Échec d’une tentative d’arrestation

Est-ce une coïncidence que chaque fois qu’il y a un blocage politique dans le pays, l’affaire de Kamel Letaief refait surface ?  L’homme d’affaire a été surpris le samedi 2 novembre de voir des dizaines de policiers, venant l’arrêter à son domicile.

L’affaire a créé le buzz sur les réseaux sociaux et dans les télés et notamment Aljazeera Mubacher et sur Al Mutawassat, lesquelles, comme par hasard étaient présentes ce jour-là, au moment de l’arrivée de la police. « Mon client était dans sa voiture, quand une dizaine d’agents en civil l’ont entouré. Il a été, tout d’abord, terrorisé, les prenant pour des terroristes, puisqu’il est déjà menacé de mort, puis il avait compris et il m’a appelé », raconte Me. Nizar Ayed, avocat de Kamel Letaief.  Il a fallu attendre quelques temps avant que n’arrive le juge d’instruction qui venait exécuter, selon ses déclarations, un mandat d’amener, émis la veille (vendredi 1er novembre). « D’abord, nous en avons eu connaissance, à travers les pages Facebook des LPR (Ligue pour la protection de la Révolution). Ensuite, ce n’est pas au juge d’exécuter ce mandat. Car selon la loi, cela fait partie des prérogatives du Procureur de la République. Et en plus, c’était un samedi jour de vacance », note l’avocat.
Les négociations entre K. Letaief et le juge d’instruction ont duré deux heures, durant lesquelles ce dernier a essayé de convaincre l’homme d’affaires de le rejoindre, mais en vain. Ils ont donc convenu que K. Letaief devait se présenter le lundi, 4 novembre au Tribunal de première instance.
Mais voilà que le juge qui voulait ménager son image, a donné une déclaration, le soir même, à la chaine Al Mutawasset, pour justifier sa présence au domicile de l’homme d’affaires, en disant qu’il était là-bas pour constater l’état d’un policier, ayant été reversé par la voiture de Kamel Letaief. « Or, ce fait n’a pas eu lieu. En témoigne les caméras de surveillance qui n’ont rien enregistré de pareil. Par ailleurs, faire le constat d’un crime, n’est pas des prérogatives de juge d’instruction, mais de celui du Procureur de la République », souligne Nizar Ayed. Il reste, d’ailleurs, perplexe face à ce comportement à l’égard de son client, lequel n’a jamais refusé de se présenter devant le juge, chaque fois qu’on l’a appelé. En outre, ses avocats ont présenté trois demandes écrites depuis le début de l’affaire (il y a plus de 2 ans) pour que Letaief soit auditionné, sans jamais avoir de réponse.

Le juge d’instruction dessaisi du dossier
Après toute cette galère, le juge d’instruction chargé de l’affaire s’est fait retirer le dossier, suite à une décision de la Cour de Cassation, pour violations commises. Désormais, c’est un autre juge qui prendra la relève, au Tribunal de première instance de Tunis 2.
Quant à l’affaire elle-même, l’accusation de comploter contre la sûreté de l’Etat, stagne toujours, malgré de nouvelles révélations. En effet, la Première brigade centrale d’instruction au sein de la Garde nationale a réussi à remonter à la personne qui était derrière l’envoi de sms contenant des messages subversifs, envoyés à partir d’un numéro tunisien. Elle a aussi établi le lien entre la personne en question et Chérif Jebali, l’avocat qui avait déclenché toute cette affaire. Et pourtant, aucun des deux n’a été inquiété. Et l’ancien juge d’instruction a repris le dossier
Espérons qu’avec le changement du juge, ce dossier sera enfin clos.
H.Z.

 

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