Un monde de couleurs

Par Alix Martin

Il reste un « grand » mois, bien plus pour les « mordus » de plage alors qu’on a déjà non seulement fréquenté les «coins » préférés et qu’on y a pratiqué, apparemment, tous les plaisirs « connus ». pourquoi n’essaierait-on pas, quelque soient ses aptitudes et son âge, la promenade en mer agrémentée de « plongées » en apnée ? Il existe un « coin » privilégié : Ras Dreck au bout du Cap Bon.

 

Pêches – promenades

Si les grandes plages de sable ne présente qu’un intérêt minimum, les petites criques bordées de caps rocheux sont idéales et vous en connaissez. Sans aller jusque sur la « côte du corail », les alentours de Bizerte, de Ras El Koran, Ras Angela jusqu’au Cap Blanc, les fonds autour de Cap Zebib, du Ras Sidi Ali El Mekki, de Ras Dreck proche d’El Haouaria et de Kélibia offrent des « terrains de jeux » magnifiques.

Aimez-vous les oursins ? Voilà une première raison de se mettre à l’eau : ils ne viennent pas tout seuls dans l’assiette. Pour les pêcher, il suffit d’une fourchette solide pour les décrocher du rocher et d’un filet à mailles pour les emmagasiner le long de la promenade.

Avez-vous déjà essayé de napper d’œufs d’oursin, des filets de rougets grillés et de les déguster avec des amis, à l’ombre, confortablement installés, sur une plage, avec vue sur la mer ?

Vous n’avez jamais goûté une omelette de « tomates de mer » ou actinies pourpres qu’on trouve dans les anfractuosités des rochers, pratiquement au niveau de la surface de l’eau. Il faudra un couteau pour la séparer du rocher auquel elles adhèrent. Vous avez certainement essayé de « décoller » les « patelles » si solidement fixées au rocher, qu’il est difficile de les capturer même avec un couteau. Elles peuvent aussi être mangées cuites avec des pâtes comme les clovisses. Les pâtes aux fruits de mer qu’on « cueille » soit même !

Vous avez très souvent vu ces « escargots » qu’on appelle improprement : « bigorneaux », petits cône noirâtres, souvent même émergés. Eux aussi peuvent être consommés cuits avec des pâtes. Leur coquille est nacrée après polissage avec une brosse métallique rotative et fait de jolis colifichets.

Il est des proies plus rares et plus exotiques. Sur les petits fonds des îles Kerkennah, émerge d’abord du sable, l’arrondi supérieur des grandes « Pinna nobilis », appelées « jambonneaux hérissés », pouvant mesurer 1 mètre de haut et qui déchirent gravement les pieds des baigneurs, ramollis par l’eau. Elles sont délicieuses. Sur les fonds kerkenniens, à très faible profondeur, on trouve des huîtres de la famille des « perlières » : méléagrines dont le goût très iodé s’accompagne volontiers d’un aïoli ou d’une vinaigrette bien « relevée ».

Sur les fonds de graviers, dans les anfractuosités, parfois un à deux tentacules d’un poulpe dépassent d’un tas de petits cailloux qui ont servi à obstruer, en partie, l’orifice d’accès. Pour le capturer, une fourchette ou une tige métallique, le harpon d’un fusil de pêche, suffit. Piquez-le plusieurs fois. Attrapez-le à pleines mains. Le poulpe, vous savez parfaitement comment le préparer de différentes façons.

Un animal mythique, très prisé sur les côtes nord de la Méditerranée, au point que, comme les oursins, il a fallu réglementer sa capture sous peine de le voir disparaître : le « violet » : Microcosmus que toute la Côte d’Azur se dispute. Etrange animal, ressemblant extérieurement à une vieille pomme de terre, noire, toute ridée, de 15 à 20 centimètres de long sur 6 à 8 centimètres de diamètre. Il vit aussi bien sur les fonds sablonneux que rocheux.

Attention, ce n’est pas le concombre de mer : l’holothurie dont les chinois sont très friands. C’est aussi un animal très simple : un sac à deux enveloppes : la noire extérieure, la jaune vif intérieure qui contient les viscères et laisse dépasser un petit tube inhalant rayé de bandes rouges permettant de repérer l’animal au goût très iodé. Hermaphrodite, mais il ne libère pas en même temps ovules et spermatozoïdes. La seule difficulté de sa capture est son mimétisme.

Et puis, si vous préférez tout de même les fonds sableux, allez capturer les petites soles qui se dissimulent sous le sable, ne laissant apparaître que leurs yeux. Elles ne mesurent jamais plus de 20 centimètres. Chaussez-vous, il y a souvent des vives très venimeuses dissimulées dans le sable, elles aussi. Emmenez un harpon fin, une fiole d’huile et une plume. Vous marchez lentement sans faire – trop – de bruit en secouant, de temps en temps, votre plume trempée dans l’huile. Celle-ci a la propriété de « lisser » la surface de la mer et l’on voit parfaitement le fond où l’on pique la sole qu’on met dans son filet à mailles. Jadis, les baleiniers déversaient une partie de leur cargaison d’huile pour amortir les coups de mer des tempêtes antarctiques. Tout autour du bateau, la mer se « lissait » !

 

Les couleurs de la mer

Quand on n’a pas l’âme d’un prédateur mais celle d’un … amateur de beaux spectacles, on s’équipe de « lunettes à pince-nez» – pour pouvoir « décompresser » les oreilles quand on s’enfonce les premières fois – d’un « tuba » et d’une paire de palmes.

N’en déplaise à M. Cousteau, pour nous, la Méditerranée est un monde merveilleusement coloré. D’abord, les fonds, surtout rocheux, sont tapissés de myriades « d’animaux » et de « végétaux » aux teintes très vives : c’est un camaïeu vert sur lequel tranchent les « étoiles de mer » rouge orangé, les « tomates de mer » pourprées, des « éponges » qui déploient toute la gamme des jaunes. Sur ces petits fonds, les raies lumineuses des rayons du soleil, que le mouvement des vagues déplace sans arrêt, font danser sur les rochers, le sable et les « êtres » marins des tâches de lumière. Agiles, insaisissables, de petites crevettes, presque transparentes, semblent agitées de mouvements perpétuels. La mer balance les tentacules blancs, transparents, bleutés mais, parfois, terriblement urticants, des « anémones de mer ». Des nuages de minuscules poissons d’un violet vif s’enfuient à votre approche. Les chevelures de la mer : les tapis vert ombre des posidonies ondulent au grès des vagues. Là, un « spars » d’argent à la queue rayée de noir, ici, une « girelle », royale dit-on, parée de mille couleurs, celui-ci rayé de noir est un petit « marbré » et celui-là, est appelé le « coq » : sardouk en raison des tâches noires, rouges et violettes qui décorent son corps. Les petits « crabes enragés » orangés ou verdâtres se dissimulent prestement. Ils font de merveilleuses soupes à l’automne quand les femelles gardent leurs œufs entre leurs pattes sous leur abdomen !

Parfois, un banc de saupes rayées de jaune (Chelba) vient vous voir ; curieuses ! A l’époque des raisins, elles sont délicieuses ! Là-bas, un banc de « Coqs » : Apogon imberbis, orangés danse dans le soleil.

Plus vous aurez confiance en vous – mais ne sortez jamais seul ! – plus vous irez vers le large et plus le spectacle sera enchanteur. D’abord, les corbs noirs ou dorés, puis les sars argentés se faufileront entre les ramures filiformes des premières gorgones jaunes à partir de 10 mètre de fond. Vous ne descendez pas, vous regardez ! Le museau pointu d’une murène sort d’un trou. Une seiche se plaque au sol et devient toute pâle en quelques instants. Parfois, on arrive à distinguer les couleurs vives d’un « doris » : on dirait une limace qui a revêtu l’habit d’un clown aux couleurs vives : violet, rouge ou jaune mêlés.

Aux ravages de la surpêche se mêlent, aujourd’hui, ceux des pêches à l’explosif, le long des côtes. Aussi, parfois, de moins en moins souvent, on rencontre de belles pièces : une grosse daurade, un grand « loup », une bande de beaux mulets. Les «kerchou » aux œufs séchés réputés, vont venir près des côtes.

Nous vous garantissons que sans grandes dépenses d’équipement, sans qualités sportives extraordinaires, sans aller sous les tropiques, sans bateau mais, éventuellement, avec une « bouée» d’enfant pour se reposer de temps en temps, le littoral méditerranéen présente encore bien des attraits.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Alix Martin

 

Il reste un « grand » mois, bien plus pour les « mordus » de plage alors qu’on a déjà non seulement fréquenté les «coins » préférés et qu’on y a pratiqué, apparemment, tous les plaisirs « connus ». pourquoi n’essaierait-on pas, quelque soient ses aptitudes et son âge, la promenade en mer agrémentée de « plongées » en apnée ? Il existe un « coin » privilégié : Ras Dreck au bout du Cap Bon.

 

Pêches – promenades

Si les grandes plages de sable ne présente qu’un intérêt minimum, les petites criques bordées de caps rocheux sont idéales et vous en connaissez. Sans aller jusque sur la « côte du corail », les alentours de Bizerte, de Ras El Koran, Ras Angela jusqu’au Cap Blanc, les fonds autour de Cap Zebib, du Ras Sidi Ali El Mekki, de Ras Dreck proche d’El Haouaria et de Kélibia offrent des « terrains de jeux » magnifiques.

Aimez-vous les oursins ? Voilà une première raison de se mettre à l’eau : ils ne viennent pas tout seuls dans l’assiette. Pour les pêcher, il suffit d’une fourchette solide pour les décrocher du rocher et d’un filet à mailles pour les emmagasiner le long de la promenade.

Avez-vous déjà essayé de napper d’œufs d’oursin, des filets de rougets grillés et de les déguster avec des amis, à l’ombre, confortablement installés, sur une plage, avec vue sur la mer ?

Vous n’avez jamais goûté une omelette de « tomates de mer » ou actinies pourpres qu’on trouve dans les anfractuosités des rochers, pratiquement au niveau de la surface de l’eau. Il faudra un couteau pour la séparer du rocher auquel elles adhèrent. Vous avez certainement essayé de « décoller » les « patelles » si solidement fixées au rocher, qu’il est difficile de les capturer même avec un couteau. Elles peuvent aussi être mangées cuites avec des pâtes comme les clovisses. Les pâtes aux fruits de mer qu’on « cueille » soit même !

Vous avez très souvent vu ces « escargots » qu’on appelle improprement : « bigorneaux », petits cône noirâtres, souvent même émergés. Eux aussi peuvent être consommés cuits avec des pâtes. Leur coquille est nacrée après polissage avec une brosse métallique rotative et fait de jolis colifichets.

Il est des proies plus rares et plus exotiques. Sur les petits fonds des îles Kerkennah, émerge d’abord du sable, l’arrondi supérieur des grandes « Pinna nobilis », appelées « jambonneaux hérissés », pouvant mesurer 1 mètre de haut et qui déchirent gravement les pieds des baigneurs, ramollis par l’eau. Elles sont délicieuses. Sur les fonds kerkenniens, à très faible profondeur, on trouve des huîtres de la famille des « perlières » : méléagrines dont le goût très iodé s’accompagne volontiers d’un aïoli ou d’une vinaigrette bien « relevée ».

Sur les fonds de graviers, dans les anfractuosités, parfois un à deux tentacules d’un poulpe dépassent d’un tas de petits cailloux qui ont servi à obstruer, en partie, l’orifice d’accès. Pour le capturer, une fourchette ou une tige métallique, le harpon d’un fusil de pêche, suffit. Piquez-le plusieurs fois. Attrapez-le à pleines mains. Le poulpe, vous savez parfaitement comment le préparer de différentes façons.

Un animal mythique, très prisé sur les côtes nord de la Méditerranée, au point que, comme les oursins, il a fallu réglementer sa capture sous peine de le voir disparaître : le « violet » : Microcosmus que toute la Côte d’Azur se dispute. Etrange animal, ressemblant extérieurement à une vieille pomme de terre, noire, toute ridée, de 15 à 20 centimètres de long sur 6 à 8 centimètres de diamètre. Il vit aussi bien sur les fonds sablonneux que rocheux.

Attention, ce n’est pas le concombre de mer : l’holothurie dont les chinois sont très friands. C’est aussi un animal très simple : un sac à deux enveloppes : la noire extérieure, la jaune vif intérieure qui contient les viscères et laisse dépasser un petit tube inhalant rayé de bandes rouges permettant de repérer l’animal au goût très iodé. Hermaphrodite, mais il ne libère pas en même temps ovules et spermatozoïdes. La seule difficulté de sa capture est son mimétisme.

Et puis, si vous préférez tout de même les fonds sableux, allez capturer les petites soles qui se dissimulent sous le sable, ne laissant apparaître que leurs yeux. Elles ne mesurent jamais plus de 20 centimètres. Chaussez-vous, il y a souvent des vives très venimeuses dissimulées dans le sable, elles aussi. Emmenez un harpon fin, une fiole d’huile et une plume. Vous marchez lentement sans faire – trop – de bruit en secouant, de temps en temps, votre plume trempée dans l’huile. Celle-ci a la propriété de « lisser » la surface de la mer et l’on voit parfaitement le fond où l’on pique la sole qu’on met dans son filet à mailles. Jadis, les baleiniers déversaient une partie de leur cargaison d’huile pour amortir les coups de mer des tempêtes antarctiques. Tout autour du bateau, la mer se « lissait » !

 

Les couleurs de la mer

Quand on n’a pas l’âme d’un prédateur mais celle d’un … amateur de beaux spectacles, on s’équipe de « lunettes à pince-nez» – pour pouvoir « décompresser » les oreilles quand on s’enfonce les premières fois – d’un « tuba » et d’une paire de palmes.

N’en déplaise à M. Cousteau, pour nous, la Méditerranée est un monde merveilleusement coloré. D’abord, les fonds, surtout rocheux, sont tapissés de myriades « d’animaux » et de « végétaux » aux teintes très vives : c’est un camaïeu vert sur lequel tranchent les « étoiles de mer » rouge orangé, les « tomates de mer » pourprées, des « éponges » qui déploient toute la gamme des jaunes. Sur ces petits fonds, les raies lumineuses des rayons du soleil, que le mouvement des vagues déplace sans arrêt, font danser sur les rochers, le sable et les « êtres » marins des tâches de lumière. Agiles, insaisissables, de petites crevettes, presque transparentes, semblent agitées de mouvements perpétuels. La mer balance les tentacules blancs, transparents, bleutés mais, parfois, terriblement urticants, des « anémones de mer ». Des nuages de minuscules poissons d’un violet vif s’enfuient à votre approche. Les chevelures de la mer : les tapis vert ombre des posidonies ondulent au grès des vagues. Là, un « spars » d’argent à la queue rayée de noir, ici, une « girelle », royale dit-on, parée de mille couleurs, celui-ci rayé de noir est un petit « marbré » et celui-là, est appelé le « coq » : sardouk en raison des tâches noires, rouges et violettes qui décorent son corps. Les petits « crabes enragés » orangés ou verdâtres se dissimulent prestement. Ils font de merveilleuses soupes à l’automne quand les femelles gardent leurs œufs entre leurs pattes sous leur abdomen !

Parfois, un banc de saupes rayées de jaune (Chelba) vient vous voir ; curieuses ! A l’époque des raisins, elles sont délicieuses ! Là-bas, un banc de « Coqs » : Apogon imberbis, orangés danse dans le soleil.

Plus vous aurez confiance en vous – mais ne sortez jamais seul ! – plus vous irez vers le large et plus le spectacle sera enchanteur. D’abord, les corbs noirs ou dorés, puis les sars argentés se faufileront entre les ramures filiformes des premières gorgones jaunes à partir de 10 mètre de fond. Vous ne descendez pas, vous regardez ! Le museau pointu d’une murène sort d’un trou. Une seiche se plaque au sol et devient toute pâle en quelques instants. Parfois, on arrive à distinguer les couleurs vives d’un « doris » : on dirait une limace qui a revêtu l’habit d’un clown aux couleurs vives : violet, rouge ou jaune mêlés.

Aux ravages de la surpêche se mêlent, aujourd’hui, ceux des pêches à l’explosif, le long des côtes. Aussi, parfois, de moins en moins souvent, on rencontre de belles pièces : une grosse daurade, un grand « loup », une bande de beaux mulets. Les «kerchou » aux œufs séchés réputés, vont venir près des côtes.

Nous vous garantissons que sans grandes dépenses d’équipement, sans qualités sportives extraordinaires, sans aller sous les tropiques, sans bateau mais, éventuellement, avec une « bouée» d’enfant pour se reposer de temps en temps, le littoral méditerranéen présente encore bien des attraits.

 

 

 

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