8 ans après, que reste-t-il de l’étincelle de Sidi Bouzid ?

Il y a 8 ans, jour pour jour, Sidi Bouzid a été marquée par un événement qui a changé la face de la Tunisie pour le meilleur et pour le pire : le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi s’immolait par le feu en signe de protestation contre le chômage et les conditions de vie difficiles.
Cette étincelle, partie de ce que l’on considère comme le berceau de la révolution et du « Printemps Arabe », a suscité une vague de protestation et d’indignation qui a gagné, progressivement, une très grande partie des gouvernorats de Tunisie. La situation est inédite pour le gouvernement de l’ancien président de la République, Zine Abidine Ben Ali. Dans un premier discours, ce dernier a voulu hausser le ton, qualifiant les protestations d’actes de vandalisme. Son second discours, pour sa part, était plus conciliant, mais il était insuffisant pour calmer l’ardeur d’un peuple longtemps emprisonné dans la dictature.
Vient alors le discours de la soirée du 13 janvier 2011, lorsque Zine Abidine Ben Ali a voulu sortir la carte de l’apaisement. « Je vous ai compris : j’ai compris le chômage, le pauvre et les demandeurs de davantage de liberté », avait-il alors déclaré. Mais ça ne passe toujours pas. Les manifestations ont même gagné la capitale. On se souvient de cette scène historique, lorsque des milliers de tunisiens se sont rassemblés devant le ministère de l’Intérieur à Tunis, en scandant, en chœur, « dégage » (vidéo ci-dessous). Résultats : fuite de l’ancien président le 14 janvier 2011. La suite, nous la connaissons.
La Tunisie jouit aujourd’hui de la précieuse liberté d’expression et celle de la presse, mais surtout de la démocratie. Cependant, 8 ans après l’étincelle, un sentiment général d’amertume s’est répandu chez le peuple, confronté aux mêmes problèmes contre lesquels il s’était pourtant soulevé : chômage, baisse du pouvoir d’achat, pauvreté. D’autres tunisiens ont le sentiment que leur Révolution leur a été confisquée par une classe politique qualifiée « d’opportuniste« .

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