Majdouline mise au ban par Ennahdha pour avoir « humilié » Ghannouchi ?

Pour sa première sortie médiatique depuis son limogeage du gouvernement, tout le monde s’attendait à ce que Majdouline Cherni parle de la présumée affaire de l’humiliation d’un haut cadre de la garde nationale qui risque de l’amener devant la justice et qui fait son actualité. Ce n’était pas le cas, le journaliste aurait préféré, peut être, ne pas en parler. Dans l’interview qu’elle a accordée à Jawhara Fm, l’ex-ministre de la jeunesse et des Sports a livré des informations croustillantes en dehors de cette affaire.
Majdouline a estimé qu’elle fait toujours l’objet d’une campagne de dénigrement de grande envergure lancée à son encontre par certaines parties qui seraient dérangées par ses positions fermes en matière de lutte contre la corruption mais également par ses efforts en vue de faire avorter toutes les tentatives d’infiltration des institutions de l’Etat et les structures du département qu’elle dirigeait.
« J’estime que la campagne de dénigrement anormale qui est en train d’être menée à mon encontre, est loin d’être une affaire personnelle. Je pense qu’elle est plutôt lancée contre Majdouline, en tant que symbole de lutte contre la corruption, le terrorisme et tous types d’harcèlement et de pressions » a-t-elle affirmé.
Elle est revenue sur l’affaire de diffamation portée à son encontre par l’avocate Leila Haddad, affirmant qu’il y a eu une grande confusion entre Majdouline Cherni en tant que citoyenne et Majdouline la ministre. Elle a dans ce contexte estimé qu’on cherchait à travers cette affaire à la dénigrer. « Je n’ai jamais reçu de convocations en mon nom. Toutes les convocations de justice ont été adressées au ministère… En tant que citoyenne je respecte la loi et les procédures judiciaires. L’institution judiciaire est une institution indépendante et digne du respect et je ne permettrai à personne de violer la loi. Même s’il y a des dépassements, cela ne représente que des personnes et non la justice… J’ai refusé de m’exprimer sur cette affaire dans les médias car je ne voulais pas influencer le processus de la justice… Toutefois, je souhaiterai bien voir la justice traiter des affaires liées à la corruption, la contrebande et au terrorisme avec autant de rapidité et de fermeté » a-t-elle lancé.
Par ailleurs, Majdouline Cherni  a estimé que tout au long de sa mission à la tête du ministère de la jeunesse et des sports, elle a fait preuve de résistance face à une série de pressions et de tentatives d’infiltration de la part de certaines parties politiques. Elle a dans ce contexte rappelé que le secteur des sports est un secteur qui intéresse les partis politiques ajoutant que certains politiciens cherchent à profiter des manifestations sportives de grande envergure pour servir leurs campagnes électorales.  « Lors d’une importante manifestation sportive de Taekwondo, j’ai dû intervenir ainsi que le président de l’Union Internationale de taekwondo, en vue de faire exclure le chef du mouvement Ennahdha Rached Ghannouchi de la tribune d’honneur après qu’Ahmed Gaaloul, ancien président de la Fédération tunisienne de taekwondo (Devenu secrétaire d’Etat auprès du ministère de la jeunesse), lui a attribué un siège à cette tribune. Rached Ghannouchi a été ce jour là prié de rester dans la zone réservée aux spectateurs. Je n’ai fais que respecter le protocole et la loi. Je n’ai pensé qu’à l’intérêt de la Tunisie. Toutefois, ce comportement, a dérangé les nahdhaouis, qui n’ont pas hésité à adresser un message menaçant aux cadres du ministère de le jeunesse « dites à votre ministre que ceci ne passera pas sous silence et que nous ferons le nécessaire » a-t-elle lancé.
Majdouline Cherni a précisé que le chef du gouvernement a été officiellement informé de cette agression verbale ajoutant que Chahed a mis l’accent sur la nécessité de veiller à ce qu’il n’y ait pas un conflit d’intérêts et une confusion entre la politique et les sports.
Elle a par ailleurs, affirmé qu’elle n’exclut pas le fait que des choix politiques soient à l’origine de son éviction du gouvernement de Youssef Chahed lors du dernier remaniement. « Quand vous respectez la loi et vous faites une politique propre, vous risquez systématiquement de déranger certaines parties qui considèrent le secteur des sports comme une réservoir électoral. Majdouline Cherni, la ministre est partie, mais celle qui est le symbole de la résistance est toujours là. Mon statut a changé mais pas mes principes. Si Ennahdha est à l’origine de mon éloignement du gouvernement, j’en serai ravie et fière » a-t-elle lancé.
En ce qui concerne ses projets politiques pour la période à venir, Majdouline Cherni a rappelé qu’elle fait toujours partie de Nidaa Tounes, estimant que ce dernier existe toujours. « Aucun des ministres et à leur tête le chef du gouvernement Youssef Chahed, n’a osé démissionner de Nidaa Tounes, jusque là, ceci est une grande preuve que Nidaa Tounes est toujours là… Avec tout mon respect à mes collègues et amis, je suis aujourd’hui fière de ne pas avoir fais du tourisme partisan. Il est vrai que Nidaa Tounes souffre de certains maux et conflits, sa reconstruction nécessite aujourd’hui l’union de toutes les parties. Il est grand temps d’abandonner l’esprit des slogans et l’attitude narcissique pour pouvoir avancer. » a-t-elle indiqué.

 

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