Grève générale, ou comment traîner un pays dans la boue

Chose promise, chose faite au détriment de la Tunisie : le pays était quasiment paralysé ce jeudi 17 janvier 2019 à cause de la grève générale décrétée par l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT)
dans la fonction et le secteur publics.
On s’y attendait : l’impact économique de cette journée de « mobilisation » est lourd. D’après les experts économiques, on estime que la grève générale coûtera à l’économie tunisienne entre 150 et 300 millions de dinars. Rien de plus prévisible : administrations à l’arrêt, trafics aérien et maritime quasiment nuls, transports publics bloqués, établissements scolaires et universitaires fermés, etc.
Plus grave encore : aucun service minimum, hormis dans le secteur de la santé, n’a été assuré. Exception faite, bien entendu, au niveau du ministère de l’Intérieur et de la Défense. D’ailleurs, les sécuritaires étaient très mobilisés ce jeudi pour assurer notre sécurité et éviter les bavures qui auraient pu avoir lieu avec la grève dans tout le pays . On se souvient que les syndicalistes nous avaient promis « une journée pas comme les autres, avec des manifestants pouvant échapper à tout contrôle ». Nous ne pouvons, de ce fait, que rendre hommage à nos braves sécuritaires.
Revenons au plan économique. L’économiste Ezzeddine Saïdane, qui s’est exprimé dans le 20h d’Al Watanya 1 jeudi, était ferme : la grève a coûté 300 millions de dinars, pas un millime de moins. De son côté, l’économiste Mohamed Jarraya considère que la hausse des salaires ne constitue pas la solution qui va permettre d’améliorer le pouvoir d’achat. C’est, en effet, logique sur le plan économique : une augmentation des salaires, sans une contrepartie productive, engendrera une hausse de la masse monétaire et, par conséquent, de l’inflation. On ne fera, en d’autres termes, que gonfler les salaires et le pouvoir d’achat sera pompé ailleurs avec les hausses des prix des biens de consommation.
Le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi, et sa cour sont-ils conscients de ces faits ? C’est sans doute le cas, mais on se demande ce qui les pousse à faire la sourde oreille à la réalité du pays pour défendre, comme ils l’affirment, son intérêt.
Il fallait se promener dans les grandes villes, comme à Tunis, vers 17h, l’heure où les travailleurs du secteur privé quittent leur bureau. Ils étaient massés, dans l’attente de taxis ou de bus privés qui se faisaient rares, livrés à eux-mêmes, payant la facture de ceux qui prétendent défendre l’intérêt de la nation alors qu’ils ne font, en réalité, que la piétiner et la traîner dans la boue.
Vive la Tunisie, malgré tout.

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