L’heure de vérité : Ghannouchi un Cheikh sans provision la veille des élections

Moncef Kammoun

L’ambiance est tendue chez les Nahdhaouis et ça se ressent ! La course aux différents postes au sein de cette structure en apparence solide, semble faire balancer la machine.
Rached Ghannouchi décide de quitter la scène politique en ayant occupé un poste majeur à la tête de l’État ceci n’est plus un secret pour personnes ». Ghannouchi sait aussi très bien qu’il ne pourra jamais être élu via les urnes au poste de président de la République, il a donc décidé en dernière minute de viser les législatives pour obtenir la présidence de l’ARP.
Pour cela il doit donc passer obligatoirement par les élections des prochaines législatives.
Il a alors et sans gène modifié en dernière minute les listes déjà prêtes des candidats ainsi nombre de dirigeants se sont trouvés du coup barrés des listes.
Ben Salem qui a été élu lors des primaires en tant que tête de liste à Zaghouan, s’est retrouvé au 3ème rang, ce qu’il considère comme « une exclusion méthodique des choix des grands électeurs, et des membres du conseil de la Choura ».
Abdellatif Mekki s’est retrouvé au Kef et Abdelhamid Jelassi à Nabeul au lieu de Tunis 2 et Samir Dilou cède sa place de tête de liste à Béchir Lazzem et du coup c’est la guerre.
L’ambiance est tendue…je pense sérieusement à me retirer définitivement”  a écrit Samir Dilou sur sa page facebook pour annoncer les tensions au sein de son parti.
Ali Laarayedh lui même a confirmé sur les ondes de la Radio Nationale, les tensions et les rivalités au sein du parti.  Enfin la démission de Lotfi Zitoun le 08 juillet dernier annonce le ras le bol du comportement autoritaire du président du parti.
L’ambiance est tendue comme jamais au sein du parti Ennahdha, et pour cause. En effet la course aux différents postes au sein de cette structure en apparence solide, semble faire tanguer la machine.  Une source au sein du conseil de la choura d’Ennahdha explique les dessous de ces dernières manœuvres observées à l’intérieur du parti, les qualifiant de “sains” et “démocratiques”.
En fait le Cheikh, président du parti Ennahdha n’est qu’un homme autoritaire, un grand manœuvrier qui a réussi à être à la fois une icone religieuse, un leader d’un grand parti, un véritable chef, un gourou adulé. L’homme est tout-puissant et très autoritaire et seul détenteur du chéquier du parti Ennahdha. Il dirige de main de maître ses fidèles, sans aucune contradiction, n’hésitant jamais, si circonstance oblige, à virer soudainement à 180 degrés tout en préservant son fonds de commerce islamiste, Il veut paraître toujours comme le plus parfait des démocrates progressistes, mais la vraie nature du personnage est toute autre.
Son seul but c’est d’accaparer à tout prix le pouvoir et c’est comme ça que son mouvement a fait partie des cinq gouvernements qui se sont succédé après les élections d’octobre 2011 avec notamment deux premiers ministres.
C’est la technique de l’hypocrisie pieuse qui, selon les circonstances, vous fait paraître sous un visage radieux en camouflant un visage hideux.
Pour lui, la morale et le civisme sont à géométrie politique variable il a toujours un pied dans l’islam modéré, un autre dans l’extrémisme religieux, un pied dans le gouvernement, un autre dans l’opposition.
Cela n’empêche pas le Cheikh, en toute immoralité et insolence, de faire la pluie et le beau temps et d’avoir le culot d’occuper la place médiatique en critiquant tous azimuts l’action du gouvernement.
Mais le plus grand danger est indiscutablement cette race d’hommes politiques opportunistes, hypocrites, sans moralité, avides de pouvoir qui occupent impunément le devant de la scène.
Sa haine pour la Tunisie progressiste, pour les institutions créées par Bourguiba, pour son armée qualifiée de malhonnête et sa police qualifiée de «taghout» est toujours claire et il ne le cache pas.
Peut-on oublier ses prises de position ouvertement misogynes et rétrogrades, comment oublier ses déclarations irresponsables mettant en jeu la sécurité de la Tunisie en défendant les extrémistes.
Partout ailleurs, sauf chez nous Tunisiens, tous ces méfaits et ces discours inacceptables auraient immédiatement conduit leur auteur devant la justice et si la Tunisie tient aujourd’hui c’est par le miracle de cette humanité qui pourtant est toujours trahie par les politiques.
Le mouvement Ennahdha est traversé cette dernière période par des remous au milieu d’accusations envers son bureau exécutif, et son président Rached Ghannouchi qui ne tolère pas la diversité d’opinions, la multiplicité culturelle, la pluralité religieuse, la liberté de conscience et la conscience libérée.
Etant en conflit avec sa personnalité fragmentée, en dissension avec son identité déculturée, en guerre permanente contre sa vie qu’il refuse de bâtir de ses mains dans la paix, le président d’Ennahdha se trouve aujourd’hui détesté même par ses plus proches.

*M.K Architecte

 

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