Que peuvent les syndicalistes ?

Le dirigeant au sein du parti Ennahdha, Rafik Abdessalem, a déclaré lundi dernier que le parti au pouvoir a «accepté la feuille de route proposée par le quartet — UGTT, l’UTICA, la Ligue tunisienne des Droits de l’Homme et l’Ordre national des avocats — et stipulant le départ du gouvernement». Ledit départ a néanmoins été conditionné par la fin des travaux constitutionnels : la Constitution, la date des élections et la composition d’un nouveau gouvernement. Un délai de trois semaines a alors été proposé. Quant à Abdelhamid Jelassi, vice-président du parti, il a souligné qu’«Ennahdha acceptait de participer au dialogue afin de trouver des solutions et non d’accepter des solutions pour entamer le dialogue.»

De son côté, le quartet a insisté sur une démission immédiate et non conditionnée du gouvernement. Rappelons que l’initiative du quartet stipule qu’un accord devrait être établi sur une personnalité nationale indépendante dans un délai d’une semaine après le début du dialogue, un gouvernement de compétences devrait être composé en l’espace de deux semaines et le gouvernement actuel devrait démissionner au bout de la troisième semaine. L’ANC devra quant à elle finir ses travaux en un délai d’un mois.

La position d’Ennahdha n’aura finalement été qu’un refus masqué ou un ajournement du blocage total…

Le moment fatidique arrive et les regards sont entre autres tournés vers l’UGTT qui avait déclaré accorder à la Troïka, en proposant la feuille de route, une dernière chance au dialogue avant de passer à l’action.

Sommes-nous à la veille de l’hiver 78 ou d’un 14 janvier ? L’UGTT décrétera-t-elle les grèves générales et initiera-t-elle les manifestations et les sit-in ? Rappelons que deux grèves générales ont déjà été décidées dans les deux dernières années.

Au vu des conditions économiques difficiles, nous sommes également en mesure de nous demander si la foule suivra et surtout si la grève sera maintenue. L’UTICA faisant partie du quartet, ce genre de décision sera facile semble-t-il, mais c’est sans compter sur une réelle menace d’affrontements avec les milices et les agents des forces de l’ordre en cas de descente massive dans les rues.

Les dirigeants d’Ennahdha présents à la conférence de presse du lundi 23 septembre n’ont pas manqué de souligner par ailleurs, qu’il «existe des partis qui tentent de faire basculer le pays dans la tension et l’affrontement.»

 

Décisions de l’UGTT

L’UGTT a incombé la responsabilité du blocage à la Troïka dans un communiqué paru lundi dernier suite à la conférence. Elle accuse principalement le parti Ennahdha d’avoir manipulé l’opinion publique.

Sans lui avoir fixé de date, des manifestations pacifistes dans la métropole et ailleurs en Tunisie ont été décidées. Les décisions seront en outre coordonnées avec les trois autres composantes du quartet.

Le communiqué annonce néanmoins que toutes les formes de protestation pacifiques et civilisées seront adoptées.

Quelques bureaux régionaux de l’UGTT, tel celui de Sfax, ont déjà décidé des dates de manifestation et les appels se font déjà entendre.

Rappelons que des manifestations ont secoué la Tunisie depuis l’assassinat de Chokri Belaïd et que les mouvements se sont amplifiés depuis le 25 juillet, date de l’assassinat de Mohamed Brahmi. Le sit-in au Bardo a duré plus d’un mois et des violences et affrontements ont eu lieu dans quelques villes et régions. Cela n’a pas vraiment participé à changer les choses jusqu’ici… Pour le moment, seule la guerre des déclarations semble faire rage.

Hajer Ajroudi

 

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