Quelles solutions pour réduire le chômage ?

La problématique du chômage est particulièrement complexe à résoudre dans notre pays en raison de la nature des données entrant en ligne de compte et en l’absence d’une stratégie de croissance économique vigoureuse.

Faisons tout d’abord l’état des lieux.

Notre pays compte 800.000 sans-emplois, dont 200.000 diplômés de l’enseignement supérieur. Or depuis le déclenchement de la Révolution, il y a eu 140.000 pertes d’emplois, mais création de 100.000 emplois notamment dans l’administration, donc un bilan négatif de 40.000 emplois, outre le fait que les emplois administratifs sont improductifs par définition.

À remarquer qu’il existe un noyau dur du chômage qui compte environ 400.000 personnes qui sont au chômage depuis cinq ans au minimum, recrutées surtout dans la tranche d’âge 40-55 ans et qui n’ont pas de qualification professionnelle particulière. C’est là que réside en priorité le cœur du problème.

Il arrive sur le marché de l’emploi chaque année 90 à 100.000 jeunes primo demandeurs d’emploi, dont 50% sont des diplômés du supérieur, c’est là que réside la deuxième difficulté du problème.

Sur les 70.000 diplômés du supérieur par an 30.000 arrivent, bon an mal an, à trouver un emploi, compte tenu du taux de croissance du PIB. Tandis que les 40.000 restants vont grossir les rangs des chercheurs d’emploi.

Il faut se rendre à l’évidence : seul l’investissement, qui engendre la croissance économique, est créateur d’emplois. Ensuite ce sont les activités à haute valeur ajoutée qui sont susceptibles de créer des emplois massifs pour les diplômés du supérieur.

Il est convenu d’estimer à 10.000 le nombre d’emplois à créer pour une croissance de 1% du PIB chaque année en moyenne.

Avec une croissance de 3% par an, l’économie tunisienne ne peut créer plus de 30.000 emplois dans le secteur privé, celui qui crée de la valeur et de la richesse. Il s’en suit que le chômage ne peut qu’augmenter d’une année à l’autre, d’environ 60.000 à 70.000.

La solution consiste à augmenter le taux de croissance du PIB. Or notre pays, dans les meilleures conditions, n’a jamais pu dépasser les 6% par an, ce qui signifie 60.000 emplois.

Encore faut-il d’ailleurs que le rythme des investissements reprenne, que la stabilité sociopolitique et la confiance soient restaurées, que le pays se remette au travail : ce qui n’est pas du tout évident dans les circonstances actuelles.

Il faut asseoir une stabilité politique et sociale, restaurer la confiance et la sécurité, mettre en œuvre un modèle de croissance et une stratégie de développement.

Le taux actuel du chômage, compte tenu des sous-déclarations, est de l’ordre de 15%.

Or il est admis qu’un taux de chômage de 5% est considéré pratiquement comme une situation de plein-emploi vu qu’un chômage nul est une vue de l’esprit, un scénario impossible.

Un politique active de promotion de l’emploi devrait donc poursuivre deux objectifs : d’une part, éponger le déficit annuel des primo demandeurs d’emploi qui n’ont pu trouver un emploi et qui arrivent chaque année sur le marché du travail, soit 60 à 70.000 personnes et d’autre part abaisser progressivement le taux de chômage pour parvenir au bout de cinq à dix ans par exemple à faire absorber par le marché de l’emploi les 10% qui séparent 15 de 5%.

Est-ce là une mission impossible ? Très difficile oui,  mais une stratégie devrait être mise en place dans ce sens.

Pour que le taux de chômage soit stabilisé, voire réduit progressivement, il faudrait investir de façon massive dans l’intensification de l’agriculture, la diversification et le développement du tourisme et la multiplication d’activités industrielles à haute intensité de main-d’œuvre comme le textile ou le montage de voitures automobiles.

Cela implique un afflux massif des investisseurs étrangers, car l’investissement national privé est nettement insuffisant, ce qui suppose une politique d’incitation active à l’investissement.

Le manque à gagner de la non-intégration économique des pays du Maghreb a été estimé à 2% de croissance du PIB par an.

C’est pourquoi il faudrait activer la zone de libre-échange découlant de l’accord d’Agadir. Il y a là une piste à explorer si l’on veut réaliser un taux de croissance nettement plus rapide et réduire de façon sensible le taux de chômage.

Le SITAP persiste et signe : du 6 au 9 juin 2014 à Paris

Fidèle à une tradition bien établie depuis six ans, la société ORSAF organise la 7e édition du salon de l’immobilier tunisien à Paris, du 6 au 9 juin 2014, à l’Espace Champerret dans le XVIIe arrondissement. En effet, le SITAP est devenu un rendez-vous annuel incontournable pour professionnels de l’immobilier tunisien avec la clientèle des Tunisiens résidents à l’étranger et des Européens intéressés par l’acquisition d’une résidence au soleil.

C’est pourquoi 250 stands seront mis à la disposition des promoteurs immobiliers, des banques, assurances, entreprises de bâtiment et fournisseurs, agences immobilières, administrations et architectes.

Une superficie couverte de 6.500 mètres carrés couverts sera réservée pour abriter les exposants.

Il faut dire que le SITAP a fait ses preuves de succès durant les six éditions écoulées grâce à l’efficacité et au savoir-faire de l’équipe qui veille à son organisation de façon professionnelle et rigoureuse. Cet unique salon spécialisé dédié à l’exportation respecte toutes les normes internationales en matière de salons : hygiène, sécurité, édition d’un catalogue, qualité de l’accueil, signalétique. Une stratégie de communication puissante est organisée chaque année pour attirer plus de 20.000 visiteurs décidés à investir dans l’achat de logements en Tunisie.

Il convient d’observer que la baisse sensible de parité du dinar par rapport à l’euro ces derniers mois constitue un engouement supplémentaire pour la conclusion de contrats permettant de compenser largement la flambée des prix.

Il y a lieu de remarquer que malgré la conjoncture économique morose qui règne dans le pays, le SITAP contribue à dynamiser l’économie nationale et appelle les promoteurs immobiliers à se mobiliser pour relancer la machine économique et à favoriser l’exportation et l’investissement dans la pierre.

 

Le partenariat stratégique Tunisie-Général Electric

Un protocole d’accord a été signé entre la multinationale d’origine américaine Général Electic et la Tunisie en vue de promouvoir le partenariat technologique et d’attirer les investissements extérieurs en Tunisie par la mise au point de projets communs.

Rappelons que Général Electic est une entreprise énorme, implantée partout dans le monde et disposant de technologies d’avant-garde en matière de santé (fabrication d’équipements médicaux perfectionnés), d’installations énergétiques traditionnelles (centrales électriques) et renouvelables (solaire photovoltaïque), transport (réacteurs d’avion et infrastructure ferroviaire), ainsi que les stations de traitement d’eau et les infrastructures de traitement pétrole et gaz.

Les déclarations faites par M. Sofiane Ben Tounes, président de la région Afrique du Nord-Est et le PDG de GE pour la région Mena-Turquie, font état de création de plates-formes technologiques de Général Electric en Tunisie en partenariat avec l’État tunisien pour rayonner sur toute la région (Maghreb, Afrique, etc.).

Il s’agit de promouvoir des centres d’excellence dans le cadre de projets de partenariat public-privé selon une démarche gagnant-gagnant.

La qualité des ressources humaines et des compétences techniques tunisiennes est pour beaucoup dans cette démarche positive de la part de Général Electric.

Il faut dire que la signature de ce mémorandum d’entente à ce moment précis de l’histoire politique et économique de notre pays a une valeur de symbole et d’exemple vis-à-vis des investisseurs extérieurs susceptible d’attirer de grandes enseignes et d’encourager des groupes de grande envergure à venir s’implanter en Tunisie.

 

SOTUDIS : unité de montage de pick-up Mahindra

M. Hafedh Zouari, PDG de la SOTUDIS, fait preuve d’un dynamisme remarquable en matière d’investissement et de promotion de nouveaux projets malgré la morosité de la conjoncture économique. En effet il a inauguré, le 30 octobre à Akouda, la nouvelle unité de montage de pick-up Mahindra d’origine indienne. C’est la SA MEDI-CARS, au capital de 12 MD, qui réalise ainsi un investissement de 31MD, c’est dire qu’il s’agit d’un projet de grande envergure qui répond aux normes internationales et bénéficie de l’assistance technique du constructeur.

Le taux d’intégration économique du projet sera modeste au départ, soit 25% et ira crescendo par la suite.

Il comprendra outre la main-d’œuvre les pneus, les amortisseurs et la batterie d’accumulateurs pour inclure par la suite : l’échappement, les phares et les feux rouges, les filtres, les bennes…

Les pick-up Mahindra sont connus pour leur robustesse adaptée aux pistes agricoles et pour leurs performances techniques : puissance de motorisation, capacité de transport, Mahindra maîtrise 85% du marché des pick-up en Inde tandis que le marché tunisien compte 3000 à 5000 véhicules par an. L’extension du projet en deuxième étape comporte le montage de camions supérieurs à 3,5 tonnes puis en troisième étape le carrossage de bus, ce qui est ambitieux de la part d’un chef d’entreprise qui a du mérite. L’emploi prévu est de 85 au départ, pouvant aller jusqu’à 250 par la suite.

 

Pourquoi un débat national sur l’énergie ?

Parce que notre déficit énergétique s’aggrave chaque année à cause de la croissance rapide de la consommation. Ce déficit de la balance énergétique a atteint 1,82 million de tonnes équivalent pétrole en 2012.

En 2013, il pourrait atteindre 2,4 Mtep Notre production énergétique couvre à peine 40% de nos besoins et nous sommes contraints d’importer 60% de notre consommation nationale.

Notre mix énergétique comporte le pétrole et le gaz car les énergies renouvelables sont encore à leur début : 2% de nos besoins. Le débat national a un double objectif : sensibiliser l’opinion publique à la nécessité d’économiser la consommation d’énergie et préparer l’opinion aux augmentations de prix du pétrole et de l’électricité prévus en 2014. En effet nous importons 47%% de nos besoins en gaz à partir de l’Algérie dont 18% sous forme de prélèvement fiscal en nature sur le passage du gaz à travers la Tunisie par le gazoduc algéro-italien. La crise économique qui sévit en Europe a réduit le débit du gaz qui transite par le gazoduc, ce qui a réduit le prélèvement de 42%.

La compensation du prix de l’énergie atteindra cette année 5,306 MD soit 15% du budget de l’État et 50% du PIB.

Trois solutions : développement des ressources et infrastructures énergétiques, renforcement de l’efficacité énergétique ainsi que la diversification des ressources énergétiques. Le but réel consiste à préparer l’opinion au gaz de Schiste    

Ridha Lahmar

 

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