L’Algérie sans chef d’État à partir de minuit

Mardi 9 juillet à minuit expire le mandat du président par interim Bensalah, en Algérie, qui a pris le pouvoir après la démission de Abdelaziz Bouteflika. Seulement voila, aucune élection n’a encore été prévue. Ce flou constitutionnel menace l’équilibre d’un pays déjà traversé par la crise politique.

La Constitution algérienne Article 102 prévoit que le président du Conseil de la nation devienne président par intérim dans l’éventualité où le pouvoir du chef de l’État serait vacant. Son mandat expirerait alors au bout de 90 jours. Le J-90, c’est aujourd’hui. Et pourtant aucune élection n’a encore été planifiée.

“Abdelkader Bensalah ne peut plus se prévaloir, constitutionnellement du moins, de la qualité de chef de l’État”, –  Liberté,  journal algérien

En réalité, les élections auraient dû se tenir le 4 juillet. Faute de candidats, le scrutin a été à la fin reporté à une date indéterminée. A cet effet le mandat du président a été prolongé de facto jusqu’à la fixation d’une date mais cette décision ne fait qu’aggraver la situation et le flou constitutionnel que traverse l’Algérie. Perçue comme un « coup de force » par certains juristes, la prolongation du mandat présidentiel dérange et montre plus que jamais l’instabilité institutionnelle de l’Algérie depuis le départ de l’ancien président qui maintenait la continuité de l’État.
Face à l’absence constitutionnellement montrée, une illégalité totale du gouvernement pourrait être dénoncée par les parties civiles et l’opposition qui demandent le départ de tout le système en place. Le Conseil Constitutionnel est également accusé de faire valider des décisions anticonstitutionnelles à la faveur de l’armée.

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