Cour Constitutionnelle : les députés traînent encore la patte

Depuis son arrivée au pouvoir en 2014, l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) traîne la patte en ce qui concerne l’élection des membres de la Cour Constitutionnelle. Mais au fil des années, l’instance, pourtant vitale à toute démocratie et mentionnée dans la Constitution, n’a toujours pas vu le jour.
Un nouvel échec a marqué les votes pour l’élection des membres de la Cour Constitutionnelle ce mercredi 10 juillet 2019. De fait, les députés, fidèles à la coutume, n’ont pas pu rassembler les 145 voix nécessaires en vue de mettre, enfin, en place, l’institution.
Plus tôt dans la matinée, les présidents des blocs parlementaires se sont réunis en vue de trouver le fameux consensus. C’est un mot, soulignons-le, qui est devenu très à la mode sur la scène politique tunisienne. Cette énième réunion s’est soldée, sans surprise, par un énième échec. Dans ce contexte de désolation démocratique, le président de l’ARP, Mohamed Ennaceur, a appelé les présidents des blocs à se réunir (encore !) en vue d’entamer une nouvelle séance de vote.
Peu de temps nous sépare des vacances parlementaires, d’autant plus que nous nous rapprochons des élections législatives et présidentielles. Malgré ces rendez-vous importants, les députés ne sont toujours pas arrivés à dépasser leurs clivages et leurs guerres d’intérêts. Rien de plus prévisible : chaque parti veut placer son pion au sein de la Cour Constitutionnelle, et c’est compréhensible compte tenu du pouvoir dont elle bénéficiera une fois installée.
Après la sortie du président de la République de l’hôpital, on pensait que les députés allaient faire preuve, pour une fois, de responsabilité. Mais visiblement, rien n’a changé. La démocratie tunisienne va-t-elle avoir droit à sa Cour Constitutionnelle avant le début des vacances parlementaires ? La Cour verra-t-elle le jour avant les élections ?

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