Le dossier nucléaire en voie de résolution ?

L’Iran subit depuis quelques années de nombreuses sanctions à cause de son programme nucléaire. Le peuple iranien en paye le prix et la société s’effondre sous le poids des sanctions économiques imposées. Outre les crises diplomatiques avec les grandes puissances occidentales, la menace de frappe israélienne plane tous les ans sur l’Iran. Il y a dix jours, des négociations à Genève ont eu lieu et ont traité de la question nucléaire iranienne. Est-ce vraiment la résolution de la crise ? Ou serait-ce le calme avant la tempête ?

L’Iran, pays soupçonné d’effectuer des expériences pour fabriquer l’arme atomique dans le cadre de son programme nucléaire qu’il déclare civil, n’y a toujours pas renoncé.  Le président iranien déclarait devant le parlement que son pays refusait de céder ses «droits nucléaires dans le cadre des régulations internationales, ce qui inclut l’enrichissement (d’uranium) sur le sol iranien.»
Les six puissances présentes à Genève – États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne – ne sont pas parvenues à un accord sur le programme nucléaire iranien malgré plusieurs jours de négociations. Une nouvelle réunion aura lieu le 20 novembre prochain et des prémices de résolutions commencent à pointer du nez. Le ministre des Affaires étrangèresa, Guido Westerwelle a par ailleurs déclaré être «plus proches d’une solution raisonnable que nous ne l’avons été depuis des années». Cette déclaration a été appuyée par celle de son homologue britannique William Hague, qui a déclaré à son tour qu’un «accord sur le nucléaire iranien est sur la table et peut-être conclu ». Mohammad Javad Zarif, le chef de la diplomatie iranienne a également souligné «ne pas être déçu». John Kerry, secrétaire d’État américain qui a décalé sa visite à Alger pour se rendre à Genève, a quant à lui salué «les progrès accomplis.»
Un accord de six mois devait être conclu avant d’aboutir à un accord définitif permettant à l’Iran de finir les travaux de construction de son réacteur d’Arak qui serait source de production de plutonium lourd.

La France s’y oppose
La France s’oppose pourtant à cet accord, le qualifiant de mauvais, voire épouvantable, a même affirmé un diplomate français. Un autre diplomate a souligné qu’«Il n’y avait rien dans ce texte qui permettait d’arrêter le programme nucléaire militaire iranien, tout en desserrant l’étau des sanctions qui étouffent l’Iran.»
Les déclarations françaises accusent Washington d’avoir imposé un texte d’accord que le secrétaire d’État américain avait emmené jeudi soir, et de souligner «qu’ils n’avaient jamais vu le texte» et que John Kerry souhaitait un accord à tout prix, pour des raisons personnelles et aussi de politique intérieure américaine.

Une position appuyant celle de Tel Aviv
Cette opposition française vient appuyer Israël qui refuse l’accord le qualifiant de «cadeau à l’Iran». Notons que le président français, François Hollande, effectuera une visite à l’État hébreu dans les jours à venir.
De son côté, Benyamin Nétanyahou, Premier ministre israélien, s’est déclaré prêt à se battre jusqu’au bout contre un mauvais accord sur le nucléaire iranien. Le ministre de l’Économie israélien, Neftali Bennett, s’envolera d’ailleurs à Washington pour «expliquer aux sénateurs et membres de la Chambre des représentants que la sécurité d’Israël et du monde sont en jeu. Si, dans dix ans, une valise cachant un engin atomique explose à New York ou que Rome est attaquée par des missiles nucléaires, c’est aux décisions qui seront prises de nos jours que nous le devrons » a-t-il déclaré.
L’armée israélienne n’est nullement restée dans la léthargie et a réitéré ses menaces de frappe. Danny Danon, le vice-ministre de la Défense a alors déclaré «prêt, si nécessaire, à agir. Notre armée de l’air a été créée pour cela.»
H.A

 

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