Huile d’olive: Comment renforcer et optimiser les exportations ?

L’huile d’olive s’est révélée comme une source de recettes en devises primordiale en ces moments difficiles pour la balance des paiements avec 2 milliards de dinars, soit 10% de l’ensemble de nos exportations en 2017-2018.
Cependant, plusieurs défis et limites ont été identifiés par la profession et qui empêchent le secteur d’exploiter toutes ses potentialités, de surcroît multiples. Ce qui valorise nos exportations d’huile d’olive, c’est le conditionnement, or celui-ci reste limité à 20.000 tonnes par an au maximum. Ce qui est un volume très modeste dont 85% sont orientés vers cinq pays seulement, alors que notre huile est très appréciée partout dans le monde. Il y a donc deux dimensions à réviser à la hausse. D’une part, porter au bout de quatre ans la part, de l’huile conditionnée à 70.000 tonnes par an et d’autre part, élargir le nombre de marchés ciblés à 30 marchés extérieurs par exemple.
Il y a lieu donc, pour faire face à la concurrence agressive de l’Italie et de l’Espagne, de créer un véritable label Tunisie avec création de marques phares chez les consommateurs et les grands distributeurs sur plusieurs marchés export.
Un gros investissement est nécessaire au niveau du marketing et de la communication à l’échelle internationale. Il est également tout indiqué de favoriser l’émergence à l’international de plusieurs “champions tunisiens” de l’huile tunisienne qui ne doivent plus brader les prix de leur production en vrac, exploitée par certaines marques européennes et revendue après “mélanges” adéquats sur les marchés export sous des labels étrangers.
Cela implique que les exportateurs doivent regrouper leurs marques et actions commerciales avec le recours aux moyens du Cepex pour fédérer les potentiels des industriels et des agriculteurs du secteur.
L’amélioration de la qualité ne peut se faire sans restructurer la production. C’est pourquoi il faut privilégier l’intégration nationale du secteur en optimisant les conditions de la culture de l’olivier.
Ensuite, pratiquer l’irrigation d’appoint de l’olivier dans certaines régions là où cela est possible, ce qui permet d’améliorer les rendements de façon sensible sans nuire à la qualité de l’huile.
Enfin, il faut assainir et moderniser le secteur des huileries dont une partie est très vétuste et mérite d’être fermée. Ce sont finalement les huileries qui garantissent la qualité de l’huile.
Rappelons que le secteur de l’huile d’olive est un poids lourd de l’agriculture dans notre pays avec 30% des superficies agricoles, soit 1,8 million d’hectares, 1700 huileries et 200.000 emplois.
Il y a en outre 60 usines de conditionnement de l’huile d’olive avec 2000 emplois et 200 exportateurs. Un grand nombre parmi eux ne disposent que de moyens modestes, ce qui implique fusions et regroupements. 70% de notre récolte, soit 142.000 tonnes, sont exportés, dont 11,5% en moyenne, soit 17.000 tonnes ayant été conditionnés en 2018 le reste, en vrac, étant destiné aux mélanges en Europe.
Les exportateurs doivent mettre l’accent sur le caractère biologique de l’huile d’olive tunisienne qui ne couvre que 5% des superficies couvertes par des oliviers.
Afin de développer la certification bio, les producteurs ont besoin d’être accompagnés par des conseillers à l’export et des spécialistes de l’agriculture biologique.
C’est à ce titre que les “Zayatas” envisagent la possibilité d’un pacte sectoriel avec les pouvoirs publics dans le but de réaliser des objectifs ambitieux dans les prochaines années, en contrepartie de certaines mesures telles que la montée en gamme des ressources du fonds relatif au financement du conditionnement et le soutien des actions promotionnelles à l’export.

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