Accord de Carthage : c’est le gouvernement qui paye !

Par - 14 Jan 2018

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Ils se sont réuni et ils se retrouveront sous peu. « Ils », ce sont les signataires du pacte de Carthage présidés par le chef de l’Etat, Beji Caid Essebsi. Des absents? Il y en a eu : le mouvement du peuple et, bien sûr, Afek Tounes qui a quitté le groupe.
Les trois représentants des trois grandes organisations nationales traditionnelles, Noureddine Tabboubi (UGTT), Wided Bouchemmaoui (UTICA) et Abdelmajid Ezzar (UTAP) étaient au rendez-vous, Mais, par contre une nouvelle recrue, la présidente de l’UNFT désormais organisation nationale. les temps sont durs et ce ne sont pas les préoccupations qui manquent.
Bref, si la réunion s’est tenue aujourd’hui alors qu’une certaine accalmie règne après les dernières tensions que le pays a connues, l’urgence était toujours là. Trouver des solutions  pour désamorcer la situation liée à certains articles de la loi de finances qui, après son adoption à l’ARP, suscite une grande contestation.
Et c’est justement cette question intimement liée à la hausse des prix et aux manifestations de violences qu’elle a engendrées qui a été à l’ordre du jour de cette réunion.
Et les présents c’en sont donnés à cœur joie et le gouvernement en a pris plein la gueule. Surprenant.
Alors que le sondage de l’IRI, (Institut Républicain International), faisait état que malgré les protestations en cours contre les mesures d’austérité du gouvernement, Youssef Chahed bénéficie d’un taux de satisfaction de 67% des personnes interrogées, messieurs du Pacte de Carthage ont un avis contraire. Ils ne sont pas contents du rendement du gouvernement et de sa gestion des derniers événements. Et pour exprimer cela, les critiques ont fusé de toute part.
Certains signataires ont oublié qu’ils font partie de ce gouvernement d’union nationale duquel ils se sont désunis pour mettre chacun à l’index des ministres qui ne font pas partie de leur famille politique. Et dans ce registre tous sont imbattables et tout le monde y passe, des ministres aux chefs d’entreprises en passant par des responsables régionaux et même locaux : gouverneurs et délégués agrémentent la liste.
Le pays va mal, très mal même et ceux qui on pour charge de trouver des solutions s’amusent à se lancer des piques. Désolant.bce
Beji Caid Essebsi, quant à lui, tenu a redéfinir les responsabilités, précisant que l’accord de Carthage n’est pas le gouvernement et que l’union nationale exige qu’on soit d’accord sur l’essentiel abstraction faite sur « les différends sur l’important« .
Il ne manquera pas lui non plus de mettre son petit grain de sel en évoquant les lenteurs dans la réalisation des objectifs fixés pour le gouvernement, en particulier, la mise en place des instances constitutionnelles et le mise en oeuvre des réformes.
Des constats et des piques, BCE ne s’en est pas privé. A commencer par les médias étrangers. Pour le chef de l’Etat, « ont exagéré ce qui se passe, contrairement aux médias nationaux qui ont été plus factuels et qui ont relayé les choses telles qu’elles sont ».  Il pointera du doigt  « certaines tendances politiques qui se réfugient auprès des médias étrangers pensant que cela pourrait impacter sur l’action des autorités et sur la situation dans le pays », et d’ajouter que « la presse étrangère a souillé l’image de la Tunisie car elle a été motivée par des personnes, en Tunisie même, pour le faire ».
Côté constat, il rappellera que « le chômage crée les tensions sociales et politiques ».
Plus encore, il affirmera que « l’environnement politique n’est pas sain dans notre pays et cela décourage les investisseurs ».  BCE précisera  dans le sens d’un rappel de son choix de gouvernance. A ce propos il soulignera  « nous avons tenu à gouverner autour d’un consensus, nous sommes bien au courant de qui a gagné les élections mais nous avons estimé que la Tunisie appartient à tous et que chacun doit participer. Nous sommes face à de grandes difficultés mais nous pouvons les surmonter grâce à notre consensus, ceux qui veulent parler qu’ils parlent, et ceux qui se désolidarisent de nous sont libres mais qu’ils nous laissent travailler « . BCE a voulu être clair. Il l’a été en attendant le prochain rendez-vous des signataires du pacte. Un laps de temps très important pour qu’ils réfléchissent aux suites à donner aux propos du maître de cérémonie.

F.B

 

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