère, il F=faut constituer un Haut Conseil de la Diplomatie tunisienne comprenant des élites intellectuelles, des hommes d’affaires et des membres du gouvernement. La Tunisie, par ailleurs, doit non seulement être présente dans les conventions internationales, mais y apporter une valeur ajoutée.

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Le rôle de la diplomatie, selon Mohsen Marzouk, est de se consacrer sur l’économie et sur l’emploi. « Il faut relier les marchés de travail européen et tunisien. « Il existe 20 millions d’offres d’emploi en Europe et les tunisiens peuvent en profiter. Il ne s’agit pas d’une fuite des cerveaux. Il faut diversifier nos partenariats et réinventer notre diplomatie », a-t-il suggéré.

Mohamed Sghaïer Nouri

Au sujet de la crise libyenne, Mohamed Sghaïer Nouri estime que la Tunisie a été sanctionnée par la neutralité. « Cette neutralité a montré, sans que nous le voulions, que nous étions derrière un clan. La Tunisie, la Libye et l’Algérie représentent un espace commun. Il faut favoriser le pouvoir local dans ce cadre. La Tunisie sera plus grande de ce fait », a-t-il souligné.
Par ailleurs, face aux axes régionaux, la Tunisie peut devenir une plateforme euro-africaine dans plusieurs secteurs : santé, éduc, etc.

Expression libre

« Il faut que la Tunisie devienne une plateforme euro-africaine et d’échange. Elle doit devenir un grand pays en fusionnant avec la Libye et l’Algérie. Les TRE peuvent attirer les investissements et l’exportation. Il faut les faire participer à travers des exonérations fiscales.

Hechmi Hamdi

Concernant les relations avec l’Algérie, Hechmi Hadmi estime qu’il faut négocier sur la libre circulation sur les zones frontalières, notamment au Sud-Ouest. « Ce sera un premier pas vers la création d’un marché commun entre la Tunisie, l’Algérie et la Libye. Il faut renforcer notre économique et  lutter contre l’évasion fiscale. Les obstacles auxquels font face les TRE doivent disparaître pour qu’ils puissent participer à l’économie », a-t-il indiqué.
Et de poursuivre : « je représente les TRE ici. Dès leur arrivée au port ou à l’aéroport, ils se sentent indésirables. Notre économie ne se développera pas tant qu’on n’aura pas enlevé les obstacles qui se dressent face aux TRE ».

Expression libre

Les gens du système, poursuit encore Hechmi Hadmi, vivent aux Berges du Lac, ce qui soulignent les disparités sociales. Un président doit remédier à cela en garantissant la justice.

Hatem Boulabyar

Interrogé sur le Maghreb Arabe, Hatem Boulabyar estime que l’Algérie et la Tunisie sont complémentaires. « Notre avenir réside dans ce rapprochement. Nous pourrons, ensuite, nous rapprocher de la Libye et du Maroc », a-t-il noté. Pour attirer les investissements, il a promis de se rendra à Abu Dhabi et en Arabie Saoudite pour ramener des investissements. Il a promis, aussi, 2 à 3 millions de dollars chaque année en provenance de ces pays.

Expression Libre

D’un autre côté, il rappelle que l’ALECA n’a pas encore été signée. Il n’était pas d’accord, non plus, avec la révision des accords avec la France. « C’est notre premier partenaire commercial. Il faut plutôt renforcer ce partenariat. Il existe 1200 entreprises françaises en Tunisie. Qu’allons-nous leur dire ? Engager une guerre avec la France ? Il faut être réaliste. D’où l’importance d’une efficacité diplomatique », a-t-il déclaré.

Elyes Fakhfedh 

L’Afrique est une opportunité pour Elyes Fakhfekh. Seulement, il n’existe pas de stratégies en Tunisie pour cela : liaison aérienne, liaison bancaire, accueil des africains). Il estime que la Tunisie doit être une maison pour l’élite africaine pour la poursuite de ses études. « On ne va pas remplacer l’Europe par l’Afrique, mais il faut se tourner davantage vers l’Afrique », a-t-il précisé.

Au sujet des relations avec les États-Unis, Fakhfedh estime que la Tunisie peut devenir un hub pour les States vers l’Afrique.

Expression Libre

« La diplomatie doit être orientée vers le développement interne. La priorité est la diplomatie économique et moderne. Elle doit être basée sur la société civile et la diaspora tunisienne à l’étranger. Le président doit être un économiste. Il doit voyager pour tisser des liens et attirer des investissements », a-t-il déclaré.

Abdelkarim Zbidi

Concernant l’Union du Maghreb Arabe, Abdelkarim Zbidi souligne que la Tunise a toujours joué un rôle positif. Il faut, néanmoins, regarder au-delà de de cette union, à savoir vers l’Union Africain. « On n’a que 10 ambassades en Afrique. Il faut renforcer les liens, a-t-il dit.

Expression libre

« La diplomatie tunisienne est basée sur la neutralité positive. La politique étrangère est basée sur les intérêts économiques. C’est le nerf de la guerre. On est en retard en matière de diplomatie économique. La Tunisie peut devenir une plateforme entre l’Europe et l’Afrique », souligne encore Zbidi.

Mongi Raoui

Pour Mongi Rahoui, il faut œuvrer pour des projets communs avec le Golfe. Le Monde Arabe doit avoir un poids à l’échelle internationale. La Tunisie, d’un autre côté, doit aussi tisser de nouveaux partenariats internationaux. « La Tunisie est un pays ouvert. Le monde est bâti sur des pôles. Il faut diversifier les partenariats à l’échelle africaine et internationale (Amérique Latine, Chine). En tant que président, il est de mon devoir d’œuvrer pour cela et de garantir des partenariats gangants-gagnants », a-t-il affirmé.

Expression libre

« La diplomatie économique doit être assurée par des diplomates. Elle doit être basée sur des objectifs. Il faut créer un ministère de l’émigration pour examiner les besoins des TRE. Ces TRE veulent tout donner à leur pays. On doit être là pour eux », a-t-il ajouté. Au sujet de l’ALECA, Mongi Rahoui préconise la libre circulation des personnes au profit des jeunes tunisiens. « Chaque jeune a le droit de voyager librement comme les européens », a-t-il dit.

Questions générales et secteurs d’activités vitaux

Mohamed Lotfi Mrayhi

En termes de protection de l’enfance, Mohamed Lotfi Mrayhi estime qu’il y a eu des lois parachutées pour protéger l’enfant dans le passé, ce qui a affaibli le rôle du père dans la famille. « La famille est devenue plus faible aussi. Les références religieuses ont reculé. Notre société doit se retrouver autour de son identité. L’enfant doit être protégé », a-t-il affirmé.

Par ailleurs, il a déclaré que le président de la République doit œuvrer pour la finalisation des instances constitutionnelles.

Hamadi Jebali

Hamadi Jebali, pour sa part, déplore l’absence de production en Tunisie. « L’offshore est un problème car on n’a aucun bénéficie. Il faut soutenir l’économie locale et instaurer un certain protectionnisme. Il faut accorder des privilèges à nos investisseurs (agriculture, service, industrie), renforcer l’infrastructure, créer des incitations et améliorer le transport », a-t-il suggéré.
Il considère, d’un autre côté, que le pouvoir est centralisé en Tunisie. « La plupart des projets sont à l’arrêt dans les régions car ils attendent l’autorisation du pouvoir central », a-t-il déploré, estimant que le pouvoir local réduira la corruption.

Mohsen Marzouk

Au sujet de la liberté d’expression et de la presse, Mohsen Marzouk rappelle qu’elle est protégée par le président qui en est le garant. Il a appelé à instaurer un code des libertés individuelles. Le président doit incarner son rôle dans ce cadre. Ces libertés doivent être liées au travail social. « Je m’adresse aussi aux retraités. On doit leur permettre d’intégrer l ‘économie. On doit s’occuper des personnes aux besoins spécifiques et lutter contre le racisme et le favoritisme », a-t-il encore dit.

Au sujet de la Justice transitionnelle, Mohsen Marzouk a souligné qu’elle était plutôt une justice de vengeance. « On a fait du chantage contre des hommes d’affaires. Il faut une réconciliation et guéri les blessures. Tant que ce ne sera pas le cas, il y aura des problèmes de économiques », a-t-il déclaré.

Mohamed Sghaïer Nouri

D’après Mohamed Sghaïer Nouri, il faut garantir la liberté de conscience. « Notre situation est difficile car nous faisons face au terrorisme et à la violence. Je suis favorable à l’économie du savoir. On n’a pas cela en Tunisie pour l’heure », a-t-il dit.

Pour sa vision de la famille, il considère que la jeunesse fera face au chômage, au terrorisme, à la violence et à la cherté de la vie. Face à cela, il appelle à instaurer l’Etat de droit et des institutions, d’une démocratie. « Les enfants doivent accéder à une éducation de qualité, à un emploi », a-t-il ajouté.

Hechmi Hadmi

Le caractère civil de l’État doit être préservé selon Hechmi Hamdi, mais cet État doit se référer ç l’Islam. « Il faut ajouter un autre article à la Constitution mentionnant l’islam comme étant la principale source de lois en Tunisie. Ainsi, il faut exclure les lois comme celle de l’égalité successorale. C’est notre identité. Ni le président, ni l’ARP, ni le gouvernement ne doivent présenter des lois allant à l’encontre de l’Islam », a-t-il déclaré.

Ensuite, pour encourager le travail, Hechmi Hamdi a promis une prime de 200 TND par mois à ceux qui en cherchent activement.

Hatem Boulabyar

Interrogé sur la liberté successorale, Hatem Boulabyer affirme qu’il s’agit d’un sujet complexe. Il propose d’organiser un référendum pour permettre au peuple de trancher. « Je suis favorable au choix de la procédure de l’héritage. Chacun peut choisir », a-t-il ajouté.

Elyes Fakhfedh

En termes de lutte contre la drogue, Elyes Fakhfedh déplore le fait que l’on ne s’occupe de ceux qui en consomment, sans traiter ceux qui en vendent. « L’État doit être ferme avec les trafiquants », a-t-il lancé.

Abdelkarim Zbidi

Concernant la révision du système électoral, Zbidi estime qu’il s’agit d’une priorité. Cette révision doit mettre fin au tourisme parlementaire et moraliser la vie politique selon lui.

Mongi Rahoui

Interrogé sur le CSP (Code du Staut Personnel), Mongi Rahoui souligne qu’il faut se pencher sur les personnes aux besoins spécifiques. Le CSP, doit être abordé en vue de travailler sur l’égalité successorale selon lui.

Les Promesses électorales pour les 99 premiers jours

Mohamed Lotfi Mrayhi

« Je serai le président de tous les tunisiens. Je veillerai sur l’unité nationale. Il faut un protectionnisme intelligent. Les pays doit se protéger aujourd’hui, comme le font les Etats-Unis. On doit se protéger, protéger nos institutions. Ce sera mon travail durant les 100 premiers jours de mon mandat »

Hamadi Jebali

« Il faut respecter la Constitution et prévaloir la loi. Je serai jugé sur mes biens. Je travaillerai sur la sûreté nationale, je définirai les secteurs qui ne doivent jamais être bloqués. La femme et la jeunesse doivent avoir leur place au sein de la présidence de la République. Il faut, de ce fait, faire participer les jeunes à la prise de décisions. L’activité de la Banque Centrale de Tunisie doit être révisée. Il faut, aussi, soutenir le dossier Palestinien ».

Mohsen Marzouk

« Je serai un rrésident moderne. Je m’adresserai au Parlement, je sortirai dans les régions, j’entretiendrai des liens avec les jeunes. Je protégerai les opprimés, je finaliserai les instances constitutionnelles. Je finaliserai le système local. Je m’occuperai des plus démunis et je mettrai en place une stratégie militaire et sécuritaire ».

Mohamed Sghaïer Nouri

« Rien n’a changé depuis 9 ans. Je suis le seul candidat capable de défaire le système ayant détruit le pays depuis 9 ans. En 30 jours, je présenterai 15 initiatives législatives allant dans ce sens »

Hechmi Hamdi

« Aux TRE et aux agriculteurs : je serai votre allié. J’effacerai les dettes des agricultures, j’instaurerai la prime de recherche de travail. Au moins 50 000 primes seront distribuées à La Manouba. Aux TRE : aidez-moi à reconstruire la Tunisie dans le cadre de l’Islam ».

Hatem Boulabyar

« Je vais restructurer les ministères, finaliser la Cour Constitutionnelle en nommant les membres au tirage au sort. Je vais aussi stimuler les IDE pour que la Tunisie encaisse près de 2 milliards de dollars. Je vais instaurer un impôt sur la fortune 2,5% et généraliser le système de FCR » .

Elyes Fakhfedh

« Il faut un projet national pour un meilleur avenir pour nos enfants. Il faut instaurer le pouvoir local, réinventer l’administration, mettre fin u clientélisme, au népotisme. Il faut miser sur l’éducation et la santé et s’inscrire dans la révolution numérique et technique ».

Abdelkarim Zbidi

« Je vais nommer des femmes aux postes de décisions afin de garantir l’égalité. Placer une femme dans un poste, c’est réduire la corruption. Pour les jeunes : je compte dépénaliser la première cigarette de cannabis. Il faut amener les jeunes à faire des travaux d’intérêts publics et non les placer en prison. Je proposerai une amnistie présidentielle pour les primo-consommateurs de cannabis ».

Mongi Rahoui

« Je ne serai pas un président classique. Je me projette dans les 5 prochaines années et non les 99 premières journées. Tout doit changer en Tunisie. L’Etat a été démantelé. Il faut des vrais projets pour bâtir une éco nationale, miser sur l’agriculture, lutter contre la corruption. Je suis déterminé à réformer la Tunisie »

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