Du militantisme, encore et toujours !

Le 31 août, le rideau est tombé sur la 28e édition du FIFAK (Festival international du Film amateur de Kélibia). Une édition qui n’a pas apporté beaucoup de nouveautés mais qui a su garder un public fidèle, lequel s’y rend comme pour un pèlerinage annuel.

 

Plus d’une soixantaine de films, dont une trentaine dans la compétition internationale et 22 films tunisiens en provenance des écoles de cinéma, des cinéastes amateurs et des indépendants, ont été projetés durant la semaine du festival (du 25 au 31 août). Des projections en plein air ayant réuni en moyenne entre 1000 à 1500 festivaliers par soirée, malgré le mauvais temps.

Fidèle à sa vocation de festival militant, le FIFAK, organisé par la Fédération tunisienne des cinéastes amateurs (FTCA), a maintenu des constantes comme la soirée dédiée à La Palestine, celle réservée au Cinéma de la Résistance, ou encore  la soirée Coup de Cœur.

L’ouverture n’a pas dérogé à la règle puisque, le public a pu suivre le documentaire « Gaza 36 mm », réalisé par le palestinien Khalil El-Muzayen. Le film porte sur la fermeture des salles de cinéma à Gaza par les islamistes, considérées par eux comme des lieux de débauche. Il a été favorablement accueilli par l’assistance qui en a vu un rapprochement avec le contexte tunisien. L’ouverture a vu aussi le lancement d’une campagne au réalisateur Nasreddine Shili et au photographe, Mourad Mehrzi, incarcérés. Et pour mettre encore de l’ambiance, les festivaliers ont crié « Dégage » au maire de Kélibia, nommé par Ennahdha et qui a été hué et chassé du festival, dans le cadre de la campagne « Erhal », lancé par l’opposition.  A part ce moment culminant, le reste de la manifestation s’est déroulé normalement. 

 

Maintenir les constantes

Outre les projections, il y avait trois masters class sur le montage, le documentaire et sur cinéma comme outil de construction de la mémoire collective. Il faut rappeler que les masters-class ont remplacé les ateliers, pour cette session du festival. Des rencontres ont aussi été prévues : la première sur « le cinéma comme outil de résistance face à la censure », animée par Naceur Sardi avec l’intervention des réalisateurs Tawfik Abu Wael, Richard Djif et Walid Tayaa et la deuxième sur le thème «  Accéder aux films maghrébins, arabes ou africains : Quand ? Comment ? Où ? Pour qui ? Pourquoi ? », modérée par Kamel Ben Ouanès, avec l’intervention de Patricia Caillé, Maîtresse de Conférences au département Information-Communication à l’Université de Strasbourg.

La nouveauté dans cette 28e édition est l’intégration des films d’écoles de cinéma dans la compétition nationale, ainsi, il n’y aura plus que deux compétitions : nationale et internationale.

Par ailleurs, et dans le cadre du festival, il y a eu une soirée dédiée au Pocket Film Festival, proposé par l’Institut Français de Tunisie et qui porte sur des films d’une minute, réalisés à travers des téléphones portables.

Le FIFAK reste la principale vitrine pour le film amateur en Tunisie, si ce n’est la seule. Il est vrai que la qualité des films des écoles de cinéma projetés, laisse beaucoup à désirer, malgré certaines exceptions où il y avait de la créativité et de la recherche au niveau de l’image. Mais peu importe l’essentiel est de continuer à essayer…

A l’année prochaine !

 

Hanène Zbiss

 

LE PALMARES DU FIFAK 2013

 

Compétition scénario : Zhar el Bahja de Marouane Mouldi

Compétition photo : Mehdi Ben Gharbia

 

Compétition nationale : 

Mention spéciale : Break out de Youssef Bouafif (FTCA Club Kélibia)

Mention spéciale : Timelight de Wael Dhouib, Yassine Samoud et Safouane Saada (ISAMM)

Médaille de Bronze : la place du déshérité de Alaeddine Abdallah (ISAMM)

Médaille d’Argent : Lou de Lara Lotz (ISAMM)

Prix spécial du jury : le fils de l’Homme de Sabrine Naes (ISAMM)

Médaille d’Or : Le mur vous demande : ca va ? De Ahmed Hermassi (Indépendant) 

 

Compétition internationale :

Mention spéciale : Molt de Mohamed Ben Khelifa (Ecole des arts et de la technologie(Net-info)

Mention Spéciale : La nuit à l’extérieur de Darine Salem (Irak)

Mention spéciale: The wedding tape de Ariel Shaban (Kosovo)

Faucon de Bronze : Et moi ? de El Houssain Chani (Maroc)

Faucon d’Argent : Noise de Prezemyslaw Adamski (Pologne)

Prix spéciale du jury : Beyond de Ujkan Hysaj (Kosovo)

Faucon d’Or : Sous le drapeau de Ismael Moncef (Iran)

 

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