Liberté de la presse : la Tunisie progresse, mais encore du pain sur la planche

Le classement 2019 de Reporters Sans Frontières (RSF) en matière de liberté de la presse a été rendu public ce jeudi 18 avril 2019. Sur 180 pays, la Tunisie a été classée 72ème, ce qui représente une belle progression de 25 places par rapport à 2018. C’est ce qu’a affirmé le directeur du bureau Afrique du Nord de RSF, Souhaieb Khayati, dans une déclaration accordée à l’agence TAP, qui a aussi ajouté que notre pays occupe la première place dans le monde arabe.
La Tunisie, poursuit-il, est une exception dans ce classement étant donné que la liberté de la presse a reculé dans plusieurs pays, notamment les pays démocratiques. « Nous avons constaté une baisse des exactions contre les journalistes et les médias. Le gouvernement, dans ce contexte, est appelé à soutenir la liberté de la presse qui constitue le fondement de la démocratie », a-t-il déclaré. Dans ce même contexte, le cadre juridique doit être renforcé par le biais de la mise en place d’une instance de régulation de la communication audiovisuelle qui travaillera conformément aux standards internationaux dans le domaine de la liberté de l’information.
Toutefois, la « jeune démocratie tunisienne » ne garantit pas encore une liberté totale de la presse selon le responsable au sein de RSF. Il faut rappeler qu’en 2018, plusieurs Organisations non gouvernementales (ONG) ont déploré l’absence d’un cadre juridique adéquat portant sur le secteur médiatique et sur la presse. Force est de constater que les blocages persistent. En 2017, le Conseil de la Presse avait été annoncé pour la presse écrite, mais aujourd’hui, on n’entend plus presque parler de lui, alors qu’il s’agit d’une instance d’une importance primordiale.
Autre point : la presse tunisienne est toujours régulée par les décrets-lois 115-116, dont le 116 est relatif à la HAICA (Haute Autorité Indépendante pour la communication audiovisuelle). On ne peut que déplorer l’absence d’une loi à proprement parler pour la presse, hormis la loi sur le droit d’accès à l’information. Il reste encore du pain sur la planche.

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