Mustapha Ben Ahmed : « pourquoi ce n’est pas Chahed qui est derrière nous ? »

Invité à la Matinale sur shems FM, Mustapha Ben Ahmed, président du bloc parlementaire nouvellement constitué, la « Coalition nationale », a affirmé que leur objectif n’est pas de devenir le premier bloc au sein de l’ARP mais d’avoir un rôle et une influence au sein du parlement, qu’on soit 40, 10 20 ou 30, le nombre n’est pas important. On était dans un bloc formé de 86 élus mais on n’avait pas beaucoup d’influence.
A la question de savoir si, avec 41 députés et une coalition avec Ennahdha  ils ne constitueraient pas une majorité écrasante à l’ARP, Mustapha Ben Ahmed rétorque que cela n’est pas l’objectif des démissionnaires de Nidaa Tounes et qu’ils pourraient s’entendre avec ceux qui partagent les mêmes objectifs et cela dépendra des positions et des questions qui seront soulevées par l’assemblée.
Avec Ennahdha nous avons plusieurs points de désaccords. Nous avons de grandes contradictions, par exemple, dans l’évaluation de ce qu’on appelle IVD, d’autres concernant les conditions dictées par ce parti à la scène politique nationale.  Il est vrai qu’il y a des points de rencontre et pas seulement avec Ennahadha mais aussi avec d’autres élus et d’autres parties, en ce qui concerne la stabilité politique.
Mustapha Ben Ahmed s’est à l’occasion interrogé sur cette volonté de considérer leur bloc comme celui de Youssef Chahed. « Je ne comprend pas comment on peut être plus transparent, ou on est inclus comme étant les partisans  d’une personne. Si l’on disait que cela est vrai, est ce que cela enlèverait l’étiquette langue de bois à notre discours ? Certes non, car ce serait de la langue de bois que de dire que nous sommes les partisans de Youssef Chahed. La raison ? C’est que nous sommes le résultat de conflits, de tiraillements et de différends qui précèdent Chahed det ce depuis 2012, bien avant les élections. Ces conflits se sont accentués après 2014. Pour rappel, Youssef Chahed était dans le clan de la personne avec qui nous sommes en conflit. Aujourd’hui, il y a un point de rencontre entre nous, pourquoi ne pas dire que c’est lui qui est derrière nous ? Et c’est très important car ceci est une rétention voulue de l’objectif à l’origine de la constitution de notre bloc.
Cet objectif trouve ses origines dans une réaction à une crise politique continue, réaction à l’éparpillement et à l’instrumentalisation. Se croiser avec Youssef Chahed n’est ni un crime ni un grave soupçon. Mais on n’est pas dans la logique d’un bloc parlementaire partisan de Youssef Chahed. Nous sommes une réaction à  la crise. Des gens se sont joués de nous. Nous nous sommes présentés pour un projet, ces mêmes gens se sont accaparés du pouvoir et ont commencé à adopter des politiques  contraires à ce qui avait été convenu, nous avons compris que cette voie est très difficile et ne mène à rien, Nous avons cherché à reprendre les choses en main et à reprendre l’initiative et chercher notre voie. L’idée de l’unification n’est pas nouvelle, cela fait des mois qu’on y pense. Les choses ont mûri avec la complication de la situation de crise, les députés se sont vu prêts à constituer une force qui remettrait les choses sur la bonne voie. Si dans ce cadre, Youssef Chahed va bénéficier d’une seule de nos positions à savoir qu’on est contre les changements parachutées non argumentés qui se font en dehors du cadre constitutionnel. Sans plus ».
Et le député d’assurer qu’« au cas où un vote de retrait de confiance du gouvernement aurait lieu dans la forme présentée actuellement, son bloc voterait contre. Dans le cas où il y aurait une évaluation objective pour connaître qui est responsable de la crise, il se peut qu’on change de position étant donné que nous sommes une coalition donc une diversité de points de vues. Il faut dire que pour nous, le véritable responsable de cette crise n’est pas le gouvernement. Selon nous ce sont les lobbys qui ont empêché le gouvernement de travailler, les lobbys qui ont imposé les quotas, celles qui ont engendré des consensus partisans étriqués aux dépens des intérêts nationaux ».
S’agissant des prochaines élections, Ben Ahmed a indiqué que d’abord, « un bloc parlementaire ne peut s’inscrire dans cette échéance dans la mesure où ce n’est pas un parti politique. Nous considérons que nous avons un rôle important à jouer au cours de l’année cruciale qui nous sépare des élections.
Politiquement la majorité des membres de la coalition se situent dans la famille centriste démocratique que nombre de membres de Nidaa Tounes dans sa version originelle exprimaient. Ce n’est plus le cas aujourd’hui avec  la version clonée du parti.
Nous sommes pour la reconstruction et le retour à ces principes parce que nous sommes convaincus que sans une force politique, rien ne se fera et rien ne bougera ni sur le plan politique ni celui économique ou social. Et nous avons perdu cette force. Nous allons œuvrer jusqu’à le fin du mandat pour faire réussir les élections pour assurer l’équilibre des forces. Tout déséquilibre est catastrophique pour le pays. Il faut retrouver l’équilibre face à Ennahdha qui, aujourd’hui,  est redevenue hégémonique ». S’agissant de la similitude de vues entre la Coalition nationale et Ennahdha à propos de la stabilité gouvernementale, Mustapha Ben Ahmed a été catégorique, « nous ne sommes pas mis d’accord avec Ennahdha sur cette question. On s’est croisé sur ce point et chacun pour ses raisons propres. Ennahdha défend Chahed parce qu’elle a peur de voir ses acquis menacés, alors que nous c’est par crainte de voir nos rangs s’affaiblir davantage ».
Par ailleurs et à propos de la rumeur faisant part que Youssef Chahed va demander à certains de ses ministres, ceux convoqués par Hafedh Caïd Essebsi, de choisir entre le gouvernement ou Nidaa, Ben Ahmed s’est déclaré contre cette éventualité considérant que Chahed n’a pas le droit de le faire. Il ne peut qu’exiger une obligation de réserve de la part de ces ministres sans plus.

 

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