Nabil Karoui : son emprisonnement, un « atout » électoral ?

La Justice va examiner, ce mercredi 25 septembre 2019, le dossier de Nabil Karoui : hommes d’affaires controversé et candidat emprisonné à l’élection présidentielle anticipée. Les appels à sa libération se sont multipliés au sein de la classe politique. Certains l’ont visiblement fait implicitement en soulignant la nécessité d’un scrutin équitable.
C’était le cas, hier, du président intérimaire de la République, Mohamed Ennaceur, lorsqu’il avait reçu le secrétaire général de l’UGTT (Union Générale Tunisienne du Travail), Noureddine Taboubi, à Carthage. L’appel du président intérimaire a été relayé par ce dernier lors de la traditionnelle déclaration à la presse qui se tient après chaque rencontre avec le président. « Le Chef de l’État a renouvelé son appel à garantir une élection équitable », a déclaré le syndicaliste, citant Mohamed Ennaceur.
Nul besoin d’être un expert en politique ou autre pour savoir que l’arrestation de Nabil Karoui était politique. L’homme d’affaires traîne, certes, de nombreuses casseroles derrière lui, mais pourquoi avoir attendu sa montée dans les sondages et les élections pour l’arrêter ? D’autant plus que le flou règne au sujet des procédures légales de son arrestation.
Pour le Chef du gouvernement, qui n’a plus rien à perdre, le garder à l’ombre n’est pas « rentable ». D’ailleurs, ça ne l’a jamais été : Nabil Karoui, étant emprisonné, a suscité la sympathie d’une bonne partie de la population, en témoigne les résultats du premier tour de la présidentielle anticipée. C’est, aussi, une population auprès de laquelle il a déjà mené sa campagne de notoriété depuis 2011 à travers son action « associative ».
La Justice, comme mentionné au début, devrait se prononcer ce mercredi sur son cas. S’il restait prisonnier, paradoxalement, ses chances de l’emporter face à Kaïs Saïed seraient plus grandes compte tenu du « capital sympathie » qu’il a accumulé au fil de semaines.
A suivre.

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