Rétrospective : 14 choses à savoir sur l’année 2014

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Comme celles qui l’ont précédée, l’année qui s’achève a été riche en événements gais ou tristes, heureux ou malheureux pour notre Tunisie… Elle se termine avec ce second tour des élections présidentielles qui ont fait couler tant d’encre. Mais qui se souvient encore de tous ces événements ou encore des noms et des têtes des 27 candidats qui se sont confrontés à l’élection présidentielle ?

Le temps qui passe efface de notre mémoire les choses inutiles, les informations superflues, les images qui n’ajoutent rien à notre vie… Nous avons donc tenté de nous remémorer les faits saillants, les dates importantes de l’année 2014, qui, comme nous allons le voir a été riche en événements qui dessineront l’avenir de la Tunisie pour longtemps.

 

Un gouvernement chasse l’autre

Cette année 2014 a commencé par une interrogation angoissante : Ali Laârayedh, démissionnera ou ne démissionnera pas ! Faisant souvent marche arrière, l’éphémère premier  ministre de l’époque a fini par céder aux pressions plus ou moins amicales de ces mystérieuses forces occultes qui tirent les ficelles dans l’ombre. Des éminences grises qui peignent souvent le monde en noir !

Auparavant, cet ancien premier ministre avait dû faire marche arrière sur « le » sujet polémique de l’époque : l’augmentation excessive des taxes sur les véhicules, plus connues sous le nom de vignettes. Un mouvement populaire spontané qui a fragilisé un peu plus un pouvoir aux abois, obligeant le gouvernement à faire volte-face, ce qui l’a décrédibilisé encore et encore… Sentant la colère monter dans les quatre coins du pays, le mouvement Ennahdha, a fini par demander la révision des nouvelles taxes sur les voitures inclues dans la loi de Finances 2014.

Pendant ce temps, la formation d’un gouvernement de technocrates attendait dans l’antichambre du pouvoir. Finalement, c’est fin janvier que la passation des pouvoirs officiels entre le chef du gouvernement démissionnaire, Ali Lâaryedh, et le chef du gouvernement nommé, Mehdi Jomâa, aura lieu au palais du gouvernement de la Kasbah. Un gouvernement de technocrates qui va tenter de remettre, souvent avec succès, le pays dans le sens de la marche, après bien des erreurs et des atermoiements.

 

Promulgation de la Constitution

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Le parti Ennahdha venait pourtant de remporter une victoire avec l’adoption de la Constitution. Un texte longtemps attendu et que les Tunisiens allaient fêter malgré quelques réticences, quelques inquiétudes même. Avec la signature de cette Constitution, la Tunisie a malgré tout vécu un moment charnière de son histoire et une étape décisive de la transition démocratique.

Les jalons d’un État démocratique étaient ainsi posés malgré les réserves. Le président de l’ANC de l’époque, Mustapha Ben Jâafar a déclaré : « la Tunisie a donné à tous les pays de la région un modèle avant-gardiste en matière de transition démocratique.» Il a ajouté que cette réussite traduit « la profondeur de la lutte du peuple tunisien pour s’affranchir du joug de la dictature ».

La cérémonie de la ratification de la Constitution a eu lieu le 7 février 2014 et de nombreuses personnalités internationales n’ont pas manqué de saluer ce nouveau né. Présent à cette cérémonie, le président François Hollande avait salué l’adoption de la Constitution tunisienne « qui marque une étape cruciale et décisive du processus de transition et sert de modèle à tous les pays dont la transition a été compromise ». Outre cet hommage à la constitution tunisienne, François Hollande avait réaffirmé le  soutien de la France  à la Tunisie. Il a ajouté que les subventions françaises pour la Tunisie sont prêtes.

Claude Bartolone, le président de l’Assemblée nationale française, a félicité le peuple tunisien de l’adoption de sa nouvelle Constitution, la qualifiant «d’étape décisive pour le pays». Catherine Ashton, à l’époque Haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères a tenu à féliciter le peuple tunisien pour l’adoption de sa Constitution. De son côté, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon s’est  félicité  de l’étape historique franchie par la Tunisie avec l’adoption de sa nouvelle Constitution. Il avait déclaré : « l’exemple tunisien peut être un modèle pour les autres peuples aspirant à des réformes. »

La veille, le peuple tunisien avait encore une fois signifié son refus de toutes les formes de violence à l’occasion de la commémoration de la première année de l’assassinat du leader du Front populaire Chokri Belaid. Dans la foulée, la date du 6 février a été décrétée « journée nationale de la lutte contre la violence politique » par la présidence de la République.

Le pays va vivre une relative accalmie suite à l’adoption de la Constitution et la remise du pouvoir par les islamistes d’Ennahdha à un gouvernement de technocrates et, début mars, l’état d’urgence sera levé. Des soldats sont toutefois régulièrement tués ou blessés par des mines sur le Mont Chaambi et dans le nord-ouest du pays, en plus de quelques actions sporadiques dans la banlieue de la capitale

 

Actes terroristes

Une violence qui va pourtant continuer tout au long de l’année, emportant avec elle des dizaines de jeunes soldats et autres membres de la Gendarmerie nationale dans diverses régions du pays. Cela a commencé dès les premiers jours de 2014 à Raoued, dans la grande banlieue de Tunis, où un gendarme et quatre terroristes armés vont être tués dans des affrontements qui vont durer plusieurs heures.

En février, quatre personnes, dont deux gendarmes, seront tués par un groupe armé dans la région de Jendouba. Les gendarmes sont intervenus après avoir reçu des informations indiquant que des suspects bloquaient une route, mais à leur arrivée, un groupe de quatre hommes a ouvert le feu, tuant deux agents. Auparavant, au même endroit, le groupe avait abattu deux autres personnes.

Même la maison familiale du ministre de l’Intérieur ne sera pas épargnée, puisque des terroristes islamistes retranchés à Jebel Chaâmbi sont descendus en ville, à Kasserine. L’assaut, mené peu avant minuit par une dizaine d’assaillants, a visé le domicile du ministre Lotfi Ben Jeddou. Quatre policiers seront tués et deux autres blessés. Le mont Chaâmbi, un massif à la frontière algérienne est en effet le lieu de rassemblement d’un groupe accusé de liens avec Al-Qaïda que l’armée pourchasse depuis deux ans mais qui n’a toujours pas été neutralisé malgré des bombardements aériens réguliers et des opérations au sol.

Le bilan le plus lourd sera infligé à l’armée tunisienne lorsque 14 soldats seront tués et 20 blessés dans une attaque terroriste sur le mont Chaambi. Une attaque qui  s’est produite à l’heure de la rupture du jeûne du Ramadan, lorsque deux groupes terroristes ouvrent le feu à la mitrailleuse et aux RPG sur deux points de surveillance de l’armée.

Ces attaques interviennent presque un an, jour pour jour, après une embuscade tendue à des soldats, également pendant le Ramadan, sur le mont Chaambi, où l’armée traque depuis décembre 2012 un groupe armé lié à Al-Qaïda. A Oued Ellil, six personnes, dont cinq femmes, ont été tuées dans l’assaut lancé par les forces de l’ordre tunisiennes contre une maison de la banlieue de Tunis dans laquelle étaient retranchés des hommes armés. Deux enfants qui se trouvaient dans la maison ont aussi été hospitalisés. Et la liste des méfaits macabres continue au fil des mois, notamment avec cette terrible attaque contre un bus militaire et les nombreuses victimes innocentes qu’elle fera…

Mais d’autres intégristes,  coupables d’autres formes de violence, mènent des attaques d’un autre genre. Au nom de croyances inspirées par le wahhabisme, cette vision étroite de l’Islam, ils font bruler ou bien font exploser les mausolées des saints tunisiens. Ils perturbent les réunions des partis politiques, menacent la sécurité du pays de diverses manières, avec des slogans agressifs et belliqueux.

 

La côte de Mehdi Jomaâ

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Pendant ce temps, Mehdi Jomaâ a commencé à travailler au redressement d’une économie chancelante. Travaillants souvent en collaboration avec le Secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail, Houcine Abassi, il recherchait les moyens de mettre en œuvre les étapes de la fameuse feuille de route du Quartet.

Les deux hommes ont aussi dû s’entendre sur la révision des nominations dans les institutions de l’état, la dissolution des Ligues nationales de la protection de la Révolution (LPR) et veiller à la neutralité des mosquées. Ce dernier point était en effet important, afin de freiner les discours haineux de certains prédicateurs. Le ministre des Affaires religieuses, Mounir Tlili, affirmera quelques jours plus tard  que le ministère a réussi à reprendre le contrôle de 62 mosquées, qui échappaient à son autorité depuis la révolution.

 A l’occasion de ses 100 jours, le Chef du  gouvernement Mehdi Jomâa bénéficiait, selon une enquête auprès des internautes tunisiens, d’une côte de confiance à 87% auprès des internautes tunisiens. Au cours d’une conférence de presse, il abordera les  questions du dialogue national sur l’économie ainsi que les problèmes de sécurité qui continuent à préoccuper les Tunisiens.

Il s’agit notamment de ces djihadistes tunisiens en Syrie qui vont provoquer un choc au sein des familles, surtout avec le «Djihad du Nikah », une forme de prostitution au service des extrémistes engagés dans la sale guerre qui se déroule depuis quelques années déjà en Syrie. Les Tunisiens ont surtout peur de ces vétérans aguerris qui peuvent représenter une menace à leur retour au pays. Selon des experts, la Tunisie fournit le plus gros contingent d’étrangers sur le sol syrien avec plus de 3000 combattants, alors que les autorités tunisiennes assurent avoir empêché le départ de 9000 personnes.

Ces jeunes disent qu’ils ont perdu confiance en l’élite politique et qu’ils ne croient plus, ni en la transition démocratique, ni à une amélioration de leur situation. Le danger, c’est que ces jeunes salafistes djihadistes reviennent au pays en ayant trop changé et ils sont prêts pour mener le combat en Tunisie. Le plus inquiétant que les combattants recrutés ne sont pas uniquement des désœuvrés !

 

Le drame libyen s’invite en Tunisie

En seulement 48 heures de ce mois de mai 2014, le nombre des Libyens qui vont franchir la frontière en direction de notre pays atteint les 7000 personnes. Régulièrement, en fonction de la situation sécuritaire dans ce pays voisin, des centaines de familles traversent ainsi les frontières. Certains sont démunis et ils ont besoin d’une aide immédiate. D’autres, plus fortunés, viennent s’installer dans les grandes villes. Involontairement, ils augmentent les prix des loyers et le coût de la vie, ce qui fait grincer les dents de certains tunisiens parmi les plus démunis.

Stigmatisés par certains tunisiens, accusés d’être riches et arrogants, les réfugiés libyens ont souvent mauvaise presse en Tunisie. Ils sont accusés d’être grossiers avec les femmes et à l’origine de la flambée des prix. Cumulés avec la première vague de réfugiés arrivés après la chute de Mouammar Kadhafi, ils seraient plus d’un million de réfugiés libyens aujourd’hui, selon le ministère tunisien du Commerce.

Un chiffre très important rapporté à une population tunisienne de dix millions d’habitants. Régulièrement, la presse tunisienne rapporte des délits commis par des ressortissants libyens. On a même apprécié le fait que la police tunisienne arrête un Libyen qui faisait du rodéo avec sa voiture à Carthage.

L’image négative de ces nouveaux arrivants avait commencé en 2013 avec la défenestration de deux jeunes filles tunisiennes dans le quartier d’Ennasr. Des Libyens sont devenus violents lors d’une soirée trop arrosée, commettant l’irréparable, ce qui allait alimenter une réputation de mauvais garçons qui s’est largement répandue, mais rarement justifiée, car il ne s’agit que de cas isolés. La plupart des Libyens vivent tranquilles, souvent en famille…

 

Les naufragés du désespoir

Autre conséquence des guerres au Moyen-Orient et en Libye, des milliers de désespérés se jettent en Méditerranée dans des embarcations fragiles à destination de l’Europe. Ils y laissent souvent la vie ou bien ils ont la chance d’être sauvés par la marine militaire italienne dans le cadre de l’opération « Mare Nostrum », au large de l’île de Lampedusa. Ces réfugiés proviennent notamment d’Irak, du Pakistan et de Tunisie.

Des milliers d’immigrants, provenant d’Afrique sub-saharienne, mais aussi du Moyen-Orient et d’Asie centrale tentent chaque année la traversée vers ce qu’ils pensent être l’Eldorado européen, en versant des milliers d’euros à des passeurs sans scrupules. Le pire, c’est que beaucoup de femmes et d’enfants sont parfois du voyage. Près de 80.000 ont accosté en Italie cette année et leur nombre devrait largement dépasser le record de 63.000 établi en 2011.

 

Une assemblée consensuelle

Entre-temps, la nouvelle Assemblée des représentants du peuple a tenu le 2 décembre 2014 sa séance inaugurale. L’élu de Nidaa Tounès et son vice-président Mohamed Ennaceur  a été élu président de l’Assemblée avec 176 pour, 34 bulletins blancs et 4 bulletins nuls sur un total de 214 voix. Le député d’Ennahdha Abdelfattah Mourou a été élu vice-président avec 157 voix.  L’élue de l’Union patriotique libre, Faouzia Ben Fedhal Châar, a été élue deuxième-vice présidente.

Le monde médiatique connait lui aussi des bouleversements importants, à tel point que la HAICA  appellera les radios et télévisions diffusant sans autorisation à arrêter la diffusion durant le mois de septembre, afin d’éviter d’être jugé selon l’article 116. La HAICA a   par la suite ouvert un concours sur dossier pour l’octroi de licences de diffusion. Mais la situation continue à être confuse, car, selon certains « nous sommes dans une période de construction de la démocratie et de son corollaire, la liberté d’expression. »

 

Les journalistes subissent des pressions

Des journalistes tunisiens continuent cependant à subir diverses pressions et agressions. A tel point que « Reporters sans frontières » s’est engagée dans la bataille pour retrouver le journaliste Sofiane Chourabi et le caméraman Nadhir Guetari de First TV, disparus depuis le 8 septembre 2014 Libye. Reporters sans frontières a recensé plusieurs cas de journalistes attaqués et menacés par des individus ou des groupes armés.

Reporters sans frontières partage ainsi les inquiétudes du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) qui a récemment condamné les pressions judiciaires exercées sur les journalistes. En effet, la comparution de Taoufik Ayachi, rédacteur en chef d’Ekher Khabar et du journaliste Moez Elbey, devant le tribunal de première instance d’Ariana suite à la publication d’une interview avec l’ancien chef des renseignements militaires ainsi que la convocation d’Hassen Kerimi de la télévision nationale après la diffusion d’images prises à l’intérieur d’une maison où a eu lieu un échange de coups de feu entre les forces de police et des éléments terroristes, sont des signaux alarmants.

Reporters sans frontières s’inquiète de dispositions qui risquent de porter atteinte à l’exercice de la liberté d’information. Il est à craindre que les sanctions prévues par les articles 28, 33, 51, 58 et 59 n’en viennent à dissuader les journalistes et les blogueurs de poursuivre leur mission et les conduisent à s’autocensurer dans la recherche et la diffusion d’informations.

 

La reprise du tourisme?

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On s’attendait pour l’année 2014 une reprise pour le tourisme tunisien. Mais malgré un léger mieux, la saison a été décevante. La hausse a été de 5,3%, ce qui constitue une croissance réelle mais insuffisante pour rattraper le terrain perdu. Et c’est le marché français, premier pourvoyeur de touristes à destination de la Tunisie, qui a sévèrement fléchi avec moins 8,2%.

Autre difficulté de ce secteur, les recettes en dinars sont en hausse de seulement 2,7% par rapport à 2013 et la croissance est quasi nulle en devises en raison de la baisse de notre monnaie. Autre obstacle, le secteur subit la crise économique mondiale, qui voit les voyageurs dépenser moins. Or le tourisme, qui représente 8% du PIB, est aussi une source de devises clé pour la Tunisie. Les professionnels ne cachent pas leurs craintes, malgré l’accalmie après les trois années difficiles marquées par une instabilité politique et sociale.

Il faut dire que la situation dans certaines régions frôle parfois la catastrophe écologique, comme ce fut le cas cet été à Djerba. Depuis la fermeture, il y a deux ans, de sa principale déchetterie, située à Guellala, « Djerba la douce » est devenue amère. Les autorités se sont renvoyé la balle sans parvenir à endiguer le problème dans des délais raisonnables.

A tel point que certains se sont mis à attaquer, injustement d’ailleurs, Amel Karboul, ministre du Tourisme pour ses «selfies», notamment avec les personnalités qu’elle croise, qu’ils soient Tunisiens ou Français, comme Laurent Fabius, Jack Lang ou encore l’humoriste Michel Boujnah.

 

Hamzaoui et Kafon: Stars de l'année

Et puis il y a certains phénomènes de société qui ont marqué cette année 2014, comme ce « Houmani », un rap chanté par les rappeurs Hamzaoui Md Amine et Kafon sur la pauvreté et la misère morale d’une jeunesse qui ne croit plus en rien. Vu près de quinze millions et demi de fois sur Youtube, ce clip n’a été réalisé qu’avec la modeste somme de 250 dinars dans un décor fait d’ordures et de gravats, de murs tagués et d’habitations qui tombent en ruine.

C’est le terme « houma » (quartier populaire) qui donne son titre à cette chanson qui raconte la vie des jeunes, miséreux, désœuvrés, désespérés. La phrase qui a le plus marqué les jeunes, c’est : « On vit comme des ordures dans une poubelle ». Les raisons d’un tel succès, il faut les chercher dans le thème, parfois évoqué avec des mots crus.

 

Les festivals , encore et toujours 

Cette année a été marquée par la 50e édition du Festival international de Carthage et de Hammamet, annoncés en grandes pompes, mais finalement sans grandes surprises. Shakira est trop chère pour un pays en crise ! Il y a eu une énième édition des JCC qui ont vraiment besoin d’un second souffle et d’une vision plus moderne du 7e Art.

Fadhel Jaïbi a été nommé directeur général du Théâtre national. Cette figure incontournable du théâtre tunisien et arabe succède à Anouar Chaâfi qui a pris la tête du TNT en 2012 en remplacement  de Mohamed Driss. Espérons qu’il donne enfin leur chance aux jeunes créateurs d’un théâtre tunisien qui a été à la pointe de la créativité grâce à une génération exceptionnelle et qui doit poursuivre cette œuvre car le public est là.

L’exposition qui a le plus retenu notre attention c’est celle consacrée aux œuvres originales des trois peintres amis, les deux allemands, Paul Klee et August Macke et le suisse Louis Moilliet. Intitulée « Klee, Macke et Moilliet-Tunis 2014 », elle est ouverte au grand public au musée du Bardo depuis le 28 novembre 2014 et qui se poursuivra jusqu’au 14 février 2015

 

Les personnalités qui nous ont quitté

L’écrivain  Abdelwahab Meddeb, est décédé des suites d’une longue maladie. Né en 1946,  il était passionné de lettres et d’histoire, signant plusieurs œuvres sur le rapport à l’Islam, le soufisme et l’islamisme. Le comédien et metteur en scène Abdelmajid Lakhal nous a également quittés le 27 septembre dernier après un long combat contre la maladie. Il faisait partie des plus grands acteurs de cinéma, de théâtre et de la télévision Tunisienne.

L’ancien ministre Slaheddine Ben Mbarek est également décédé à l’âge de 77 ans. Diplomate chevronné, il a été nommé à l’ambassade de Belgique puis à la Commission de l’Union européenne. Il a également occupé plusieurs  portefeuilles ministériels. Autre ministre qui nous a quittés en 2014, Habib Boularès. Né le 29 juillet 1933, il a été directeur de plusieurs institutions culturelles et  ministre, en plus d’être un homme de lettres talentueux.

Il y a eu aussi cette affreuse nouvelle l’accident dont a été victime le fils de Fadhel Jaziri Omar, âgé de 25 ans, heurté par un train le 12 novembre 2014 lors d’un tournage. Plus récemment, les amoureux de Sabah l’ont vue quitter ce monde après avoir fait tourner les têtes de plusieurs générations…

 

Un lac en plein désert

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Nous n’oublions pas l’événement le plus insolite de cette année : il a eu lieu cet été avec l’apparition d’un lac dans le sud tunisien, près d’Om Larayès, à environ 25 km de Gafsa. Ce sont des bergers qui ont découvert cette vaste étendue d’eau. Immédiatement nommé « Gafsa Beach ». Ce mystérieux a d’abord fait le bonheur des baigneurs qui s’y pressaient par centaines, avant que les autorités de tutelle ne s’inquiètent de son origine et la qualité de son eau. Son volume total a été estimé à un million de mètres cubes, avec une profondeur variant entre 10 et 18 mètres, sur une surface d’un hectare.

La direction régionale de la protection civile à Gafsa, a signalé que cette étendue d’eau était dangereuse et impropre à la baignade. En attendant, malgré les risques, les riverains ont continué à s’y baigner. Selon certaines sources, c’est un mouvement sismique qui aurait provoqué une fuite de la nappe phréatique. Or la région regorge de gisements de phosphate dont les résidus sont parfois riches en radioactivité. Il y a donc un vrai risque que cette eau soit contaminée et cancérigène.

Au début, l’eau était bleue et limpide, mais actuellement elle est devenue verte et remplie d’algues, ce qui signifie qu’elle ne se renouvelle pas et qu’elle est propice aux maladies. Le site est très beau et il compte de nombreux rochers d’où l’on peut plonger, une aubaine que les jeunes de la région n’ont pas laissé passer…

 

Un nouveau Président

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Et puis on ne peut terminer cette revue de l’année 2014 sans une pensée pour l’élu, celui qui est le premier du genre dans notre Histoire, celui que les Tunisiens ont choisi en toute liberté : il s’agit du nouveau président de la République tunisienne, Béji Caïd Essebsi. Souhaitons-lui une bonne santé et beaucoup de courage pour assurer à notre beau pays un avenir meilleur.

Il en a les capacités, l’expérience et la clairvoyance qui nous a manqué jusqu’à présent. Et bonne année 2015 à tous et à toutes !

Yasser Maarouf

 

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