Dimanche, alors pour qui on vote ? On sait pas trop!

Par Moncef Kamoun*

Si voter est un acte civique, il est aussi une obligation morale pour la bonne marche de la démocratie, le choix du candidat est déterminant surtout dans la situation par laquelle passe le pays, c’est en effet au président de donner le message aux citoyens et au monde et décider de la place de notre pays dans la mondialisation, un pays aux grandes richesses humaines et aux ressources limitées.
La Constitution dispose que le suffrage est libre, mais les électeurs doivent faire très attention pour exercer « librement » ce droit.
Quelques heures seulement nous séparent désormais de l’instant de vote et pourtant, beaucoup d’entre nous ne savent pas encore pour qui voter. Pire encore, certains n’arrivent pas à choisir un motif qui les guidera vers la sélection du parti pour lequel ils vont finalement voter, ils n’arrivent pas à trancher.
Il faut dire qu’au jour d’aujourd’hui aucun candidat ne sort vraiment du lot ni ne force l’attention d’une majorité et que ce rituel électoral démocratique semble produire chez nous de plus en plus d’élus populistes ou incompétents.
Notre choix doit être basé sur des critères objectifs et impersonnels le choix par affinité, suivisme ou opportunisme sont des pratiques inciviques qui peuvent sceller le destin du pays en portant la mauvaise personne à la tête du pays.
Le déroulement des campagnes électorales nous aide à nous renseigner sur la personnalité du candidat et sa capacité à prendre de la hauteur.
Le destin du pays est entre nos mains. Votons responsable, votons utile. Le président serait certainement appelé à aller plus loin que les limites qui lui sont imposées par la constitution, pour jouer un rôle plus grand en tant que dépositaire d’une vision pour la Tunisie?

Comment choisir le bon candidat ?
Tout d’abord, sachez qu’un bon candidat n’attend pas les élections pour approcher sa communauté. Il n’attend pas d’être élu pour entreprendre des actions pour son pays le bon candidat vous convainc par ses actions précédentes.
Nous devons choisir un président qui est honnête et propre, qui est patriote et aime son pays, qui est attaché à sa souveraineté, et qui a une forte personnalité, capable de prendre les décisions les plus difficiles et d’assumer pleinement son rôle.
Alors il faut absolument avoir tous les CV des aspirants à la présidence pour avoir une juste idée sur leurs vies antérieures.
Examinez bien le comportement de vos candidats ont-ils été mêlés à des affaires illégales,est-ce qu’ils déclarent leurs biens et payent leurs impôts dans leurs rapports sociaux et professionnels, ils doivent faire preuve d’intégrité et d’humanisme ?
Le meilleur doit être l’homme de valeur et de principe,un modèleil doit être exemplaire.
L’expérience et la culture générale sont également les traits de caractère d’un bon président.
Il faut aussi connaitre le parcours scolaire et professionnel des candidats, cela nous renseigne sur leur aptitude à pouvoir diriger le pays.
Comment si non vouloir diriger le pays si on n’est pas compétent?

Une grande vision
Il ne se suffira pas de gérer les problèmes, il doit faire en sorte que la Tunisie ait un destin et qu’elle puisse l’avoir en continuité.
Un président sans grande vision amènera le pays nulle part, il doit avoir un programme de société, un projet réaliste, ambitieux et viable et non une liste merveilleuses de promesses.
Des programmes, tout le monde peut vous en proposer mais les respecteront-ils? Rien n’est moins sûr! C’était Jacques Chirac qui disait que les programmes n’engagent que ceux qui y croient!
Tachez aussi de comprendre comment le candidat compte réaliser le dit projet avec nos propres ressources, d’ailleurs personne ne se présente avec un programme «chiffré» qui peut être analysé par les spécialistes pour distinguer le juste du faux.

Un patriotisme à toute épreuve
Il a conscience qu’il est au service d’un peuple et que c’est l’espoir de toute une nation qui pèse sur ses épaules, il doit dire la vérité sur la situation économique et l’état des comptes publics alliant crédibilité et justice sociale, compétitivité et lutte contre les inégalités, pour répondre au désespoir et à la radicalité présente dans notre société.
Les Tunisiens sont conscients que les programmes et projets des candidats ne sont pas réalisables.
«Le masque est trop beau, mais j’ai peur du visage», disait Alfred de Musset
Le candidat doit nous fournir une feuille de route claire quant à la réforme politique à mettre en œuvre pour sortir la Tunisie de son blocage.
Surtout qu’on est endetté chaque année un peu plus ; et qu’on consomme plus qu’on ne produit ; normalement on ne peut pas avoir un programme autre que celui de nos créanciers, la liberté de la pensée, de l’action, des programmes, ne peut se concevoir que quand on n’a pas hypothéqué ses décisions, ou aliéné ses choix à ses créanciers.
Nos candidats se sont contentés d’un simple engagement “moral“ oubliant que la politique n’a pas de morale, on trouvera toujours quelque chose pour justifier le non-respect de ses engagements.

*M.K Architecte

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