Coopération Union européenne – Tunisie Des programmes à la hauteur des enjeux

SE Mme Laura Baeza, Ambassadeur, Chef de la Délégation de l'Union européenne en Tunisie

Par Najeh Jaouadi

20 ans  de coopération entre l’Union européenne et la Tunisie depuis la signature de l’accord d’association en 1995 méritent que l’on s’y arrête surtout que la Révolution tunisienne a changé le rythme de cette coopération. En guise de bilan provisoire, Mme Laura Baeza, Ambassadeur, chef de la délégation de l’Union européenne en Tunisie et pleinement engagée dans cette coopération a pris récemment la parole à ce propos. Elle s’est réjouie de «l’ampleur du soutien européen inégalé accordé à la Tunisie depuis la Révolution et notamment en 2014». Ce soutien «reflétait les avancées remarquables accomplies en matière de gouvernance démocratique avec l’adoption d’une Constitution consensuelle et l’organisation d’élections législatives transparentes et pluralistes».

 

 

 

Tout au long de 2014, l’Union européenne a renforcé sa coopération avec la Tunisie, dans la perspective du soutien à la transition démocratique. Consciente de l’importance de la réussite de cette transition, l’Union européenne a fait un effort tout particulier envers la Tunisie selon les chiffres avancés par le bureau de la délégation. Après avoir accordé 135 millions euros de dons en 2013, l’UE a accentué son soutien en allouant 169 millions d’euros au programme d’action 2014, auxquels s’ajoutent 35 millions d’euros au titre de la Facilité Investissement Voisinage, portant l’appui total en faveur de la Tunisie à 204 millions d’euros.  Les sept grands programmes adoptés en 2014 sont à la hauteur des enjeux.  Sur le plan économique, l’UE accompagne les autorités tunisiennes à consolider leurs réformes avec le «programme d’appui à la relance» (100 millions d’euros). Dans le domaine de la gouvernance et de la transition, les efforts entrepris sur la réforme de la justice (15 millions d’euros) pour appuyer la mise en œuvre de garanties constitutionnelles et des standards internationaux concernant la réforme de la chaîne pénale se poursuivent, et se déploient également dans le secteur des médias audiovisuels (10 millions d’euros).  D’un point de vue sociétal, ce sont l’égalité hommes-femmes (7 millions d’euros) et la réhabilitation des quartiers populaires (28 millions d’euros) qui sont au centre des nouveaux programmes d’intervention européenne. Consciente des risques pour la stabilité liés à la situation géopolitique des voisins de la Tunisie, l’UE aide le gouvernement tunisien dans la gestion intégrée des frontières et la protection (3 millions d’euros) à apporter aux populations fragilisées par les crises régionales. Enfin, dans la continuité d’actions précédentes, l’UE a réservé une enveloppe spécifique dédiée aux actions de soutien institutionnel (6 millions d’euros), pour aider au rapprochement des normes tunisiennes et européennes, et à l’échange de bonnes pratiques et de savoir-faire entre administrations.

Ce soutien fait partie d’un plan d’action mis en place en 2013 et s’étalera jusqu’au 2017. De toute évidence, il s’agit d’une montée de qualité dans une nouvelle coopération qui correspond aux nouvelles priorités de la Tunisie postrévolutionnaire. Rupture avec un ancien  modèle pour un nouveau projet. L’objectif final, réussir la transition démocratique et accomplir une intégration  économique permettant d’édifier un espace économique commun et solidaire.

 

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