Tunisie : La menace de la rage

Rage

Le gouverneur de Ben Arous a déclaré, lors d’une réunion au siège du gouvernorat, Borj Cedria (banlieue sud de Tunis) zone infestée par la rage, et ce pour une durée de trois mois. Cela aurait été décidé suite à la contamination d’un enfant par la rage. De son côté, Ichraaf Hammami Zaouia, chargée du programme national de lutte contre la rage au ministère de la Santé a déclaré, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre la rage célébrée le 28 septembre, que la Tunisie a enregistré une augmentation du nombre de décès par la rage.

Six cas de rage ont été notifiés en 2013, trois cette année jusqu’au mois de septembre, alors que la moyenne depuis dix ans est de maximum deux cas par an et même zéro cas certaines années (2001-2009). La rage est-elle la prochaine menace sanitaire qui pèse sur le pays ?

Une maladie mortelle

En 2012, selon des sources vétérinaires, on a recensé 282 cas de rage canine, en 2013, 315. Il y en avait moins de la moitié les autres années. Il ne faut pas être sorti de Saint-Cyr  pour comprendre que cette augmentation du nombre de cas de rage chez les chiens est liée à la saleté et à l’accumulation des déchets. Un million de chiens errants se promènent tranquillement dans le pays, se nourrissant de détritus, disponibles à volonté à tous les coins de rues.  En contractant le virus de la rage ils vont le transmette en contaminant différentes personnes.

La rage est une maladie très grave, car elle est mortelle et n’a aucun traitement en dehors de la prévention. On se demande si l’on peut encore mourir de la rage en Tunisie, un pays qui a mis en œuvre un programme national de lutte dès 1982. À cette époque, la rage causait seize décès humains par an. Trois ans plus tard aucun cas n’a été enregistré pendant deux ans. Par la suite et depuis plus d’une dizaine d’année, la moyenne des cas de rage humaine est de deux par an.

On explique le succès de ce programme à la généralisation de la vaccination des chiens, principal vecteur de la maladie en Tunisie et par la généralisation des centres de vaccination antirabique sur tout le territoire de la République qui en compte aujourd’hui 363 (depuis 2007). Vaccination gratuite pour toute personne mordue par un chien bien entendu. La liste des centres est disponible auprès du ministère de la Santé et à l’institut Pasteur de Tunis.

Les campagnes de vaccination des chiens commencent en mai et se terminent en juillet de chaque année. Tous les chiens âgés de plus de trois mois sont concernés par cette vaccination. En cas de découverte d’un foyer de rage, tous les chiens se trouvant dans les alentours immédiats du foyer sont abattus.

En 2011 et en 2012 la vaccination des chiens a régressé, ce qui explique l’augmentation du  nombre de cas de chiens portant la maladie. 282 cas de rage canine en 2012, moins de la moitié les autres années, selon les chiffres du ministère de l’Agriculture. 315 en 2013.

La rage est une infection grave, car elle est presque toujours mortelle. Elle est due à un virus (qui peut avoir plusieurs formes). Ce dernier s’attaque au système nerveux, perturbe son fonctionnement, particulièrement au niveau des neurones responsables des activités cardiaque et respiratoire.

Une maladie facilement transmissible

La rage se transmet à l’homme par l’intermédiaire du chien, ou par d’autres animaux sauvages (renard, chauve-souris). Elle peut se transmettre par des animaux domestiques si ces derniers ont été en contact avec des chiens errants ayant le virus de la rage. La salive du chien (infecté) est le réservoir du virus de la rage. Un enfant, un adulte, seront contaminés en jouant, en touchant, en étant mordus, griffés, par un animal malade.

Les signes cliniques débutent quelques jours, parfois des mois, après le contact avec l’animal infecté. Tout commence par une difficulté à avaler, ensuite les signes neuropsychiatriques apparaissent: une anxiété, une agitation. La maladie n’ayant pas de traitement, elle évoluera vers le coma et le décès.

Comme on vient de le préciser, la rage est également grave parce qu’elle n’a pas de traitement en dehors de la vaccination, très efficace et qui existe depuis 1885année de sa mise au point par Louis Pasteur. Un schéma de vaccination de prophylaxie (prévention) sera suivi en cas de morsure ou contact avec un chien non vacciné, dès les toutes premières heures. On recommande de laver immédiatement la plaie (morsure, griffe) avec de l’eau et du savon et de se diriger vers le centre antirabique le plus proche.

Il faut préciser que la rage ne se transmet pas directement d’homme à homme, le passage par l’animal est obligatoire, c’est le cycle de la maladie qui est ainsi. La prévention de la rage se fait en vaccinant tous les chiens, particulièrement ceux qui errent dans les rues.

Des conseils utiles

En cas de morsure : nettoyez bien et sans délai la morsure ou l’égratignure avec du savon et de l’eau tiède. Allez dans un centre antirabique le plus proche pour recevoir un traitement. La rage est mortelle, alors toute égratignure ou morsure d’un animal suspect doit être signalée. Si l’animal qui vous a mordu ou égratigné n’est pas vacciné, vous recevrez cinq injections de vaccination post-exposition.

Vaccinez vos chats et chiens contre la rage tous les ans. Ne laissez pas vos animaux errer, en particulier la nuit. Pour finir, restez à distance des animaux inconnus, en particulier ceux qui paraissent malades, même s’ils ont des petits.

Samira Rekik

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