En soutenant Kaïs Saïed, Ennahdha veut-elle installer un autre « Marzouki » à Carthage ?

Même si ce n’était pas vraiment un mystère, Ennahdha a officialisé, dans la soirée du lundi 23 septembre 2019, son soutien au candidat Kaïs Saïed pour le second tour de l’élection présidentielle anticipée. C’est ce qu’a affirmé le membre du Conseil de La Choura, Abdelhamid Jelassi, ce mardi 24 septembre 2019.
Ainsi, le parti islamiste appelle ses partisans à voter pour Kaïs Saïed au second tour, mais il a aussi appelé à la tenue de l’élection dans un climat « stable, loin des luttes et dans le cadre de l’égalité des chances ».
À quelques exceptions près, une très grande partie de la classe politique a appelé à voter pour Kaïs Saïed au second tour de l’élection présidentielle. Quelques uns se sont distingués, à l’instar de l’ancien ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération Internationale, Fadhel Abdelkefi, qui a appelé à soutenir Nabil Karoui.
D’autres partis politiques n’ont pas encore exprimé leur position officielle en termes de consignes de vote. C’est encore l’incertitude, à titre d’exemple, chez Tahya Tounes. Le secrétaire général du parti, Slim Azzabi, avait affirmé en début de semaine que les dirigeants du partis sont partagés. « Aucun des candidats du second tour n’incarne le projet que nous défendons », a-t-il ajouté, ce qui laisserait entendre que Tahya Tounes ne veut ni de Karoui ni de Saïed. Toutefois, le parti n’appellerai pas à voter blanc ou à s’abstenir selon Slim Azzabi. Ce serait « irresponsable » selon lui.
Qui va l’emporter ? Difficile de le dire pour l’heure, d’autant plus que l’un des candidats a été réduit au silence en raison de son emprisonnement. En ce qui concerne Ennahdha, Kaïs Saïed était le choix le plus logique pour le parti, compte tenu des similitudes entre Saïed et Ennahdha. Il y a, aussi, des craintes que le candidat à la présidentielle, s’il remporte la victoire, devienne le nouvel instrument du parti islamiste à Carthage, comme l’a été Moncef Marzouki, ancien président provisoire de la République. C’était, rappelons-le, l’une des périodes les plus sombres de l’Histoire de la jeune démocratie tunisienne.

Lire aussi
commentaires
Loading...