Journées théâtrales de Carthage, sous le feu des critiques

 

Affiche JTC

Reports et annulations, bousculades et altercations à l’entrée des salles… Les dernières Journées théâtrales de Carthage, qui se sont terminées samedi 30 novembre, ont surtout brillé par leur manque d’organisation. Le désordre a provoqué jusqu’au mécontentement du ministre de la Culture, Mehdi Mabrouk, qui a fait savoir son intention de reprendre en main l’organisation des grands événements culturels à venir.

 

La 16e édition du Festival international des Journées théâtrales de Carthage (JTC) s’est terminée samedi 30 novembre. Pendant plus d’une semaine, des milliers de personnes ont assisté aux 90 pièces proposées pour l’occasion. Pourtant, les conversations et commentaires qui ont émaillé cette dernière édition ont davantage porté sur les lacunes de l’organisation que sur la qualité de la programmation. Au détriment de la création artistique, certes, mais non sans raison.

Les premiers incidents se sont produits dès l’ouverture, le vendredi 22 novembre au Théâtre municipal de Tunis, où la pièce « Tsunami » de Fadhel Jaïbi et Jalila Baccar a commencé avec une heure de retard.

Les organisateurs des JTC, qui avaient reçu plus de 3 000 demandes, débordés par l’afflux de spectateurs qui tentaient de s’engouffrer, non sans heurts, à l’intérieur du théâtre, ont donc annoncé dans la soirée une deuxième représentation de « Tsunami » pour le lendemain samedi 23 novembre.

Problème : c’est justement ce soir-là que devait être joué « Passeport », de l’Irakien Hayder Jomaâ. Le spectacle a donc été repoussé de cinq jours, au 28 novembre. Tant pis pour la troupe irakienne.

Sous le feu des critiques, le directeur des JTC, Wahid Essaâfi, s’était alors défendu, rétorquant le 23 novembre sur la radio Mosaïque FM que l’ « organisation était bonne », et conseillant aux personnes ayant des invitations de réserver à l’avance.

Pas facile en réalité : de nombreux invités et journalistes n’ont pu accéder aux spectacles malgré leurs badges. La faute au trop grand nombre de spectateurs, mais aussi aux nombreux reports qui ont émaillé cette 16e édition du festival.

Si certains reports n’ont pas relevé de la responsabilité des organisateurs, comme celui du spectacle congolais « Le compteur à zéro », reporté à cause de l’annulation par Tunisair de certains vols directs en provenance des pays subsahariens, ou encore l’annulation de la pièce « Macbeth, Leïla and Ben », son metteur en scène Lotfi Achour ayant été hospitalisé à Paris deux jours avant la représentation, d’autres changements de dernière minute ont ajouté à la confusion.

Réaction de Mehdi Mabrouk

On pense notamment à « Klem Ellil, Zéro virgule », de Taoufik Jebali, qui a dû être reprogrammé une deuxième fois, la première représentation le mercredi 27 novembre ayant presque provoqué une émeute devant la salle de l’espace El Téatro à cause du manque de place.

Devant les critiques suscitées par l’édition 2013 des JTC, Mehdi Mabrouk, qui était présent lors de l’ouverture, s’est senti obligé de réagir. Le 27 novembre, sur la radio Mosaïque FM, il a reconnu « des problèmes d’organisation », sans oublier de tacler au passage les médias, qui auraient « exagéré » à ce sujet, et les artistes qui seraient intervenus de façon abusive pour que leurs proches accèdent aux spectacles.

L’année dernière déjà, les Journées cinématographiques de Carthage (JCC) n’avaient pas brillé par leur organisation, tout comme la 30e Foire internationale du livre, qui s’est tenue fin octobre à Tunis.

Sa solution ? Créer une « Agence nationale des festivals et manifestations culturelles » et former des comités d’organisation relevant du ministère de la Culture pour les prochains grands événements culturels. Le ministre a confirmé ce projet vendredi 29 novembre dans une déclaration à l’agence TAP.

Un décision a priori inoffensive, qui prévoit pourtant la mise en place d’un département chargé de la programmation artistique pour chaque manifestation. Une sélection qui se fera, assure le ministre « en toute indépendance ». Pas sûr que les artistes apprécient.

Par Perrine Massy

 

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