Ezzeddine Saïdane : « on risque un manque de liquidité et le dinar va encore baisser »

En 2019, la manque de liquidité va menacer les banques tunisiennes selon ce qu’a affirmé le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), Marouane Al Abassi, lundi 13 mai 2019. L’économiste Ezzeddine Saïdane est revenu sur cette question dans son passage dans Sbeh El Ward ce mardi 14 mai 2019. Il estime que la Tunisie risque de subir un réel manque de liquidité. Concrètement, les citoyens, si tel était le cas, ne pourraient pas retirer de l’argent auprès de leurs banques.
Plusieurs facteurs expliquent ces faits selon l’économiste. Il y a, tout d’abord, l’endettement de l’Etat auprès des banques. Une tendance qui a pris de l’ampleur ces 3 dernières années. De fait, le montant total a atteint les 22 000 millions de dinars selon l’économiste.
L’économie parallèle explique également le manque de liquidité en Tunisie, sachant que les transactions dans ce genre d’économie se font en liquide et ne passent pas par les banques. Autre facteur cité par l’économiste : les conséquences des recommandations du Fonds Monétaire International (FMI). « L’institution mondiale s’ingère dans les politiques financières de la Tunisie puisque le pays n’a pas respecté ses engagements par rapport au crédit contracté auprès d’elle. Cette dernière a récemment demandé à la Tunisie de mettre en place un calendrier relatif au remboursement », a-t-il expliqué.
D’un autre côté, Ezzeddine Saïdane estime que l’inflation est elle aussi à l’origine du manque de liquidité, malgré les tentatives de la BCT d’y remédier à travers la hausse du taux directeur. L’objectif était également de limiter l’octroi des crédits à la consommation. L’économise poursuit en affirmant que la BCT a aussi demandé aux banques d’arrêter l’octroi des crédits à la consommation sans publier de circulaire. Elle a également appelé à limiter l’octroi du découvert bancaire.

Le dinar va baisser dans quelques semaines
Autre sujet abordé par l’économiste : le cours du dinar par rapport à l’euro et au dollar. Certes, une stabilisation a récemment été constatée, mais la monnaie nationale va à nouveau reculer devant les autres. Cette stabilisation ne s’explique pas par celle de la situation économique ou des finances publiques. Il existe des raisons conjoncturelles à l’instar des revenus générés par la cession des parts de l’Etat dans la Banque Zitouna. Il a aussi cité une banque tunisienne ayant contracté un prêt après d’une institution financière mondiale, et c’est sans compter les prévisions relatives à la saison touristiques de cette année.
Ces revenus supplémentaires, selon l’économiste, ont été versés à l’Office National du Blé, à la STEG (Société tunisienne d’Electricité et du gaz) et l’ETAP (Entreprise Tunisienne d’Activités Pétrolières). « Une partie de la devise obtenue a été revendue aux banques tunisiennes à bas prix. C’était une manière pour l’Etat de prouver que le dinar avait repris ses couleurs. L’économie nationale va payer le prix fort. Dans quelques semaines, le dinar va baisser », a-t-il assuré.

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