Report des élections : Sur les traces du loup

A trois mois des élections, le flou règne toujours, va-t-on vraiment vers le report des élections en dernière minute? Voilà la question qui trotte ces jours-ci dans tous les esprits.
Nous ignorons tous s’il y aura un report et dans quelle condition et surtout comment ces politiques comptent s’y prendre?

Le sondage qui fait peur
Le sondage du cabinet Sigma Conseil a tout bouleversé, en effet à trois mois des élections, il fait resurgir le spectre d’un nouveau scénario qui fait balayer toutes les formations politiques au pouvoir.
Deux indépendants arrivent en tête Nabil Karoui fondateur de Nessma TV avec 24,7 %, suivi de Kaïs Saïed 22,9 % et Abir Moussi présidente du parti destourien libre figure en troisième position, mais assez loin derrière avec 10,8 %.
Ennahdha par contre recule nettement soit 17,3 % après avoir occupé la tête avec 33 % en février, enfin le chef du gouvernement Youssef chahed lui passe de 30,7 % en février à 7,1 % en juin.

 Il faut que tout change pour que rien ne change
Pour la première fois, Ennahdha s’est senti attiré vers le bas, il s’est senti en danger réel et doit réagir à sa manière face à ce scénario catastrophique.
Elle décide alors de prendre la situation très au sérieux et agir en toute urgence.
Réagissant toujours à la manière du corps de l’être humain qui, suite à la sensation d’un danger imminent, le cerveau envoie  un message aux glandes surrénales qui produisent immédiatement l’adrénaline, qui libère la réserve de glucose du corps permettant à celui-ci de réagir rapidement et convenablement.
Suite à la prise de conscience d’un danger menaçant, de la même manière, le cerveau d’Ennahdha lui donne instantanément les commandes nécessaires au corps physique afin que ce dernier soit en mesure de faire face à la situation qui représente une menace, Il en résulte une plus grande force physique pour se défendre.

L’atmosphère politique s’est brutalement alourdie
Depuis le 12 juin jour de l’annonce des résultats du dit sondage le pays est de nouveau divisé, les protestations deviennent fréquentes et l’atmosphère ne cesse de s’alourdir à l’approche de l’élection.

Éliminer d’abord les concurrents dangereux : une simple loi suffit
Rayer les noms des concurrents qui ont pris les premières places serait le première urgence à régler. Pour cela on n’a pas besoin de toucher à la constitution, une loi suffit.
Dans le cadre du « Taouefak », mardi 18 juin, soit trois mois avant les élections, l’Assemblée, après des négociations et les marchandages nécessaires a modifié la loi électorale avec l’ajout de quelques articles qui ont bien entendu créé une controverse et une polémique ayant dépassé même les frontières du pays. L’amendement de la loi électorale en vigueur en Tunisie sous prétexte de sauvegarde de la démocratie, visant tout simplement l’exclusion des personnes concurrents de la course aux élections soit Nabil Karoui et à la femme d’affaires Olfa Terras Rambourg et ainsi les deux favoris des sondages ne pourront plus se présenter.

 Report des élections : Comment prévoir l’imprévu ?
La Constitution ne prévoit aucune disposition sur le report des élections, parce que telle qu’elle est posée elle doit déboucher dans les délais prévus sur des élections sauf en cas de force majeure, il n’y a donc pas de disposition juridique permettant à qui que ce soit de reporter les élections sauf dans les situations d’état d’urgence, de guerre ou d’exception.
La thèse du report des élections se propage massivement sur internet par des médias sociaux et certains médias électroniques. Mais cette thèse est-elle réellement envisageable ? Si l’on se réfère aux lois en vigueur dans notre pays, rien, absolument rien, ne peut permettre la mise en oeuvre d’une telle option. Aucune loi ou article de la constitution n’apporte des précisions concernant « un éventuel report des élections ».
Le régime électoral ne prévoit donc pas une quelconque situation de report ou d’annulation d’une élection présidentielle.
La thèse du report des prochaines élections est donc injustifiable du point de vue du droit ou de la loi, pour ne pas dire irréalisable dans le contexte actuel que traverse le pays.

-lundi 24 juin 2019
Dans le cadre de sa politique « intelligente » Ennahdha a fait un communiqué ou elle a formellement démenti sa participation aux tractations et consultations concernant le report des élections législatives et présidentielle et a exprimé son engagement total aux dates annoncées par l’Isie, ce communiqué vient d’après elle en réponse aux informations faisant état d’un bras de fer au sein du parti islamiste et des autres, entre ceux qui appellent au report des élections et ceux qui le refusent.

Les terribles coïncidences
– Jeudi 27 juin 2019
Trois attentats dont deux en plein Tunis ont eu lieu.  On dénombre huit blessés ainsi que le décès d’un policier municipal et du terroriste.
La troisième attaque à Gafsa au relais audiovisuel du mont Arbata par un groupuscule de jihadiste terroriste.

La mort annoncée du Président de la République
– A 12 heure
Les services de la Présidence ont annoncé, que le président de la République, Béji Caïd Essebsi, a été victime d’un grave malaise, Il a ainsi été transporté d’urgence à l’hôpital militaire de Tunis pour recevoir les soins nécessaires.
Le président de la République transféré d’urgence à l’hôpital militaire victime d’un malaise aigu avec même des rumeurs sur sa mort, les commentaires ont déferlé, des commentaires de tous genres ont fleuri sur les réseaux sociaux dont le commentaire de Intissar Kheriji,  la fille de Rached Ghannouchi qui a été même la première à annoncer la mort du Président de la République et qui avait même pensé à l’après Essebsi et surtout à la nouvelle loi électorale qui devrait être signée par Mohamed Ennaceur, le successeur de BCE.

*MK Architecte

 

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