Embuscade terroriste à Nebeur: Adapter sans cesse nos moyens de lutte

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Cinq soldats ont été lâchement assassinés par des terroristes à la hauteur de Mhassen, près de Nebeur, à 50 km de la frontière algérienne. Le bilan compte aussi dix blessés dans cette opétration qui a visé un bus transportant des élèves de l’armée tunisienne. Il apparait que les mesures sécuritaires prises dans tout le pays pour réussir les élections législatives ont poussé les terroristes à s’en prendre à une cible «facile» s’agissant du transport du personnel et non de patrouilles armées. Nul besoin de courage, ni de doigté, pour s’en prendre à d’innocentes personnes de surcroît désarmées. Quelles sont les mesures à prendre afin d’épargner les vies de nos soldats, véritables boucliers de protection du pays.

 

Quid de l’opération terroriste

Mercredi, à 13 h 30, un bus transportant des élèves militaires en tenue civile allant du Kef vers Jendouba a été l’objet d’un tir croisé à la hauteur d’un virage montagneux avoisinant une forêt dense. Quatre soldats ont été tués, le cinquième a succombé à ses blessures le lendemain, jeudi, à l’hôpital militaire de Tunis. On parle aussi d’une voiture de type «Partner» de couleur blanche qui suivait le bus et qui a immédiatement fait demi-tour après les tirs.

Belhassen Oueslati, porte-parole du ministère de la Défense, a précisé que toute la zone de l’opération a été immédiatement assiégée et qu’une opération de ratissage systématique a été engagée.  Il a  également indiqué que le moral des forces armées est intact et que l’armée  poursuivra sans relâche sa mission d’éradication du terrorisme.

Le lendemain, jeudi 6 novembre 2014, Mehdi Jomâa, chef du gouvernement a présidé une réunion de la cellule de crise. Les ministres de l’Intérieur, Lotfi Ben Jeddou et de la Défense, Ghazi Jeribi, ainsi que des cadres supérieurs de l’institution sécuritaire et de l’Armée ont pris part à cette réunion afin d’étudier les mesures à prendre.

Par ailleurs, les défaillances de l’infrastructure hospitalière dans les gouvernorats du Kef et de Jendouba ont été relevées ; deux hôpitaux qui ne répondent aucunement aux nécessités absolues dans une région classée sous haute menace terroriste. On se demande ici ce que fait «le Haut conseil pour la sécurité nationale» qui doit tout mobiliser pour cette guerre sans merci contre le terrorisme.

 

Les acolytes du terrorisme

Pour monter une opération terroriste contre une cible militaire non combattive, il fallait sans nul doute à ce groupe des complicités au niveau de la surveillance, du timing et surtout dans l’aide à la fuite. Nous ne le répéterons jamais assez, le terrorisme bénéficie d’une assise sociale dans la région et même à l’intérieur des villes. Quand on parle de «cellules dormantes», il faut comprendre que les unes sont armées et actives et se réveillent pour mener des opérations armées et que les autres servent de base logistique et de communication. Démanteler ces réseaux est une tâche qui incombe aux services de renseignements de la Garde nationale, de la Police et de l’Armée qui doivent se mobiliser au plus haut point à ce niveau en toute priorité.

Ceux qui ont manifesté leur joie une fois l’information sur la tuerie connue sont de toute évidence prêts à  aider les assassins. À titre d’exemple, dans la soirée du mercredi 5 novembre 2014, six individus appartenant à un courant extrémiste religieux ont fêté l’opération, à l’issue de la prière d’Al Icha, dans une mosquée de Tinja, dans le gouvernorat de Bizerte. Fort heureusement, les forces sécuritaires de la ville de Menzel Bourguiba ont procédé à leur arrestation jeudi, ils seront par conséquent poursuivis pour «incitation au meurtre».

 

Lacunes à combler

Si nous analysons les faits de ce triste attentat et au regard de la nouvelle tactique de ce groupe, nous pouvons dire qu’il est urgent d’infiltrer les bas-fonds des villages et des villes par les services de renseignements. Les complicités locales sont une vérité et les opérations de ratissage n’avanceront que si un réseau de renseignement est parfaitement installé et que l’information circule entre nos trois corps : Police, Garde nationale et Armée. Il ne faut pas non plus négliger de suivre à la trace les contrebandiers avec l’aide précieuse de la Douane, de la Protection civile et des gardes-forestiers.

Aussi et afin de neutraliser cette tactique de frappes aveugles, il convient d’assurer le transport du personnel militaire avec des véhicules banalisés et non identifiables, ce qui réduirait sûrement les risques.      

 

F.C.

 

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