Le dossier libyen à l’examen par les MAE des pays du voisinage

Les ministres des affaires étrangères tunisien, algérien et égyptien se réuniront aujourd’hui au Caire pour faire le suivi de l’initiative visant une réconciliation politique globale en Libye.
Dans un communiqué du ministère des Affaires Etrangères tunisien, on indique que l’objectif de la réunion est l’examen des moyens permettant d’aider les libyens à aboutir à une réconciliation permettant de lancer un dialogue inter libyen sur la base de la feuille de route internationale établie pour mettre fin à la crise.
Cette rencontre vient à un moment important marqué par un certain gel des initiatives des pays du voisinage libyen, supposés avoir un rôle central dans le rapprochement des points de vue entre les protagonistes libyen.
Cependant, les enjeux importants du dossier libyen pour les différentes puissances méditerranéennes et internationales, semblent reléguer ces pays à un rôle secondaire. La Tunisie, l’Egypte et l’Algérie, bien que concernés à plusieurs égards par la crise libyenne, de laquelle dépend notamment leur sécurité, ont manifestement cédé la place aux européens, aux italiens et aux français en particulier, qui font décidément la pluie et le beau temps en Libye.
Bien que ces deux puissances européennes ne sont pas sur la même longueur d’onde, conflits d’intérêts obligent, les diplomaties des pays du voisinage de la Libye n’ont pas réussi jusqu’à maintenant à se frayer un chemin leur permettant de jouer un rôle prépondérant.
Il faut avouer que la Tunisie, l’Algérie et l’Egypte manquent de vision commune à propos du conflit, mais surtout à propos des parties libyennes appelées à jouer un rôle et qui devraient être soutenues.
Alors que l’Egypte semble choisir l’option Haftar, qui a réussi à se forger une légitimité de terrain par la force des armes, la Tunisie et l’Algérie semblent au contraire pencher vers une pseudo « légitimité internationale » qui a intronisé Sarraj au pouvoir en Libye. Or la réalité du terrain et celle aussi des relations internationales semblent donner raison à l’option égyptienne.
Les batailles menées par Haftar à Benghazi et à Derna, les victoires qu’il a réalisé sur les radicaux islamistes semblent pencher la balance vers lui. Les européens eux-mêmes, la France surtout, semblent être convaincus que, non seulement Haftar est l’Homme fort de la Libye, mais aussi que toute solution qui ne prend pas en considération la carte Haftar ne peut être vouée qu’à l’échec.

 

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