Un plan antidouleur

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Soulager la douleur des patients tout en soignant leur maladie est un droit, c’est le nouveau challenge du ministère de la Santé. Un programme national dit de «prise en charge de la douleur en Tunisie»  vient d’être lancé en ce début du mois de juin.

 

La douleur doit être prévenue, évaluée et prise en charge.  Pour cela elle doit être reconnue, particulièrement dans certains cas, chez les enfants, les personnes âgées, les personnes atteintes de handicap. Car ce n’est pas parce qu’elle n’est pas exprimée qu’elle n’existe pas.  Une autre problématique posée par la douleur consiste à déterminer à partir de quand elle peut être considérée comme un syndrome précieux de diagnostic et de suivi de la maladie ? L’exemple marquant dans ce cas est l’infarctus du myocarde, si la douleur est intense, lancinante, on est sûr que c’est le bon diagnostic. 

 

«La culture douleur»

Ce plan national cible particulièrement les professionnels de santé chez qui il est question de développer «une culture douleur». Il sera nécessaire d’intégrer la prise en charge de la douleur dans le cursus d’enseignement universitaire médical et paramédical. Médecins, pharmaciens, techniciens, infirmiers, aides-soignants devraient, au cours de ce programme, prendre conscience du problème et reconnaitre la douleur, même lorsqu’elle n’est pas exprimée par les patients et prendre en charge leur demande trop souvent négligée.

Des protocoles  de prise en charge de la douleur seront établis par les sociétés savantes. Certaines pratiques seront simplifiées, comme la prescription d’antalgiques majeurs. Ces  produits, souvent à base de morphine, nécessitent des ordonnances spéciales, issues de carnets  à souche qui sont compliqués  à se procurer,  avec une  durée de validité limitée à quelques jours.  Dans la prise en charge de la douleur, certaines thérapies non médicamenteuses se sont avérées efficaces, comme la physiothérapie, la balnéothérapie, l’éducation posturale et les approches psychosomatiques. Elles sont bien développées en Tunisie et le programme antidouleur compte les  intégrer dans son protocole de prise en charge.

 

Création des «référents douleur»

L’autre volet de ce programme c’est la création de structures spécifiques à la prise en charge de la douleur. Il s’agira de consultations «douleur» au sein des centres hospitaliers qui seront médiatisées auprès du personnel de santé et des patients afin d’en faciliter l’accès. Dans chaque  établissement de santé des  postes de médecins et des infirmiers «référents douleur»  seront ainsi créés. Ce personnel recevra  une formation académique et aura pour rôle de mettre en place un programme de lutte contre la douleur spécifique à l’établissement  (élaboration et mises en place de protocoles, suivi…) et  l’organisation d’actions au niveau de la structure de soins par la conduite d’enquêtes, l’audit de pratique…

Pour le grand public, le rôle des médias serait d’informer les citoyens  de ce droit que représente pour chacun la prise en charge de la douleur. Des livrets «douleur» seront disponibles et bénéficieront d’une large distribution. Un site web et des pages sur les réseaux sociaux  seront également créés.

S. R.

 

 

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