Un politique qui se veut «trait d’union»

Le déclin des dictatures tunisienne et libyenne a eu de larges échos en Suisse, surtout que ce pays, depuis la guerre de libération de l’Algérie, a été très attentif aux mouvements d’émancipation maghrébine.

Ce fut aussi le cas lors de la «Révolution de la dignité» de décembre 2010 en Tunisie. Les Suisses se sont rapidement passionnés pour ce qui se passait dans notre pays, car il s’agissait d’un soulèvement populaire pacifique. Quant à la Libye, il faut remonter à l’été 2008, lorsque Hannibal Khadafi et son épouse séjournaient à Genève. H. Khadafi a été arrêté à Genève en raison de  mauvais traitements infligés à ses domestiques. Une crise majeure éclata alors entre la Suisse et l’ancien régime libyen.  Il y a eu, à cette époque, une très forte controverse en Suisse à propos de cette affaire. 

L’histoire a donné raison à Eric Stauffer. Moins de deux années plus tard le clan Kadhafi tombait pour faire place à la nouvelle Libye. 

Eric Stauffer est député du parlement de Genève depuis 8 ans et Maire de la ville d’Onex. Mais c’est surtout en sa qualité de co-fondateur du Mouvement citoyens genevois, deuxième force politique de Genève, qu’il intéresse  le Moyen-Orient. Eric Stauffer disait «je rappelle que je suis d’origine italienne (du sud) et que je fais aussi partie des pays du bassin méditerranéen et je crois que tous les démocrates doivent être disponibles pour aider, à leur demande, les peuples de la région qui ne veulent plus de ces régimes autoritaires… Que l’Europe le veuille ou pas, sa stabilité passe par la paix et la stabilité des pays du Maghreb. Il n’est pas nécessaire d’ériger des murs aux frontières, il suffit de redonner l’impulsion économique à ces pays pour inverser les flux migratoires».  Selon M. Stauffer, il n’est pas normal que de jeunes tunisiens perdent leur vie lors de traversées périlleuses vers un faux Eldorado européen. Il serait bien plus intelligent de rechercher avec les Tunisiens et les autres pays de la région, les moyens constitutionnels de pacifier les rapports entre les différentes composantes politiques, mais aussi de donner un nouvel élan qui ramènerait la Tunisie au rang des pays économiquement attrayants au lieu d’être un pays que l’on fuit. La Tunisie est certainement le pays le plus avancé sur ce chemin. C’est surtout le plus ouvert aux solutions modernes de gouvernance. Pourquoi ne pas réfléchir ensemble à une adaptation du système suisse aux pays du Maghreb, en tenant compte des spécificités locales de la Tunisie et de la Libye ?

I.M. 

 

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