13 partis (sur les 21) aux côtés du Quartet

Malgré les 36 heures accordées par le Quartet pour tenter de sauver le Dialogue national (DN) moriband ce délai n’a pas été suffisant et, le 4/11, à l’expiration du délai, Houcine Abassi déclarait : “Le DN est désormais suspendu”, et il ajoutait qu’en cas d’échec “le Quartet est prêt à divulguer les noms des responsables de cet échec”. Toutefois il laissait la porte ouverte et l’impression générale était que le DN allait reprendre le jeudi 7 avec 13 partis sur “les 21” signataires de la Feuille de route (bien oubliée déjà !), mais l’intransigeance d’Ennahdha et de ses satellites, scotchés sur la proposition intangible du nom d’Ahmed Mestiri, n’a pas permis de progresser. Les concertations ont donc continué toute la semaine dans l’espoir, chaque jour déjà, du redémarrage du DN.
Dans une nouvelle tentative de reprise, le Front du salut national acceptait vendredi 8 que le Quartet, parrain du dialogue, désigne lui-même le futur chef du gouvernement, refusant ainsi qu’on se livre une nouvelle fois à la recherche de nouveaux noms d’impétrants (de candidats).

* A l’ANC : les travaux sont bloqués et cela est dû encore une fois à la mauvaise foi et la mauvaise volonté des représentants de la majorité, qui ont profité de l’absence prolongée des élus « dissidents” pour trafiquer à leur aise certains articles de règlement intérieur, base du travail constitutionnel. Ces tripatouillages n’ont pas été du goût d’Ettakatol, et l’on a pu voir à la TV la colère de la députée Lobna Jeribi, et lire sa réponse sur la “La Presse” du 9/11, en prélude au retrait du parti de Mustapha Ben Jaafar des travaux de l’ANC. De toutes façons, même si Ennahdha perd (provisoirement peut-être) un allié, elle pourra compter sue le nouveau groupe parlementaire qui vient de se constituer à l’Assemblée, “l’Alliance de souveraineté du peuple”, formée de Wafa, du CPR et de quelques indépendants, et qui approuvent ce véritable putsch parlementaire.
Quant à la nouvelle ISIE, elle est toujours en panne et —les élections finiront bien par avoir lieu un jour— le parti islamiste Ettahrir, ne voulant pas qu’on l’oublie, a organisé une marche vendredi 8, depuis la mosquée El Fath jusqu’à l’Avenue Bourguiba, prenant parti contre le DN et réclamant à nouveau l’instauration du Califat et l’adoption de la Chariaa.

* Tunisie ou Far-West ? On croyait avoir tout vu depuis la Révolution tunisienne, les sit-in interminables, les voies ferrées obstruées, les routes barrées… et tout ce qu’on peut imaginer pour réclamer des droits bafoués —passe encore !— ou plus vicieusement pour contribuer à “mettre à plat” une économie tunisienne déjà bien mal en point… Mais on n’avait encore jamais vu deux conducteurs de train se mettre d’accord par téléphone pour arrêter leurs convois respectifs en rase campagne et abandonner leurs voyageurs en leur disant : nous sommes en grève ! Cela s’est passé mercredi 6/11 entre Sfax et Gabès…
Il ne manquait que la séquence de l’attaque du train par des Peaux-rouges ou des hors-la-loi, et des voyageurs dépouillés de leurs biens ou enlevés pour qu’on se croie au Far-West au siècle dernier…
Je plaisante, mais je crois que les quelques centaines de voyageurs abandonnés ont dû “la trouver mauvaise”… Comme il fallait s’y attendre, les conducteurs fautifs ont été suspendus de leur fonction, mais ce que je trouve anormal, c’est que la Direction concernée du ministère du Transport se soit engagée (selon le quotidien “la Presse” du 8/11) à annuler la sanction à la suite de la grève de protestation des collègues des agents fautifs.
Je respecte beaucoup l’UGTT, qui accomplit actuellement un travail remarquable pour remettre en route le Dialogue national, mais il faut aussi que le syndicat fasse comprendre à ses adhérents que, même dans une Tunisie post-révolutionnaire, tout n’est pas permis et qu’on ne doit pas nuire à des citoyens innocents en faisant grève à tout bout de champ !

*Des sangliers et des hommes : On croyait avoir tout vu (bis), mais on n’avait pas rencontré des sangliers dans les rues d’un quartier chic du gouvernorat de l’Ariana, je veux parler d’Ennasr. Ce ne sont pas les élégants “salons de thé” qui les attirent, mais bien plutôt les ordures qui, là comme ailleurs, jonchent les rues et les espaces vides, négligés par les municipalités et quand on vit dans la forêt d’En-Nahli, toute proche, pourquoi ne aller gambader jusque dans les rues de notre “petit New York”.
Aussi l’Association des chasseurs de l’Ariana a-t-telle fait appel à ses adhérents pour organiser une battue dans la montagne qui domine l’Ariana afin de diminuer le nombre de ces visiteurs intempestifs, et ce le dimanche 10/11. Déjà que la population de la ville de l’Ariana est excédée par les hordes de chiens errants qui parcourent les rues, à la nuit tombée surtout, malheureusement on ne peut pas manger les chiens, tandis que les chasseurs savent s’arranger pour déguster les sangliers grâce à certains astuces…
Peut-être les chasseurs feront-ils d’une pierre deux coups”, en découvrant, à côté des bauges des sangliers, des tunnels ou des caches d’armes d’éventuels djihadistes dans ce mini-Jebel Chaambi… Pourquoi pas, après tout ?
Raouf Bahri       

 

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