Transport : Lancement du Port d’Enfidha en 2019

Sept entreprises ont répondu à l’appel d’offres

Après quinze ans de réflexion, d’études et beaucoup d’hésitation, le ministre des transports, Hichem Ben Ahmed vient d’annoncer le lancement du projet du port en eau profonde d’Enfidha. « Sept entreprises ont déjà  répondu à l’appel d’offres en question et 2019 sera l’année de la réalisation du projet » a-t-il ajouté lors de la conférence-débat organisée conjointement par les chambres de commerce mixtes membres du Conseil des Chambres Mixtes de Tunisie (CCM) sur le thème «Le Transport et la Logistique au Service du Commerce et de l’investissement».
Selon Mehdi Ben Abdallah, président du CCM, l’objectif de cette manifestation et d’exprimer la volonté du secteur privé de contribuer à la relance économique du pays et d’être le porte voix des entreprises membres et des investisseurs étrangers en Tunisie qui veulent investir ou accroitre leurs investissements existants.
Une grande nouvelle qui a suscité l’enthousiasme mais en même temps que la prudence de l’audience. Car faut-il rappeler que les études d’implémentation, de financement et d’exploitation du projet d’Enfidha ont commencé en 2005. Une présélection de huit investisseurs étrangers a été faite en 2008 et depuis rien, jusqu’en 2015, avec l’élaboration d’une autre étude d’implémentation, de financement et d’exploitation. Puis encore rien jusqu’à cette année 2018 avec la mise à jour de cette même étude.  Contrairement au projet du port de Tanger au Maroc dont l’annonce officielle était en 2003 pour une mise en service en 2007, pour un coût d’investissement total de 8 milliards d’euros répartis à égalité entre le secteur public et le privé. Incontestablement c’est le projet par excellence du transport en Tunisie. Il pourrait faire de la Tunisie un hub de croisement de la méditerranée occidentale et orientale avec la création de 100.000 emplois avec une capacité de plus de 80.000 tonnes contre 31.000 tonnes actuellement. Et ainsi rompre avec cette morosité qui coûte de l’argent au pays et à sa compétitivité à l’échelle internationale. En effet, la Tunisie occupe la 105ème place selon l’indicateur de performance logistique de la Banque mondiale, soit 45 places de plus depuis 2010.  Un coût logistique qui représente  20% du PIB  contre 15% pour les pays émergeants. «  Inefficacité des services portuaires, un cadre réglementaire pas encore finalisé,  faiblesse de coordination entre les différentes structures. Beaucoup de  défis à relever au cours d’une année électorale. Cela va peut être nous  ralentir mais en 2019 nous serons capables au moins d’améliorer la compétitivité de nos performances économiques et la compétitivité à l’international à travers de nouvelles lignes aériennes, l’amélioration de l’infrastructure aéroportuaire, l’amélioration de la qualités des vols, l’acquisition de nouveaux matériels, la concrétisation du programme de restructuration de Tunisair et la modernisation du réseau portuaire. Nous avons besoin d’un secteur stratégique performant au service de l’économie tunisienne » Outre le port d’Enfidha, le ministre a rappelé la construction des deux quais 8 et 9 également en attente depuis quelques années. « Ils entreront en service d’ici deux ans, le temps de décider sur quelle forme de gestion ils seront soumis soit  par  la STAM ou par le secteur privé ou sous forme d’un PPP ».  La STAM continue, par ailleurs, d’attirer les foudres des chefs d’entreprises. Une entreprise en pleine difficulté structurelle notamment après le recrutement de 600 emplois depuis la révolution.

Renforcer le pavillon et récupérer notre mer
En 1990, la Tunisie comptait 29 navires représentant 30% de nos échanges économiques contre 8 navires actuellement avec seulement 11% de nos échanges.  La Tunisie a perdu depuis 3.000 milliards de dinars de frais de transport assurés par des étrangers. Cela fait trente ans que la Tunisie  n’a pas procédé à aucune réforme portuaire ou logistique.

A quand la restructuration de Tunisair
Deux avions sur trois décollent en retard, soit 43% de régularité. Et ce n’est pas le seul mal de notre compagnie nationale.  Le ministre des transports ne trouve même pas les mots pour décrire le degré de désarroi autour de ce sujet. « Il est inconcevable pour moi, de me trouver  contraint de recruter avec un effectif de 8.000 personnes.  Sur 560 bagagistes, il existe 70 chefs. Un excès de zèle flagrant et infligeant ». Mais le ministre est déterminé à aller vers la restructuration de Tunisair et aller vers l’assainissement de 1200 employés. Aujourd’hui le transport aérien tunisien représente 3% du PIB contre 52% aux EAU.

 

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