Trouver de nouveaux relais de croissance

Par Ridha Lahmar

Il est évident qu’au-delà de la crise politique et sécuritaire, de la montée du terrorisme et des retombées catastrophiques sur l’économie tunisienne, le processus de la croissance du PIB dans notre pays est essoufflé et a besoin de nouveaux relais. En effet, notre partenaire économique majeur, l’Union européenne qui concentre 80% de nos flux commerciaux et financiers extérieurs connaît une crise économique de longue durée et ne peut continuer pour le moment à jouer le rôle de “locomotive” pour générer l’effort d’entrainement escompté. C’est pourquoi nous devons trouver de nouveaux relais de croissance internes et externes pour stimuler notre “machine économique”, améliorer le taux de valeur ajoutée de notre économie et le niveau de compétitivité de nos entreprises.

En effet notre marché intérieur étant relativement limité malgré la progression enregistrée ces dernières années, notre modèle économique ne peut être tiré que par le développement de nos exportations.

Il faut dire que certains secteurs d’activité économique ont atteint leurs limites et commencent à s’essouffler comme le tourisme balnéaire, le textile-habillement basique, les chaussures bas de gamme… Nous devons cibler la montée en gamme de la plupart de nos produits exportables et choisir de focaliser nos investissements et nos efforts de promotion sur les secteurs d’activité pour lesquels nous disposons d’atouts favorables majeurs pour réussir sur les marchés export.

Notre pays a des ressources limitées, nous ne pouvons pas nous permettre d’éparpiller nos efforts et nos investissements dans toutes les directions, mais il nous faut cibler nos ambitions. En outre, nous devons prendre en compte un aspect sensible d’ordre social, celui de l’emploi des diplômés du supérieur.

L’Afrique subsaharienne connaît une certaine stabilité politique et une croissance économique assez rapide, de l’ordre de 6% par an, elle recèle des potentialités économiques énormes, c’est pourquoi nous devons mettre au point une stratégie de conquête du marché africain avec plusieurs volets.

Trouver une solution au transport maritime pour les marchandises en  suivant l’exemple de TUNISAIR qui a ouvert des lignes aériennes régulières pour desservir certaines capitales africaines. Favoriser l’implantation d’une grande banque tunisienne dans certains pays africains pour accompagner les entreprises tunisiennes qui investissent sur place. 

Il faudrait également une politique d’incitation encore plus motivante vis-à-vis des promoteurs tunisiens qui exportent et entreprennent sur ces marchés exports qui comportent certes des difficultés et des risques.

Malheureusement, le Code d’incitation à l’investissement qui doit constituer un puissant facteur d’attraction pour les investissements directs étrangers tarde à être promulgué ce qui représente un obstacle pour le moment.

L’Algérie est un marché florissant qui peut favoriser le développement d’un flux diversifié d’exportations tunisiennes si l’accord commercial signé entre les deux pays était activé avec la levée des obstacles tarifaires et non tarifaires.

Outre les échanges commerciaux, les potentialités d’investissements industriels mixtes sont énormes et méritent un assouplissement de la réglementation relative aux investissements extérieurs.

La Libye connaît encore une certaine instabilité politique et sécuritaire, mais constitue un partenaire idéal pour notre pays, car elle peut absorber plus de 100.000 travailleurs tunisiens en plus des exportations massives à partir de la Tunisie.

De multiples possibilités d’investissements mixtes sont à promouvoir sur place. Les secteurs économiques qui sont promus à un bel avenir dans notre pays sont l’agriculture biologique, l’agroalimentaire haut de gamme, l’habillement-haute couture, le textile technique, les industries pharmaceutiques, l’électronique et la mécanique de précision, les TIC, les industries aéronautiques…

 

                ***************************

 

Thermalisme : trois nouvelles stations

Trois nouveaux projets d’implantation de stations thermales entreront bientôt en activité. Il s’agit d’investissements privés situés à Korbous, le grand projet de Ain-Oktor (gouvernorat de Nabeul), Béni Métir, près de Ain Draham  et Sidi Boulaaba (gouvernorat de Kasserine). Ces trois projets ont nécessité la mobilisation de 52 MD d’investissements.

Ils permettront de créer près de 300 emplois permanents et d’attirer des milliers de curistes chaque année. Il faut dire que les potentialités en matière de thermalisme sont immenses et que leur exploitation ne fait que commencer.

Le thermalisme tunisien peut et doit attirer une clientèle étrangère fortunée en toutes saisons et constituer un pôle majeur pour la promotion du tourisme de santé.

Nos stations thermales, bien équipées et dotées de cadres compétents, méritent de bénéficier d’une stratégie de communication encore plus performante en Tunisie et à l’étranger.

 

Elbene-Industrie renoue avec les bénéfices

La société Tunisie-Lait, qui possède et gère la centrale laitière de Sidi Bou Ali, vient de changer de dénomination pour sa raison sociale suite à l’Assemblée générale extraordinaire du mois de juin 2013. Dorénavant ce sera Elbène-Industrie.

Il faut dire qu’Elbène a renoué en 2012 avec les bénéfices après plusieurs exercices déficitaires et le management a promis aux actionnaires de continuer à améliorer la rentabilité de l’entreprise.

Il y a lieu de remarquer que depuis dix ans la centrale laitière de Sidi Bou Ali n’a pas cessé d’investir pour renforcer et moderniser ses équipements de production, diversifier et améliorer la qualité de ses produits, favoriser ses performances et sa force de vente.

Depuis que la centrale laitière a été privatisée, elle connaît un nouveau dynamisme et développe ses activités bien que le secteur laitier connaisse des marges bénéficiaires étriquées.

 

British Airways quitte la Tunisie  

British Airways a décidé de ne plus desservir la Tunisie à partir du 28 octobre 2013. Ainsi une grande compagnie aérienne, qui assurait par des vols réguliers cinq fois par semaine la ligne Londres-Tunis, décide de quitter la Tunisie.

Cela risque de porter un coup à la fréquentation touristique de notre pays par la clientèle britannique.

En effet, les professionnels du tourisme savent que le nombre de sièges avions stables offerts sur une destination donnée constitue un puissant facteur d’attraction vis-à-vis d’un marché touristique.

Cela risque de profiter à TUNISAIR qui pourrait ainsi augmenter ses vols directs sur Londres pour compenser l’absence de British Airways. Il reste à savoir quelles sont les causes qui ont motivé une telle décision de la part d’une compagnie structurée qui ne prend pas de décision à la légère, mais plutôt fondée sur des données solides.

Est-ce la rentabilité et le taux de remplissage des vols ? Ou bien le climat de sécurité, la crise politique et les défaillances économiques que connaît notre pays en ce moment ?

Certes il y a lieu de déplorer cette décision en espérant de voir British Airways revenir sur sa décision d’ici le 28 octobre 2013. 

 

Carthage Cement : entre en production 

La cimenterie de Carthage Cement entrera en production le 9 septembre 2013. Implantée sur 50 hectares dans la zone industrielle de Mornage, cette cimenterie produit 2,2 millions de tonnes de ciment. Elle sera la plus importante d’Afrique.

Il s’agit d’un projet intégré comportant la production de 12.000 tonnes par jour d’agrégats ou produits de carrière sur une superficie de 200 ha (gravier). La cimenterie est jumelée avec deux unités produisant du béton prêt à l’emploi : une centrale fixe et une seconde centrale mobile.

Carthage Cement s’apprête à lancer un autre projet, celui d’une usine de fabrication de sacs d’emballage, destinée à ses propres besoins estimés à 15 MD par an.

 

BAD : une stratégie en cinq axes majeurs

La récente assemblée générale de la BAD tenue à Marrakech a permis de mettre en évidence son excellente santé financière, la progression rapide de sa croissance ainsi que la confirmation des cinq orientations majeures de sa stratégie de transformation structurelle de l’économie africaine.

De façon globale, l’activité de la BAD a connu en 2012 une progression de 21% par rapport à 2011.

Les accords relatifs aux prêts et dons ont atteint 6,5 milliards de dollars. Remarquons que ces dons ont allégé la dette de certains pays de 15% et ont permis de financer le secteur privé. La croissance globale de l’Afrique est passée de 3,5% en 2011 à 6,5% en 2012.

Il reste cependant beaucoup à faire pour combattre la pauvreté en Afrique puisque 61% de la population africaine gagne moins de 2 dollars par jour et par personne et ne détient que 36% du revenu total du continent. La stratégie décennale (2013-2022) consiste à modifier les structures économiques et comporte cinq orientations principales.

— Renforcer et moderniser les infrastructures de base : routes, barrages, centrales électriques, ports et aéroports, zones industrielles.

— Intégration économique régionale : renforcer les échanges commerciaux et les investissements entre pays voisins.

— Développement du secteur privé sous différentes formes : incitation à l’investissement, promotion du crédit, projet de partenariats… 

— Promotion de la bonne gouvernance économique et financière au niveau des États et des entreprises privées.

— Développement des compétences et de la technologie.

La BAD accordera dorénavant une priorité au financement de la croissance verte et aux projets de développement durable.

 

BFPME : 491 MD de crédits consentis

Depuis sa création, la BFPME a donné son accord au financement de 2126 PME jusqu’à fin avril 2013 pour un montant de 491 MD, ce qui a permis de réaliser des investissements de l’ordre de 1650 MD.

Selon les déclarations d’un responsable de la BFPME, la contribution de la banque a favorisé la création de 41.161 emplois.

Il faut dire qu’outre l’étude du projet et l’accompagnement réalisé par la BFPME vis-à-vis des promoteurs pour les aider à mieux gérer leurs entreprises, celle-ci joue un rôle efficace pour fédérer les autres banques et les amener à assurer un financement au profit des PME.

 Ridha Lahmar

 

Lire aussi
commentaires
Loading...