Les piques d’Abdelkarim Harouni à Youssef Chahed

Depuis l’émergence de Tahya Tounes sur la scène politique, les relations entre Ennahdha et le Chef du gouvernement, Youssef Chahed, seraient devenues tendues. Après la bombe larguée par le président d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, sur l’éventualité d’un remaniement (un tir aussitôt rectifié et minimisé), c’est au tour du président du Conseil de La Choura, Abdelkarim Harouni, de lancer ses piques au Chef du gouvernement.
Dans une déclaration sur Shems FM ce dimanche 3 mars 2019, Harouni a assuré que son parti « n’aspire qu’à la stabilité du gouvernement ». Néanmoins, il a souligné que si des changements s’imposaient au sein du gouvernement pour garantir sa stabilité, son impartialité et le respect des institutions de l’État, ce sera fait. Une autre pique a été adressée à Youssef Chahed : « le gouvernement ne doit pas être au service d’un parti politique ou d’une personne. Il ne doit pas, non plus, s’inscrire dans une optique électorale », a encore lancé le président du Conseil de La Choura.
Il a tout de même tenu à tempérer ses propos : « nous voulons la stabilité du gouvernement car nous souhaitons garantir l’intérêt de la Tunisie. Cela ne signifie pas que nous sommes contre le président de la République et avec le Chef du gouvernement », a-t-il dit, et d’ajouter : « L’intérêt de l’État doit être au-dessus de celui des personnes ».
Nous voici, ainsi, devant une seconde déclaration qui soulignerait les prémices d’une rupture entre Youssef Chahed et Ennahdha, le parti qui l’a soutenu bec et ongles avant le remaniement de novembre 2018. Visiblement guidé par ses ambitions politiques, le Chef du gouvernement semble avoir mis de côté la promesse faite Ennahdha. Le parti islamiste aurait, en effet, exigé que le gouvernement de l’après-remaniement de novembre 2018 ne devrait pas être concerné par les élections de 2019. Le Chef du gouvernement ne l’entendrait pas de cette oreille visiblement, et pour preuve : le lancement de Tahya Tounes qu’on lui a toujours assimilé.
Même s’il ne l’affirme pas ouvertement, le Chef du gouvernement se serait bel et bien engagé dans la course électorale. Ennahdha sera un redoutable adversaire et vice-versa.

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