« Ecoles coraniques » illégales : des réactions tardives !

Depuis l’éclatement du scandale de l’école coranique clandestine de Regueb, révélée par nos confrères des 4 Vérités, une vague de condamnations a déferlé de la part des politiques et du gouvernement lui-même, et c’est sans compter l’indignation face aux traitements inhumains subis par les enfants de cette école clandestine.
Le Chef du gouvernement, Youssef Chahed, a assuré ce lundi 11 février 2019, que plus de 160 dossiers d’associations coraniques ont été transférés à la Justice. Pour sa part, la ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfance, Naziha Laabidi, a elle aussi condamné ces établissements à maintes reprises. L’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), de son côté, a auditionné ce lundi plusieurs ministre au sujet de la propagation des écoles dites coraniques.
Pourtant, le sujet ne constitue pas une nouveauté. De fait, plusieurs médias tunisiens ont mis en garde contre ces écoles clandestines qui n’ont rien, soulignons-le, de coranique, et ce depuis 2013 avec l’arrivée de la Troïka au pouvoir. On citera Nawat avec la journaliste Rim Ben Rejeb et notre consoeur Hanen Zbiss pour Hakaek Online. L’alerte était donnée depuis cette date, mais le pouvoir en place faisait, naturellement, la sourde oreille. Ces écoles n’ont rien à voir avec le Coran et ses enseignements : elles ne font qu’embrigader les enfants, les torturer et leur laver le cerveau afin d’en faire des machines de guerre.
Il aura donc fallu que d’autres enfants soient torturés et abusés sexuellement à Regueb, sachant qu’il s’agit de l’un des rares cas à avoir été démasqué, pour que, enfin, les pouvoirs publics réagissent. Qu’est-ce qui explique cette prise de conscience soudaine d’un phénomène qui dure depuis des années de la part du gouvernement, de l’ARP, et de l’opposition ? Il ne s’agit pas de remettre en doute leur engagement, mais le timing n’est pas tout à fait innocent, vu que l’on s’approche des élections législatives et présidentielles. Faut-il tenir des élections pour pousser la sphère politique à réagir, enfin, aux problématiques du pays ? La question a le mérite d’être posée…

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