Présidentielle : ces candidatures qui suscitent des interrogations

C’est ce vendredi 9 août 2019 que la période de dépôt des candidatures pour l’élection présidentielle anticipée va prendre fin. Jusqu’à la soirée du jeudi 8 août 2019, 56 dossiers ont été déposés auprès de l’ISIE (Instance Supérieure Indépendante pour les élections). Ce vendredi 9 août, le Chef du gouvernement, Youssef Chahed, le secrétaire général de Machrou3 Tounes, Mohsen Marzouk, et l’écrivain Safi Saïd ont déposé leurs dossiers. Il reste, d’un autre côté, Abdelfattah Mourou, vice-président d’Ennahdha qui devrait également le faire. Le nombre de dossier devrait, de ce fait, atteindre 60 avec ces trois récentes candidatures officialisées.
Les candidats ont jusqu’à 18h pour se rendre à l’ISIE afin de déposer leurs dossiers. Pour information, certaines candidatures ont suscité un vif débat, à l’instar de celle de Nabil Karoui, patron de Nessma TV et du parti Au Cœur de Tunisie. De fait, l’homme d’affaires a des sérieux soucis avec la Justice. Il est interdit de voyager et ses avoirs sont gelés en raison des soupçons de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale qui pèsent sur lui.
D’autre part, selon la loi électorale dans son article 73, un candidat doit restituer ce qu’il doit à l’État en termes de subventions de la campagne électorale. Or, depuis 2014, plusieurs partis et personnalités, ayant obtenu moins de 3% dans les suffrages, n’ont toujours pas remboursé l’État qui a subventionné leurs campagnes électorales.
Autre élément à souligner : l’article 163 de la loi électorale interdit à tout candidat de prendre part au scrutin s’il perçoit un financement étranger, quelle que soit son origine. Et là encore, malgré les soupçons qui pèsent sur eux, certains partis ont néanmoins décidé de rejoindre la course. On pense, notamment, à Ennahdha qui a été accusé d’avoir touché de l’argent qatari. Avec toutes ces conditions, on est donc en droit de se poser des questions sur la candidature de certains acteurs de la scène politique. Nous avons un beau texte qui régit les élections, encore faut-il l’amender pour éradiquer les candidatures folkloriques. Cependant, il semble que toutes ces restrictions ne sont que du noir sur blanc.

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