Dissidence en Ukraine: entre l’Europe et Moscou, un peuple divisé

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Il fait -4° sur la place de l’Indépendance à Kiev, mais elle ne dépeuple pas. Les manifestants, rassemblés dans un mouvement de contestation jamais observé depuis 2004, font pression sur le président Viktor Ianoukovitch et réclament son départ après son refus d’intégration à l’espace européen. Depuis le premier décembre, la population ukrainienne envahit la rue en protestation contre la non conclusion d’un partenariat avec l’Union européenne et contre un rapprochement avec les Russes.

La répression policière violente a alourdi les tensions déjà existantes et lundi, le Président ukrainien s’est dit prêt à négocier avec l’opposition.

 

Dimanche, 300 000 manifestants se sont réunis à Kiev ainsi que des dizaines de milliers de personnes dans d’autres régions du pays. La statue de Lénine, abattue en fin de journée, témoigne de la colère de la population à l’encontre du Président, accusé d’être à la solde de Moscou. Notons que l’Ukraine a été gouvernée après la Révolution orange et jusqu’en 2010 par des pro-occidentaux.

Le Président Ianoukovitch, est accusé de préparer secrètement l'entrée de l'Ukraine dans l'Union douanière menée par Moscou avec d'ex-républiques soviétiques.

 

Médiation européenne

La chef de diplomatie européenne, Catherine Ashton, a effectué une visite en Ukraine. L’UE ne cache pas le rôle qu’elle joue dans la crise même, si sa médiation est informelle. Son arrivée se veut une contribution « pour trouver une solution politique ». Cette médiation est d’autant confirmée par la visite, mercredi, de Vitali Klitschoki, l’un des leaders de l’opposition ukrainienne à Paris pour rencontrer Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères français.

Un peu plus de 20 ans après l’indépendance de l’Ukraine de l’Union soviétique, et dix ans depuis sa Révolution orange, le pays demeure déchiré entre les deux pôles russe et occidental. Le peuple, subissant les retombées d’une situation économique difficile, semble aspirer à un rapprochement avec l’Europe. Le gouvernement tente de remettre au grand jour, en les renforçant, d’anciennes alliances. La crise, aggravée par la répression policière à l’encontre des jeunes, ne fait que s’intensifier. Est-ce une nouvelle Révolution qui pointe et qui risque d’achever l’héritage soviétique?

H.A.

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