« La patrie avant le parti »…et mon fils avant tout (Suite et fin)

Moncef Kammoun

Dimanche soir, j’ai retrouvé comme tous mes concitoyens, le président au charisme intact toujours
habité par le sens de l’humour, séduisant par sa vivacité d’esprit et son sens de la formule.
Mais le Pays va mal, la situation politique aujourd’hui est catastrophique et ça ne peut pas durer.
Monsieur le président,
Les Tunisiens sont perdus face à ces débats politiques creux et stériles. Désillusionnés, ils ont fini par perdre leurs repères. Ils espèrent que leur vie quotidienne s’améliore mais notre pays sombre dans le doute. Il est insupportable de voir, aujourd’hui, notre beau pays s’enfoncer dans ce désastre économique, social et sécuritaire, alors qu’il dispose de tous les atouts pour réussir.
Monsieur le Président,
La feuille de route vous engage et un regard critique vous observe, nous attendons de vous, des signaux positifs à même de justifier la confiance placée en vous, la crise actuelle ne sera pas résolue par des discours mais par des actes qui donneront aux citoyens l’assurance que leur nation et ses valeurs sont protégées.
Les citoyens ne peuvent plus se contenter de suivre la volonté indécise et fractionnée des partis politiques et le chef du gouvernement «celui-ci ou un autre» doit remanier l’équipe pour la rendre plus homogène.
Encore un effort monsieur le président,
La Tunisie a besoin d’une dynamique politique exceptionnelle pour nous éviter le chaos.
Faites en sorte que la bonne gouvernance soit le moteur de notre machine étatique.
Monsieur le président
Vous disposez de tous les leviers de transformation et de modernisation de l’Etat, Je ne sais pas s’il est encore temps de réagir mais on doit s’engager et sans délai dans les vraies batailles de la Tunisie : celle de la sécurité et la lutte contre la mafia, celle de lutte contre une faillite certaine du pays et celle de la décentralisation, de la solidarité nationale et non dans les guerres des parrains de l’argent politique, des règlements de compte par des statuts sur les réseaux sociaux et des conférences de presse interposées.

Je vous rappelle monsieur le Président
Le mode d’accession au pouvoir par le biais de parenté a existé dans les années 2000 mais conditionné par la mort des dictateurs.
La République Démocratique du Congo en premier lieu en 2001 puis en 2005 la République Togolaise et enfin en 2009 la République Gabonaise, mais cette formule, semble exercer sur les chefs d’Etat Africains et qualifiés pourtant de pays démocratiquement avancés comme le Sénégal ou le président Wade a bien cherché à léguer le fauteuil présidentiel à son fils Karim mais le fiston, malgré tout, fut largement battu.
Quant au monde arabe il s’est mis à s’inspirer du modèle syrien, en effet en 2000 suite au décès de Hafez el-Assad son fils Bechar lui a succédé et depuis, les présidents Kadhafi et Moubarak fascinés eux aussi ont préparé activement leurs fils à la fonction présidentielle Seif al-Islam pour la Libye et Jamal Moubarak pour l’Egypte mais les révolutions dans ces deux pays ont arrêté cette mascarade.
Monsieur le président,
Vous le savez beaucoup plus que quiconque qu’après la révolution aucun espoir de voir votre fils à votre place et ce n’est pas parce qu’il est votre fils mais parce qu’aujourd’hui un élu doit convaincre et votre fils ne convainc pas, seulement 5% des personnes interrogées ont confiance en lui selon Sigma Conseil.
Hafedh aujourd’hui a les mêmes droits et chances que tout autre citoyen Tunisien.
Des fils de politiciens qui font de la politique existent partout dans le monde et dans les grandes démocraties en Europe et en Amérique, le jeune homme de 44 ans, Monsieur Justin Trudeau, le Premier ministre du Canada, et très apprécié par son peuple, n’est que le fils d’un ancien Premier ministre, qui a gouverné à Ottawa pendant près de deux décennies.
Monsieur le président
votre fils n’a aucune assise populaire, il ne possède aucun charisme et il est incapable de formuler une phrase complète ou d’assister à un plateau télévisé encore moins de présider un meeting politique, votre fils en question, Monsieur le président, est un homme d’une flagrante nullité politique, parachuté par votre soutien dans les affaires publiques mais semble ne rien piger, il ne brille ni par sa présence, ni par son envergure, ni par son éloquence toujours masqué, dans l’ombre, isolé dans sa cachette, renfermé dans son silence, son seul plaisir c’est de tirer les ficelles sans oser sortir au grand jour.
Monsieur le président
Votre parti Nidaa Tounes auquel nous avons tous adhéré et qui a été créé au départ par votre équipe de patriotes est devenu depuis le congrès de Sousse, en janvier 2016, où votre fils s’est auto-désigné directeur exécutif, un corps sans vie que les opportunistes s’arrachent.

La vie politique du père ne tient qu’à un fils

Monsieur le président
Quand l’ambition de votre fils se conjugue avec l’arrogance, l’insolence et le mépris total des règles qui régissent, le résultat ne peut être que la perte de vos électeurs, un million déjà de voix entre les législatives de 2014 et les municipales de 2018.
Monsieur le président
La Tunisie toute entière est en train de subir vos dérives quant au soutien de votre fils, en effet et connaissant parfaitement ses capacités limitées et conscient de sa médiocrité en politique, vous avez décidé de le soutenir, votre fils en question,  n’a aucune chance de réussir en politique parce que les Tunisiens savent qu’il est incapable de mener une véritable discussion politique et encore moins de dresser un programme et avoir une vision d’avenir.
Votre fils au grand nom, en politique doit attendre qu’il se fasse un prénom, surtout qu’il est relativement jeune. Quant à vous Monsieur le Président en choisissant cette politique de soutien aveugle vous risquez de perdre tous vos électeurs.
Enfin je voudrais finir par vous dire, n’oubliez surtout pas votre fils en sortant l’année prochaine.

*M.K Architecte

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