Foire internationale du livre de Tunis : Qu’y a-t-il de nouveau cette année ?

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La nouvelle session de la foire internationale du livre de Tunis, qui aura lieu du 25 mars au 03 avril 2016, sera marquée par plusieurs ateliers, activités parallèles, invités prestigieux et ouvrages présentés au public tunisien. La France sera l’invitée d’honneur de cette 32ème édition. Toutes les tranches d’âge sauront trouver leur bonheur auprès de 237 exposants de 23 pays arabes et étrangers.

Le directeur de cette nouvelle édition de la foire du Livre, Adel Khedher, est revenu, lors d’une interview accordée à Réalités Online, sur les grandes lignes de cette session et sur la relation du tunisien avec le livre.

Par rapport à l’année dernière qui était une excellente foire grâce à la mise à l’écart des livres intégristes, est-ce que cette année aussi l’effort de sélection a été fait ?

La sélection a été prise encore plus au sérieux cette année et nous n’avons laissé que les livres « acceptables« . Il y a tout un comité chargé de veiller sur le contenu et le choix des livres qui seront présentés pendant la foire, que ce soit des ouvrages intégristes ou pas. Nous acceptons aussi les nouveaux livres mais dont le contenu est « clair ».

Cette année l’invité d’honneur est la France. Est-ce que les informations portant sur  le retrait de sa candidature pour des raisons de sécurité sont fondés?

Absolument pas. L’année dernière nous avons choisi la France pour être notre invité d’honneur, mais l’invitation a été envoyée en retard. Elle n’a donc pas pu participer. C’est juste une question de protocole. Pour cette nouvelle édition, nous avons envoyé l’invitation en septembre 2015. Le seul souci rencontré est le changement des ministres de la Culture tunisien et français et nous l’avons dépassé. La France a accepté volontiers notre invitation et les informations évoquant le retrait de sa candidature à cause de la situation sécuritaire de la Tunisie sont totalement fausses.

Que prévoit la foire pour les jeunes lecteurs cette année ?

La tranche d’âge entre l’adolescence et la trentaine est assez difficile comme cible. Parce qu’ils ne sont considérés ni des enfants ni des adultes et les maisons d’édition tunisiennes ne se focalisent généralement pas sur ce que cherchent ces jeunes dans les livres.

Et concernant les enfants ?

Pour les enfants, il y a toujours du nouveau. En plus les maisons d’édition tunisiennes publient généralement des ouvrages visant cette catégorie.

Plusieurs études ont indiqué que le Tunisien, comme l’Arabe, lit le quart d’une page de livre par an. Selon vous, quelles sont les raisons de ce phénomène ?

C’est exagéré. Le bureau d’études Sigma Conseil a indiqué, l’année dernière, que le tunisien consacre 170 dinars annuellement pour l’achat des livres. Donc c’est un index que le tunisien lit.  Pour les régions intérieures, c’est vrai qu’il n’y a pas assez de librairies et de bibliothèques. L’objectif est ainsi d’assurer la distribution d’un maximum de livres dans ces zones.

Les tunisiens estiment que le prix des livres est très élevé.

Un des problèmes auquel on est confronté, c’est le prix que certains trouvent élevé. La lecture c’est toute une industrie, donc on pourra trouver des solutions comme la diminution du prix du papier ou le financement des sociétés dans ce secteur. Mais selon moi, ceci ne peut empêcher le tunisien de lire.

Qui seront les invités de cette 32ème édition ?

Parmi les invités arabes, on trouvera Ali Badr, Sanaâlah Ibrahim ou encore Nouri Zied. Hédi Kaddour et Tobie Nathan, deux grands noms au Prix Goncourt feront également partie de cette édition. L’ancien footballeur français qui est devenu écrivain Lilian Thuram est attendu.

Et concernant la journée dédiée au poète Sghaier Ouled Hmed ?

Oui il y aura une journée consacrée à ce poète tunisien. Il y aura aussi d’autres journées dédiées à Tahar Haddad ou encore Mohamed Laaroussi El Metoui. Nous célébrerons aussi le 170ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage en Tunisie. Donc il y aura plusieurs événements, activités et journées consacrées à la culture, à la littérature ou encore à l’histoire.

Y a-t-il des nouveautés à l’occasion du 60ème anniversaire de l’Indépendance ?

La célébration d’un tel événement n’est pas seulement politique, elle a également un aspect culturel et ça se forge à travers les années, pas en une seule édition. Pour préserver cette Indépendance il faut construire une culture « forte » afin d’éviter que nos jeunes ne tombent dans les pièges. donc avec la culture, notre pays sera protégée de tous les malheurs.

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