Omar El Behi connaît-il réellement la réalité des prix dans les marchés ?

Les chiffres sur l’inflation en juin 2019 ne devrait pas tarder à être publiés par l’Institut National des Statistiques (INS). Avant cette publication, le ministre du Commerce, Omar El Behi, garde espoir et s’attend à une baisse de cet indicateur. Il estime que le taux devrait se situer en-dessous des 7%.
De fait, pour El Behi, l’inflation devrait baisser en raison de la stabilisation du dinar tunisien sur le marché des changes vis-à-vis des autres monnaies. Le ministre semble oublier que la stabilisation du dinar n’est que technique et temporaire, et qu’elle est seulement due aux dettes en devises contractées par la Tunisie, à l’instar de la tranche du Fonds Monétaire International (FMI).
Omar El Behi avance un autre argument peu convainquant : la stabilisation de la balance commerciale. « Le taux de couverture des importations par les exportations est entre 67 et 68%, et ce grâce à la petite hausse du dinar tunisien, à l’amélioration des exportations des phosphates. On s’attend aussi à l’exploitation prochaine de champs pétroliers », a-t-il expliqué en marge d’une visite effectuée à Mahdia. Le ministre, d’un autre côté, a exclu tout déficit constaté au niveau des produits à la consommation. « Il y a eu un soulagement au niveau des prix dernièrement, et ce grâce à l’abondance de la production. C’est valable pour les légumes, les fruits, les œufs et les viandes blanches », a encore ajouté Omar El Behi.
On se demande dans quel monde vit-il. Le ministre semble avoir oublié les derniers chiffres de l’INS sur le déficit commercial, relatifs aux 5 premiers mois de 2019 : le déficit a atteint les 8,106 millions de dinars, contre 6,624 millions de dinars durant la même période en 2018. Le taux de couverture, pour sa part, a connu une baisse de 1,3 point comparé aux 5 premiers mois de 2018.
De quelle stabilité parle donc le ministre ? Au sujet des prix, il semble qu’il n’a peut-être pas l’habitude de se rendre dans les marchés et les grandes surfaces. Si c’était le cas, il aurait pu constater les hausses vertigineuses des prix et l’absence de tout contrôle, notamment dans les grandes surfaces.

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