Entretien Chahed- Edouard Philippe : quatre axes et un large champ de coopération

De notre envoyé spécial à Paris : Taïeb Zahar

La matinée de ce deuxième jour de la visite de travail qu’effectue le chef du gouvernement, Youssef Chahed à Paris, a été marquée par l’entretien qu’il a eu ce matin avec son homologue français, Edouard Philippe.
Lors d’un point de presse tenu en marge de la seconde réunion du haut conseil de coopération tuniso-français, Youssef Chahed a dévoilés les questions qui ont été examinées lors de cet entretien.


Dans son intervention devant les médias Chahed ne manquera pas de rappeler la qualité du partenariat tuniso-français avec un important financement français de 300 millions d’euros par an et l’appui de la France au processus démocratique tunisien.
Il fera savoir que la coopération entre les deux pays s’articule autour de quatre axes prioritaires notamment l’axe économique avec l’objectif ambitieux de doubler les investissements français à l’horizon 2022. « C’est un objectif très important », précisera Chahed qui ajoute que l’investissement direct étranger est fondamental pour la croissance de la Tunisie. Cet objectif s’articulera sur des axes précis tels le développement régional, le tourisme, la santé et la digitalisation.
Le volet sécuritaire a été l’un des points forts examinés lors de cet entretien.  Edouard Philippe soulignera dans ce contexte les avancées réalisées par la Tunisie dans sa lutte contre le terrorisme ce qui fera dire à Youssef Chahed que notre pays a développé une expertise en ce domaine surtout en matière d’anticipation et de traitement dans le cadre de la coopération, du retour des tunisiens des foyers de tensions.
Autre axe non moins important, celui de l’éducation et qui a eu trait essentiellement sur les moyens de renforcer la coopération en ce domaine. La création de l’Université franco-tunisienne pour l’Afrique et la méditerranée (UFTAM).
Dans ce contexte, une annonce qui fera le bonheur des étudiants tunisiens désirant poursuivre leurs études supérieures en France sera faite.
Alors que le gouvernement français avait décidé en novembre 2018 de multiplier par plus de 10 fois les frais d’inscriptions pour les étudiants étrangers non européens sur leur sol, on a annoncé que les étudiants tunisiens seront totalement exonérés de cette mesure.
Quatrième axe de cet entretien celui culturel. L’importance de cet axe, selon Chahed consiste à relever le défi d’accueillir le sommet international de la francophonie en 2020.
« Ce sont des axes qui couvrent un champ très large avec un financement très important de près de 300 millions d’euros annuellement. La France reste le premier partenaire de la Tunisie. Nous observons des avancées en matière de commerce, d’investissement, d’extension des entreprises françaises résidentes en Tunisie, » souligne Chahed pour conclure que « le volet économique est un défi stratégique pour la Tunisie, puisque cette jeune démocratie a achevé plusieurs acquis en a réalisé plusieurs autres en matière de liberté d’expression, de liberté de parole, de liberté de conscience, des acquis où la marche arrière est impossible aujourd’hui. Nous allons vers des élections fin 2019. Ce sera la 5è fois que les tunisiens se rendront aux urnes en l’espace de 7 ou 8 ans, d’une manière libre et transparente et c’est là aussi un acquis en renforçant le volet économique qui permettra à la Tunisie d’entrer pleinement dans le club des démocraties anciennes. Ce n’est pas tous les jours que nous avons une démocratie à une heure au sud de l’Europe et il est du rôle de la France de soutenir cette démocratie.

Signature de 5 conventions de coopération
Le chef du gouvernement a assisté en compagnie de son homologue français à la signature de 5 conventions de coopération portant sur:
* Convention  visant à convertir la dette 2002-2007
-Création de l’Université franco-tunisienne pour l’Afrique et la méditerranée
* Convention de financement de l’AFD pour le projet de modernisation des services de santé à Sidi Bouzid pour un montant de 76 millions d’euros
*Convention de soutien à la concrétisation du programme national de santé à travers l’utilisation de l’informatique pour un montant de 26 millions d’euros.

 

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