Ironie : quand Ennahdha appelle à combattre les financements étrangers !

En position de faiblesse depuis son malaise, le président de la République, Béji Caïd Essebsi, fait aujourd’hui l’objet d’une pression émanant aussi bien de ses alliés que de ses adversaires politiques. A présent, c’est au tour d’Ennahdha de rejoindre la danse. Le président du Conseil de La Choura, Abdelkarim Harouni, a appelé, indirectement, le Chef de l’État à signer la promulgation de la version amendée de la loi électorale. « La signature de la promulgation permettra d’entamer les élections avec des lois protégeant la démocratie et garantissant l’égalité entre les concurrents. Les associations et les réseaux seront aussi empêchés de bénéficier de financements étrangers. Ils seront aussi empêchés d’utiliser les actions associatives à des fins politiques », a-t-il déclaré ce mercredi 24 juillet 2019 en marge d’une conférence de presse organisée pour annoncer le communiqué final du 29ème Conseil de La Choura.
Harouni a aussi affirmé qu’Ennahdha tient à la promulgation de la loi électorale dans sa version amendée. « Nous attendons à ce que le président de la République soit au rendez-vous, en tant que l’homme qui respecte la Constitution », a-t-il déclaré.
En d’autres termes, nous voici en face d’un nouvel acteur politique qui semble avoir la mémoire courte. Le président du Conseil de La Choura a-t-il oublié que son propre parti profitait de ses activités associatives pour faire de la politique depuis 2011 ? Et en parlant des financements étrangers, a-t-il oublié les soupçons de financements illicites en provenance du Qatar qui pèsent sur Ennahdha ? Nos hommes politiques se sont livrés, depuis que le Chef de l’État s’est retrouvé en position de faiblesse, à un festival de déclarations de bonnes intentions, voulant se montrer exemplaires en matière du respect de la loi et de la Constitution. Les voici devenus, tous, des donneurs de leçons en matière d’intégrité. Rien de plus normal après tout : puisqu’ils n’ont plus rien à vendre et à apporter aux tunisiens, c’est l’occasion rêvée pour eux d’alimenter leurs campagnes électorales.

F.K

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