Nos cimetières sont dans un état déplorable, respectons nos morts 

Moncef Kammoun*

Notre pays est malade de ses cimetières, en plus le mauvais état de la plupart de ces lieux ne fait que s’accentuer avec les années, elles sont laissées à l’abandon et l’état de délabrement s’accentue avec les années, aucune ville n’échappe à ce laisser-aller général.
Aujourd’hui les mauvaises herbes gagnent du terrain au fil des années et l’ensemble des tombes  a été absorbé par ces fortes poussées d’herbes, de détritus, de sachets en plastique, de bouteilles en verre et en plastique composent en plus un décor désolant sur l’ensemble de nos cimetières,qui soulève l’indignation des citoyens.
Dans certains lieux les hautes herbes empêchent même d’y accéder banalisant de plus en plus ce lieu de repos éternel et d’amertume qui devient un lieu macabre où la sérénité est quotidiennement altérée.
Notre ignorance et ce manque de respect pour les défunts nous mènent aujourd’hui loin du chemin de la sagesse et fait que notre sort de demain ressemblera sans aucun doute à tous ceux qui sommeillent sous leurs tombes.
La dénonciation de cette situation anarchique est certes indispensable et requiert une réaction à la mesure des défis qui sont posés.

Il faut avoir du respect pour nos défunts
Les municipalités doivent prévoir de revoir la méthode d’entretien de nos cimetières Il leur est reproché la passivité et l’irrespect des cimetières complètement abandonnés.
La mort qui a terrassé tous ces humains qui reposent en ces lieux doit être constamment présente afin que la sagesse et la raison s’entremêlent et nous guident vers le bon sens et le respect des morts.
Il faudrait prévoir la possibilité d’instituer des mesures fermes tendant à une meilleure gestion des cimetières, notamment en responsabilisant les conservateurs, en fixant des heures d’ouverture et de fermeture et mettre des gardiens ou des agents de sécurité sous la responsabilité directe des conservateurs qui doivent appliquer une discipline stricte, il faut sauver les cimetières de leur état déplorable actuel en garantissant respect et dignité aux morts, il faut les intégrer au tissu urbain pour qu’ils puissent trouver leur utilité c’est-à-dire des lieux de végétation, de verdure, de détente où l’on puisse se promener en toute sécurité en plus de la visite rituelle des tombes des proches.
D’autre part nous remarquons qu’aujourd’hui nos cimetières sont déjà archi comble et que de nouveaux projets de cimetière sera par conséquent d’une grande utilité pour désengorger ceux qui sont dans un mauvais état, et toujours opérationnels.
Ces projets doivent prévoir, entre autres, la réalisation d’une mosquée, un centre médico-légal, des locaux servant de lieu d’administration et un parking.

Respectons la vie, respectons la mort
La vie est un don, un cadeau qui nous est fait.Nous devons la respecter et nous dire que chaque instant qui passe est un cadeau car il ne reviendra jamais.
Si nous avons su apprécier la vie, si nous avons essayé de la vivre au mieux dans l’amour on ne peut avoir que du respect pour ceux qui nous ont quittés, car ils sont comme nous, ils ont essayé de vivre, d’aimer et de donner le meilleur d’eux mêmes.
Alors que la mort faisait partie intégrante de la vie On la côtoyait sans en avoir peur, elle faisait partie de la vie et il y avait un profond respect pour ceux qui étaient partis sur l’autre rive. Je crois que pour respecter la mort, il faut d’abord respecter la vie.

Pour l’urbanisme dans le monde, le problème se pose tant du côté des vivants que des morts
Avec les restes d’environ 100 milliards de personnes actuellement enterrés, ou stockés d’une autre manière sur la planète, il est tout à fait logique que nous soyons à court de place pour notre repos éternel.
Du Brésil au Japon, en passant par plusieurs autres pays, nombreux sont ceux qui ont trouvé la solution, en faisant bâtir des cimetières verticaux, dont certains prennent l’apparence de véritables gratte-ciel.
L’architecte Tuvia Sagiv explique au journal allemand Der Spiegel que c’est insensé que nous vivions les uns au-dessus des autres dans des tours et que nous mourions ensuite dans des villas. Si nous vivons les uns au-dessus des autres, nous pouvons aussi reposer les uns au-dessus des autres.
Il a même conçu une acropole dans la banlieue de Tel-Aviv, qui devrait abriter 250.000 tombes grâce à la construction de 30 édifices funéraires verticaux,  alors que le plus grand cimetière de la ville construit sur 60 hectares, arrive aujourd’hui à saturation avec 110.000 concessions funéraires.
Le gouvernement israélien a ainsi décidé de ne plus proposer de tombes traditionnelles.

Le cimetière le plus haut du monde
Inauguré en 1983, Le Mémorial « Nécropole Ecumênica »au Brésil est le cimetière vertical le plus haut du monde, il fait 108 mètres de hauteur et offre 25 000 emplacements ainsi que diverses salles, cryptes, mausolées et même un jardin, une chapelle et un snack bar sur le toit, ce bâtiment offre plusieurs ailes et bien entendu les tarifs varient fortement selon l’emplacement et la “vue” désirées. Chacun des 32 étages a diverses rangées de blocs numérotés pouvant accueillir chacun jusqu’à 150 tombes. Celles-ci sont toutes équipées d’un système de ventilation et peuvent accueillir jusqu’à six corps.
Ce bâtiment a aujourd’hui dépassé son simple statut de cimetière et devient l’un des sites les plus visités du Brésil.
D’autres idées mûrissent à travers le monde à Vérone en Italie un cimetière sur 34 étages est en projet, il pourrait recevoir les dépouilles de 60 000 personnes.
En Chine et au Japon les habitants sont invités à acheter des emplacements dans des cimetières verticaux dans lesquels les urnes contenant les cendres des défunts circulent comme des voitures dans des parkings automatiques, le parent du défunt insère une carte dans une machine et quelques instants plus tard, il peut se recueillir devant l’urne déposée sur un meuble par un tapis roulant.
En Australie, les autorités ont autorisé une compagnie à construire un cimetière vertical ou les défunts y sont transportés par groupes de 12 à 15 et enterrés debout et sans cercueil dans le but de préserver l’environnement et de réduire les coûts des enterrements.
A Paris, un projet présenté en 2011 mais resté sans suite où les architectes finalistes du concours Romaric Fillette et Chandrasegar Velmourougane avaient imaginé un cimetière vertical à proximité de la Tour Eiffel

Le projet de cimetière de Vérone, en Italie. | Pier Giulio Lanza/Riccardo

 A quoi vont ressembler les cimetières du futur ?
Des projets de cimetières verticaux fleurissent un peu partout dans le monde. Brésil, Inde, Israël… cherchent un moyen de pallier le manque de place
Les chiffres et autres analyses démographiques nous le prouvent : notre population est en pleine croissance depuis de nombreuses années.
A l’an 1000, les données prétendent que la population mondiale était comprise entre 254 et 345 millions d’individus. Ce chiffre n’a pas cessé d’augmenter pour atteindre le palier du milliard d’individus au début du XIXème siècle.
Selon le rapport des Nations Unies « Perspectives de la population mondiale : la population mondiale devrait atteindre 8,1 milliards en 2025 et 9,6 milliards en 2050.
Ces données sont importantes car elles reflètent inéluctablement la problématique du vieillissement de la population et de la croissance du nombre de défunts au fil des années. La question est donc comment les cimetières vont éviter d’être bondés sachant que les terrains disponibles se font rares ? Les entrepreneurs semblent pointer du doigt plusieurs solutions; certaines se trouvant en direction du ciel, d’autres vers la terre certains même imaginent un cimetière flottant.

*M.K Architecte

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