Grèves et mouvements sociaux Une spirale alarmante

Grève

 
L’année 2015 a été inaugurée par une vague de grèves sauvages qui ont concerné plusieurs secteurs d’activités dont certains considérés névralgiques comme les transports publics.

Ces mouvements  revendicatifs, pour l’essentiel, sont  survenus au lendemain de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle et en pleine période de tractations pour la formation du gouvernement Habib Essid.

Cette vague, sans précédent a    surpris par son  ampleur et son  extension à des secteurs vitaux de l’économie. Telle une traînée de poudre, ces grèves ont gagné rapidement  les secteurs de l’enseignement, du phosphate et du transport. Celle du transport s’est même étendue aux  régions et à plus d’une société. De nombreux autres préavis ont été lancés dans de nombreux autres secteurs d’activités. Il est fort à craindre que les derniers jours du gouvernement Jomâa n’observent une recrudescence des mouvements sociaux sur fond de demandes d’augmentations salariales.

Ces mouvements  interviennent au moment où le pays traverse une conjoncture économique difficile et fait face à des menaces terroristes sérieuses.  L’UGTT, instigateur de ces mouvements,  entend obliger le gouvernement provisoire  à revaloriser les salaires dans les secteurs public et privé avant qu’il ne plie bagage.

Ces grèves à répétition risquent d’aggraver les difficultés économiques dont souffre le pays notamment au niveau de ses finances publiques. D’ores et déjà, l’ardoise que doivent payer les entreprises où ces mouvements ont été les plus virulents est déjà lourde.

Pour la Transtu, la grève de trois jours devrait lui coûter une perte sèche de 420 mille dinars. Pour la société de transport des phosphates, le manque à gagner est encore plus lourd, estimé à  40 MDT.

Il est à signaler que  la production de la CPG a régressé de 59% alors que les ventes ont plongé de 45%. Les arrêts de production ont oscillé entre 42 et 309 jours pour la CPG, selon les sites, tandis que ces arrêts pour le Groupe chimique tunisien (GCT) sont estimés à 76 jours en moyenne, et les unités du groupe n’ont fonctionné qu’à hauteur de 66% de leurs capacités.

Il faut rappeler par ailleurs, que durant l’année 2014, le nombre des grèves a augmenté de 13% en comparaison avec 2013. 33% de ces mouvements  ont  un caractère purement revendicatif direct (salaires) et 48 % ont  un caractère revendicatif indirect (amélioration des conditions de travail).

Plus alarmant, on a enregistré une hausse de 61% du nombre de jours de travail perdus. Le nombre des entreprises touchées par ces grèves a reculé de 23%. En effet, ces grèves ont touché 206 entreprises dont 173 privées.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes.  53% des grèves sont autorisées, 47%, sont sauvages. Le secteur des services et de la maintenance a affiché le pourcentage le plus élevé en matière de préavis (21%), suivi par le secteur de textile (20%) et les industries manufacturières (17%).

En ce qui concerne la répartition des grèves par région, le gouvernorat de Sfax figure parmi les régions les plus affectées par les grèves (18%), suivi par Ben Arous (15%) et Zaghouan (8%).

 

Ouverture d’une enquête

Le ministère public auprès du tribunal de première instance de Tunis a décidé d’ouvrir une enquête judiciaire contre toute personne ayant appelé ou incité au  maintien de la grève des transports publics, déclenchée lundi12 janvier 2015 sans préavis et suspendue le vendredi 16 janvier 2015.

Les agents réquisitionnés  ayant refusé d’obtempérer à la décision du gouvernement seront jugés pour entrave à la liberté de travail comme le stipule le code du travail.

La brigade de la police judiciaire et la brigade des recherches et des investigations de la Garde nationale ont été chargées de mener l’enquête.

S.K

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