Présidentielle : le « dégagisme » anti-système l’emporte

Même s’il faut attendre les résultats préliminaires qui seront fournis par l’ISIE (Instance Supérieure Indépendante pour les Élections), les sondages de sortie des urnes de Sigma Conseil et d’Emrhod consulting  livrent plusieurs leçons. A la surprise générale, même si ce n’en était pas vraiment une, Kaïs Saïed et Nabil Karoui devraient s’affronter au second tour de l’élection présidentielle anticipée. Celui-ci devrait probablement avoir lieu en octobre prochain selon l’ISIE.
Il faut noter que les personnalités exclues par le citoyens font partie de ce que l’on appelle communément « le système« . Aucun candidat de ce « système » n’est passé : Abdelkarim Zbidi, ministre de la Défense, et surtout Youssef Chahed, Chef du gouvernement. Les autres personnalités représentent elles aussi, en grande partie, le système, malgré tout ce qu’elles veulent faire croire.
Que faut-il retenir de tout cela ? Était-ce un vote protestataire visant à sanctionner la classe politique ? C’est très possible. Il faut aussi noter l’important taux d’abstention : 45% des électeurs seulement ont voté sur le plan national et près de 19% à l’étranger. En fait, il s’agirait aussi d’une certaine tendance de « dégagisme » qui exprime le ras-le-bol citoyen vis-à-vis de la classe politique. Normalement, ce dégagisme est porté par un candidat à l’élection, comme on l’avait vu avec Emmanuel Macron lors de la dernière élection présidentielle en France de 2017. Mais en Tunisie, c’est le peuple qui semble l’avoir porté, visiblement excédé par cette classe politique qui n’a eu de cesse de se chamailler depuis 2014. Ce dimanche 15 septembre 2019 les tunisiens ont donc choisi deux manières pour punir la classe politique : l’abstention et le vote protestataire pour Kaïs Saïed et Nabil Karoui. Ce sont deux candidats qui ne se sont jamais exprimés pendant la campagne électorale. L’un est en prison (Nabil Karoui) et l’autre refuse tout simplement de le faire.
Le rejet de la classe politique a été constaté lors des municipales de mai 2018 et des législatives partielles de la circonscription d’Allemagne. Il vient donc d’être confirmé ce dimanche 15 septembre 2019 lors du premier tour de l’élection présidentielle anticipée. Des leçons doivent être tirées au sein de la classe politique, et elles sont nombreuses.
Attendons, à présent, les chiffres de l’ISIE.

F.K

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