Quand Nidaa Tounes navigue à contre-courant

Alors que la situation dans le pays est des plus difficiles, que les relations entre les partenaires sociaux sont plus qu’électriques et au moment où le pays risque de connaître des moments difficiles en raison de la menace de grève générale brandie par la plus importante centrale syndicale du pays, les dirigeants de Nidaa Tounes cherchent à trouver des explications des plus superflues à leur absence dans une réunion qui, en fait n’a rien apporté aux tunisiens.
Ridha Belhaj, coordinateur général de ce qui reste du mouvement créé par Beji Caïd Essebsi, un mouvement qui s’est effrité depuis le départ de son initiateur, est sorti médiatiquement pour nous fournir les raisons de l’absence de son parti vendredi à Carthage.
On ne pouvait trouver meilleure explication que celle que cette absence est justifiée par le fait que cette rencontre n’a réuni que le chef du gouvernement, le président de la république et les représentants des partis de la coalition gouvernementale. Une reconnaissance implicite que les problèmes du pays ne les concernent pas à Nidaa, du moment que c’est Youssef Chahed qui est au gouvernail.
Ridha Belhaj n’a pas omis de reconnaître le rôle combien précieux du président de la République en tant que garant du respect de la Constitution. Cela s’imposait.
« La réunion de Carthage ne concernait que les parties en charge de la conduite des affaires du pays, c’est à dire la nouvelle troïka composée d’Ennahdha, de Machrou Tounes et du bloc parlementaire de Youssef Chahed et c’est ce qui explique notre absence n’étant pas partie intégrante du pouvoir. Les ministres nidaïstes ne nous représentant pas« , a-t- déclaré.
Alors que la déception était totale dans tous les milieux concernés par les affaires du pays et particulièrement chez les citoyens qui espéraient une décrispation de la situation, Ridha Belhaj trouve une pleine satisfaction dans le fait que Beji Caïd Essebsi fasse assumer la responsabilité de la détérioration de la situation aux parties présentes. Comprendre par-là, en premier lieu Chahed et son gouvernement.
Le coordinateur général du parti vainqueur des élections de 2014 se dégage et dégage son parti de toute responsabilité alors même qu’ils sont à l’origine de la grave crise politique dans laquelle se débat le pays et par conséquent de tous les maux que le tunisien vit depuis quelques temps.
Le fait de dire que Nidaa Tounes oeuvre pour le bien et l’intérêt du pays et de considérer que le gouvernement actuel et l’entêtement de Youssef Chahed dans sa démarche et son inconscience de la dangerosité de la situation et sa fuite en avant ne résoudront pas les problèmes du pays et que la solution est de réfléchir à nouveau  à composer un nouveau gouvernement, dénote d’une irresponsabilité manifeste à l’encontre du pays et d’une insouciance injustifiée des véritables enjeux de l’étape. Cela dénote, également d’une démission totale des affaires du pays pour des règlements de compte personnels dont le tunisien n’a que faire.
Affirmer par ailleurs, « qu’au cas où une démarche nationale est adoptée pour trouver une solution aux problèmes qui se posent, Nidaa Tounes y participera« , relève tout simplement de l’opportunisme politique à la veille d’élections dont le parti n’est pas assuré d’en sortir indemne.
Il est temps de passer à autre chose et d’oublier ses rancœurs. Et puisque on se plait à citer le président de la république, Beji Caïd Essebsi l’a spécifiquement mentionné dans son allocution introductive.

F.B

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